Jyu Oh Sei - La Planète du Roi des Bêtes

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro

« Les siècles ont passé, et avec eux, l’humanité à conquis l’univers, terraformant des systèmes entiers et construisant des stations spatiales en orbite autour des planètes. Thor et Rai mènent une vie banale sur la station orbitale Juno, fils jumeaux aux cheveux d’argent et aux yeux azur de hauts dirigeants de la station. Thor rêve d’aller un jour sur la planète mère de l’humanité : le Terre, tandis que Rai se contente de vivre paisiblement accroché à ses parents. Un jour, alors qu’ils rentrent chez eux, les deux frères trouvent leurs parents assassinés, vaincus par l’esquisse d’une mystérieuse trahison. Perdus, les jumeaux sont endormis et placés dans une nacelle qui les enverra de force sur une planète qui n’est présente sur aucune carte : Chimaira. A leur réveil, Thor et Rai découvrent un monde hostile et dangereux, gouverné par des plantes maîtresses, où la survie prime sur la vie elle-même. Forcé de vivre dans ce monde et en quête de vérité, Thor n’aura d’autre choix que de réveiller le monstre qui dort en lui, et devenir le roi de ces hommes réduits à l’état de bêtes… »















Une série pas toute récente que voilà, et pourtant d’une incontestable qualité. Sortie en 2005 sur les télévisions japonaises, elle a vite fait parler d’elle, laissant dans l’esprit de ceux qui l’ont regardée une touche d’émerveillement et une amère déception. En seulement onze épisodes, Jyu-Oh-Sei reste une série courte mais intense, qui aura eu du mal à trouver un juste épilogue pour un scénario qui aurait largement mérité la trentaine d’épisodes. Quoi qu’il en soit, une excellente série qui mérite sa place dans le palmarès des studios BONES, avec les inoubliables Vision d’Escaflowne, Cowboy Bebop, Fullmetal Alchemist, et j’en passe !




Jyu-Oh-Sei, un shônen ? Pas vraiment… Un shôjô alors ? Non, pas exactement… Un Seinen peut-être ? Si on veut… Même s’il reste difficile à classer précisément, cet animé mêle habilement plusieurs grands genres de l’univers du manga : le shônen, pour les héros et les combats, le shôjo, pour les romances, le seinen, pour l’aspect tragique et le charisme des personnages. Lorsque j’ai regardé le premier épisode de la série, j’ai tout de suite été frappé par l’aspect multiple de l’animé : scénario grandiose, univers poussé, personnages attachants (même si leur charisme se dévoile au fil des épisodes), thèmes musicaux soignés… Tout portait à croire que j’avais une série unique sous les yeux, et que je vivais un grand moment.














Au final, j’aurais gardé un excellent souvenir de la série entière, je me serais sans peine immergé dans l’univers de la série et j’y aurais même laissé quelques larmes. Le seul problème de la série, et il n’est pas des moindres, est évidemment le nombre d’épisodes beaucoup trop faible pour développer correctement une histoire de cette ampleur. A mon grand dam, j’ai été déçu par une fin bâclée qui vient trop vite, et pas mal de taches d’ombres dans le déroulement des évènements. Mais je garde quand même une touche d’espoir, car celles-ci pourraient peut-être laisser présager une suite, tout comme la présence d’une seule OST ne contenant pas toutes les musiques qu’on peut entendre dans l’animé. Peut-être qu’une deuxième sortira, accompagnant une seconde saison, qui sait… Après tout, Thor n’a toujours pas réalisé son rêve !


Mais cette évidente déception ne masque pas les nombreux points forts de Jyu-Oh-Sei : tout d’abord, une animation irréprochable accompagnée d’un chara-design soigné et poussé (même si certains me diront que lez nez sont un peu déstabilisants au départ !), ce détail suffit à donner un ton très sérieux à la série et à véritablement placer l’ambiance, mettant en place la cohérence impressionnante de l’histoire. Le charisme des personnages est aussi un marqueur important de ce succès : Thor, tiraillé par ce que lui coûte la survie, Third, personnage éminemment mystérieux ne serait-ce que par son surnom, et l’habileté avec laquelle il manipule son entourage, Zagi, dont la froideur n’a d’égal que la cruauté et la malice, Chen, femme dévorée par l’amour, tous obéissent à la même règle… A l’exception peut-être du personnage naïf de Tiz : certains détestent son statut d’héroïne, d’autres l’acceptent sans broncher : on peut quand même noter une certaine évolution dans le personnage, la passage à l’âge adulte lui a apporté une touche de maturité. Un personnage un peu opposé à l’univers cruel et sans états d’âme de la planète Chimaira : personnage raté ou volontairement léger ? Perso j’opterai pour la deuxième solution, une manière d’éviter à Thor de sombrer dans son côté bestial et d’enlever un peu de lourdeur à l’univers de la série. Finalement, je crois qu’avec le temps j’ai même commencé à l’apprécier !














