Avec un an de retard, je prend enfin le temps de rédiger un article sur cette série merveilleuse qu’est
Kanon, et surtout son remake :
Kanon 2006.
Kanon, c’est de la
neige blanche qui recouvre les toits et fond en silence, c’est la douceur d’un été dans la tendresse d’un hiver, c’est toute la sérénité du monde réunie dans un animé.
Kanon, c’est aussi
des personnages chaleureux et attachants, de petites histoires courtes mais sublimes, une poésie dédiée à l’amour, l’amitié et au souvenir, une jolie petite histoire qui ne vous emporte pas au
bout du monde, mais vous réchauffe gentiment le cœur.

Kanon, en plus d’être une célèbre composition de
Pachelbel (
Canon en Ré Majeur pour être exact), est une série rafraîchissante dans tous les sens du terme. Une
mélodie qui se répète inlassablement, tout en s’enrichissant à chaque couplet d’un instrument supplémentaire, donnant peu à peu à la musique toute son intensité et sa beauté, pour disparaître
tout aussi doucement et s’éteindre sans même qu’on ait l’impression que l’histoire soit terminée.

Cette histoire n’a pourtant rien d’original, elle commence tout doucement, sur la neige blanche, calme et luisante et sur fond de vie quotidienne : dans son enfance,
Yuuichi
avait l’habitude de passer ses vacances chez sa tante en compagnie de sa cousine. Il y vécu maintes expériences, et fit d’inoubliables rencontres. Mais lorsqu’il revient pour emménager chez sa
tante sept ans plus tard, il n’a plus aucun souvenir de ces jours passés là-bas. C’est après plusieurs rencontres chaleureuses que des souvenirs qu’il avait effacés lui reviendront en mémoire :
des souvenirs parfois douloureux qu’il aurait peut-être mieux fait d’oublier pour toujours, le genre de souvenirs qui transforme les jours heureux en labyrinthe de regrets infatiguables…
L’histoire, alors qu’elle était dans la première version de la série étalée sur 12 épisodes, prend cette fois le temps de s’étaler sur une saison complète de 24 épisodes, nous offrant
d’inoubliables scènes pourtant si communes et des histoires de rencontres, de souvenirs et de douces légendes d’un soir. Ce qu’on pourrait clairement reprocher à la série, c’est de clairement se
diviser en plusieurs axes développant chacun l’histoire d’un personnage en particulier, mettant du coup tous les autres de côté l’espace d’une histoire. Il aurait été tellement plus agréable de
voir toutes ses histoires s’entremêler en prenant par la même occasion beaucoup plus de cohérence, mais ce développement séparé permet néanmoins de manière plus qu’efficace de développer
soigneusement la psychologie de chaque personnage tout en prenant le temps de conter son histoire.
Yuuichi complète sa mémoire au fil des épisodes, y ajoutant à chaque fois de
nouveaux chapitres et de nouvelles expériences difficiles ou anodines au travers de bribes de souvenirs toujours plus intenses. Chaque personnage fait vivre son charme au travers d’instants
anodins pour finalement révéler sa véritable raison d’être, et c’est aussi ce qui leur donne une chaleur exceptionnelle. Le tout est même parsemé d'humour à petite dose du meilleur effet qui
participe aussi amplement au charme et à la cohérence des personnages.

