Skies of Arcadia : au delà des cieux...
"Depuis quand a-t-on besoin de raisons pour parcourir les cieux ?" - Aika, fin de l'aventure
Mais le charme des cieux d'Arcadia ne s'arrête pas là, car en son sein résident autant de pleuples et de nations, de la peuplade du désert à l'empire souverain. Et à côté des grandes puissances de ce monde, on trouve les pirates. Qu'ils soient bleus, volant aux riches pour profiter aux démunis, ou qu'ils exhibent fièrement leur étendart noir, s'attaquant à tout navire se trouvant sur leur chemin, c'est à eux, et à eux seuls qu'appartient le ciel.
Vyse est l'un de ces pirates. Fils d'un capitaine bleu reconnu, il rêve d'aventures, et est dévoré par l'envie de découvrir ce que cache l'horizon...
"Je me demande souvent ce que cache cet horizon, ce qu'il y a derrière ce coucher de soleil..."
- Vyse, prologue
Skies of Arcadia tire son inspiration d'oeuvres diverses : les chasses au trésor et les batailles de pirates font incontestablement penser aux romans de Robert Louis Stevenson, l’histoire tragique du vieux pêcheur Drachma renvoie à la célèbre Moby Dick. L'inspiration se retrouve dans les lieux visités, de la cité désertique de Nasr au décor asiatique Yafutoman, les ambiances sont diverses et le dépaysement est garanti. Chaque voyage promet d'être différent du précédent, regorgeant de nouvelles expériences pour les héros autant que pour le joueur. L'inspiration pousse jusqu'au nom des personnages et des différentes contrées : des noms de monnaies du monde pour les pirates, le terme Nasr (l'empire gouvernant sur le désert) vient d'un terme arabe (dont la signification m'échappe) par exemple, même la géographie d'Arcadia est calquée sur celle du monde actuel, comparez une carte du monde et celle d'Arcadia et vous verrez très vite quelques similitudes : Ixa'Taka pour l'Amérique du Sud, Valua pour l'Angleterre, Nasr pour le Moyen-Orient, Yafutoma pour l'Asie, le continent glacé pour les pôles, l'Océan Central pour l'Atlantique, Esperanza pour le Cap de Bonne Esperance, etc... Avec un tel niveau de comparaison, on peut essayer de comparer les évènements avec divers évènements historiques : le Maëlstrom peut être facilement comparé aux difficultés qu’à éprouvé Vasco de Gama pour traverser le Cap de Bonne Esperance, réputé pour ses très fortes tempêtes qui empêchaient le passage des navires au 15ème siècle. C’est lui qui a aussi ouvert la route des Indes, ou celle de Yafutoma dans Skies of Arcadia, encore un point commun ! Le jeu illustre à merveille les relations diplomatiques et commerciales entretenues par les différentes puissances mondiales au 15ème siècle. Je pense qu’on pourrait détailler les sources d’inspirations à bien d’autres niveaux, mais je vous laisse découvrir tout ça par vous-même !
Ce qui fait la force de Skies of Arcadia, c’est aussi les personnages, variés et hauts en couleurs : Fina, la mystérieuse fille venue d’ailleurs, Drachma, le vieux pêcheur en quête de justice, Gilder, le dragueur invétéré, etc. J’ai rarement vu des personnages secondaires aussi travaillés et distincts. Quand aux méchants, ils n’ont absolument rien à envier aux grand méchants les plus connus comme Sepiroth : Ramirez a un charisme impressionnant, et se montre effrayant dans certaines scènes, on en vient à redouter chacune de ses rencontres en appréhendant un affrontement contre lui, et Galcian n’a pas non plus à se plaindre ! La plupart sont très clichés, mais je suis d’avis que Skies of Arcadia n’est pas un jeu qui exploite les clichés, mais un jeu qui fait qu'un cliché est un cliché.
"Là où il y a de la lumière... Il y a aussi les ténèbres..." - Ramirez, Eclipse d'Argent
La bande originale du jeu est quand à elle sublime, jouée par un orchestre de 40 musiciens, c’est un vrai régal pour les oreilles et grave encore plus certaines scènes dans nos souvenirs : en entendant certains musiques, on ne peut s’empêcher de repenser aux moments les plus forts du jeu !
Le scénario est lui aussi très classique, mais mené avec une telle dextérité que cela en devient un plaisir nécessaire, il reste néanmoins plein de retournements inattendus, et saura vous tenir en haline jusqu’au bout par ses délicieuses longueurs. Une histoire qu’on déguste lentement, ça change des histoires courtes et tirées par les cheveux des Final Fantasy et autres jeux actuels. Un peu de calme dans un monde de brutes ! Le système de combat obéit d’ailleurs au même rythme, personnellement je trouve ça très plaisant, le tout est immersif et je ne suis pas d’accord avec ceux qui affirment que le système de combat est l’une des faiblesses du jeu, cela participe aussi au charme du jeu ! (et puis les magies sont délicieuses, et leur invocation est assez anthologique : « Moons ! Give me Strength !!! »). La seule chose que je reproche à ce jeu, c'est le manque de doublages, à part quelques cris et expressions, à part dans les combats, on entend pas beaucoup de voix, dommage...
Le système de combats est largement complété par un ingénieux système de batailles navales : des batailles entre navires hautement tactiques et parfaitement mises en scène ! C'est là aussi un des intérêts principaux du jeu d'ailleurs. A ce la s'ajotue une grande liberté de voyage : même si au départ les zones explorables sont très limitées, celles-ci s'élargissent de plus en plus, brisant à chaque fois des frontières qu'on croyait infranchissables !

"Je…… je crois aux principes que j'ai appris. Tant que les habitants de ce monde ont cette force dans les coeurs…… ils pourront tout affronter." - Fina, une nuit
Les graphismes sont très critiqués et très critiquables, mais avant d’en dire trop il faut comprendre que ce jeu est sorti en 2000, et pour l’époque le jeu était sublime ! Evidemment que ça change des dernières productions au graphisme parfait, mais ça participe aussi au charme de Skies of Arcadia, et ça prouve qu’un beau jeu ne fait pas forcément un bon jeu, contrairement à l'idée qui semble en vogue de plus en plus couramment dans l'univers du jeu vidéo. Un jeu a beau être sublime, souvent il n'en reste pas moins creux et sans intérêt. Alors qu'on pourrait très bien concilier les deux, aujourd'hui il faut faire un choix : beauté graphique ou qualité de jeu.
Si je devais conclure sur ce jeu emblématique, je dirais que c’est tout simplement le meilleur RPG auquel j’ai joué, une aventure sincère, immersive et longue qui ravira tous les inconditionnels d’aventures et de rêves en tous genres. A ce stade là on ne peut même plus appeler ça un jeu puisqu’il n’a plus pour objectif de nous amuser : Skies of Arcadia a pour seul et unique but de nous faire rêver, et espérer…
« Tant qu’il y aura des rêves, et des personnes prêtes à tout pour les réaliser,
Il y aura toujours des héros
Tant qu’on sera guidés par cette soif de l’inconnu, il y aura des aventures à vivre…
Et de nouvelles histoires à raconter… »
En savoir plus (fansite) :
Skies of Arcadia Island : le repaire des voleurs bleus !