Yuuichi est entouré de filles toutes aussi craquantes les unes que les autres, mais cet animé est pourtant loin d’être un de ces classiques Harem à la
Shuffle : les
relations amoureuses sont loin d’être le centre de la série, on les trouve parfois, mais diluées à tel point qu’on ne saurait dire si les relations qui nouent les personnages relèvent de l’amour,
de l’amitié ou de la simple camaraderie. D’ailleurs, le personnage même de
Yuuichi n’a rien d’habituel : bien loin des clichés du shonen ou le héros se bat constamment pour
défendre ses valeurs et exhibe se rage de vaincre,
Yuuichi est un jeune adulte sûr de lui. Il vit paisiblement, satisfait de vivre dans ses acquis. Son bonheur réside seulement
dans la vie de tous les jours, et son seul désire est que rien ne change. Il est pour ainsi dire le cliché du Normal avec un grand N (même le prénom Yuuichi est très commun au Japon). C'est ainsi
qu'il défendra la présent et fera tout pour laisser son passé en retrait. Si vous connaissez
Kyon dans
La Mélancolie de Suzumiya Haruhi, vous lui trouverez sans
difficulté des similitudes avec notre cher
Yuuichi : ce type de personnage à priori sans histoire se révèle comme un nouveau type de cliché dans les séries récente, et c’est
aussi ce qui fait la force de
Kanon : mettre en scène des personnages variés et attachants qui renferment chacun une originalité évidente mais pourtant si rare dans l’univers de la
japanimation. Une cousine à l'apparence frêle et naïve mais qui se révèle être débrouillarde et mature, une fille froide (une
Nagato-Yuki Like !) qui cache bien des secrets, une jeune
fille malade qui s'accroche à la vie sans se plaindre, une autre qui donne sa vie pour passer ses derniers instants avec celui qu'elle aime depuis toujours, et j'en passe !
Ma préférence va sans aucun doute pour
Mai, une fille mystérieuse à l'histoire touchante, et au comportement pour le moins intéréssant (elle est aussi volubile qu'un bloc de
glace...). Yuuichi va d'ailleurs faire beaucoup de tentatives pour briser la froideur de la jeune fille, donnant des situations cocasses dans lesquelles Mai se laisse complètement emporter ! Le
passage du bal est à mon goût l'un des plus mémorables de la série, la danse de
Yuuichi et
Mai est mise en scène de manière parfaite et le moment est de toute
beauté !

Ce qui fait de
Kanon une perle de l’animation japonaise, c’est aussi évidemment l’animation : c’est bien simple, c’est techniquement parfait ! Que ce soit au niveau du charadesign, des
décors, des effets spéciaux et même de la neige, c’est d’une qualité excellente… L’opening tout en fondus, en plans tournants et ralentis est absolument sublime, avec en prime une musique qui
représente bien l’esprit de la série : une musique ni drôle, ni touchante, mais on ne s’en lasse pourtant jamais. J’ai toujours envie de sauter ce générique lorsque je regarde un épisode de
Kanon, mais une force inconnue m’empêche de le faire, et je le regarde toujours jusqu’au bout… C’est beau, c’est parfait même, et ça se ressent même dans les mouvements des personnages,
c’est du
Kanon et c’est toujours aussi délicat quand ça fond sous la langue.
La bande-son obéit à la même règle : les ambiances sonores sont absolument superbes, je me régale littéralement en augmentant le volume de mes basses à un niveau déconseillé pour la santé des
oreilles : on entend presque la neige craquer, là aussi c’est du soigné. Les musiques sont plus ou moins bonnes : certaines sont plutôt classique bien qu’adaptées à la situation, d’autres me
restent encore en tête tellement elles collent à une scène. On peut néanmoins reprocher à la série le manque de pistes, les musiques reviennent souvent et s’avèrent parfois répétitives alors
qu’on aurait aussi aimé voir une progression à ce niveau là. Un OST à la base fait pour une série de douze épisodes qui aurait pu être largement étoffé...

Kanon 2006 est une série de qualité, mais elle n’en est pas à son premier coup d’essai. Avec une première version sortie en 2002, les studios se sont contenté de ressortir la même mais
en gommant les défauts et en allongeant le nombre d’épisodes. Il en résulte parfois quelques épisodes ennuyeux (surtout dans la première partie…). Les trois premiers épisodes de la série,
complets et regorgeant d’évènements en tous genres laissent place à une série d’épisodes plus longuets jusqu’au moment où on reprend enfin le fil de l’histoire et que les choses recommencent à
bouger. Une pointe d’ennui et de répétitivité qui vient donc noircir un tableau bien lumineux, quelque soit le côté de la réalisation où on regarde et dans tous les sens du terme…
Néanmoins, une série à ne pas rater pour tout amateur de japanimation qui se respecte, même si certains d’entre-vous seront vite ennuyés par un déroulement assez lent, un côté répétitif
omniprésent, et une trame générale très trouble ; au moins la version 2002 avait le mérite de ne pas être lassante, puisqu’elle se terminait en deux fois moins d’épisodes que
Kanon 2006
!
Une chose reste sûre :
Kanon, c'est beauuuuuu...
Et ça vaut le coup d'oeil ;)
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