L’univers est aussi attirant en lui-même : une planète hostile où les plantes dominent, dévorant les êtres les plus faibles sans la moindre pitié, un lieu où les hommes n’ont leur place qu’en redevenant des bêtes sauvages gageant toutes leurs forces dans la survie de leur espèce. On se dit : comment des plantes pourraient-elles dominer une planète ? Retrouvez-vous un jour en face d’une Verasona, et vous comprendrez que la plante peut être le plus bestial des animaux. Simple charisme de l’univers, ou hypothèse scientifique sérieuse ? Qui sait, les dinosaures, les hommes, et peut-être pas les insectes… L’être vivant à qui nous avons fait le plus de mal sur cette planète, ce sont bien les plantes, elles auraient bien des raisons de se venger, vous croyez pas ? Une belle occasion de nous remettre à notre place, et de réfléchir à ce que nous faisons de notre monde ! La particularité de la planète Chimaira est qu'un jour dure 180 jours terrestres, et il en est de même pour la nuit. Dès l'arrivée du crépuscule, le monde disparaît dans l'ombre et se couvre de neige, transformant complètement les décors de jungles verdoyantes en d'immenses déserts de glace tout aussi dangereux...














Après écoute répétée de l’OST, une chose me paraît évidente : le compositeur des musiques de la série est un génie ! Chacun des thèmes est d’une profondeur incroyable, se servant de la légèreté des notes et de longues phases pour porter celui qui l’écoute un peu plus loin que d’habitude. Des morceaux qui commencent doucement, qui s’étalent en longueur, et dévoilent finalement une intensité saisissante lorsqu’on prend le temps de les écouter en entier. Grab the All illustre parfaitement cette idée, démarrant sur une sorte de son d’ambiance plus qu’une musique, pour finalement laisser émerger quelques esquisses de chants religieux très distants et se perdre sans l’intensité d’une voix qui s’élève dans le ciel d’un crépuscule… Oui, quand on prendre le temps d’apprécier chaque note des musiques, celles-ci dévoilent leur véritable fond, et c’est grâce à ça que vous lisez cet article ! Même les musiques faites pour les scènes d’action obéissent à cette règle, plaçant un demi-rythme presque insaisissable pour laisser apparaître un côté tout a fait différent de la musique. Je pense notamment à Catch the Wave, qui à exactement deux minutes et quarante-neuf secondes m’a ému à un point indescriptible avec simplement quelques notes merveilleusement bien placées. Je me dois aussi de citer White OUT, une musique qui vogue dans l’excellence des instruments à cordes, mettant en évidence l’équilibre incertain de l’ombre et la lumière : une musique qui dépasse largement le statut de bande sonore de série animée. On peut aussi s’attarder sur la puissante Deadlock, une musique faite pour un final en crescendo comme on en rencontre souvent dans les séries animées : seule différence, celle-ci ose s’aventurer plus loin que l’appréhension qu’on éprouve avant l’acte, s’étendant à merveille dans une ode qui donne tout son sens à l’héroïsme, le courage et le sens profond du combat. Je ne développerai pas plus longtemps ce paragraphe sur la musique, sinon ça n’en finirait pas… Je ne parle même pas du thème de la série, Who Am I : lorsque l’on est confronté à la perfection, on ne peut que s’incliner et admirer ! Vous l’aurez deviné, je suis complètement accro à la bande son de cette série, elle dépasse toutes mes attentes et correspond largement à l’idée que je me fais de Jyu-Oh-Sei. Franchement, y’a de quoi frissonner, tout simplement une des plus belles OST qu’il m’ait été donné d’entendre !














Jyu-Oh-Sei et en elle-même une série très partagée : admiration ou déception, mature ou puérile, space-opéra ou cohérente, chef d’œuvre ou ratage : les avis sont divers, mais ce qui est certain, c’est que même si la série animée peine à satisfaire son public, son fond n’en reste pas moins l’un des plus recherchés et l’un des plus riches, l’une des séries animées qui a le plus de potentiel dans l’animation japonaise. Franchement, ses créateurs n’ont pas idée de ce qu’ils tiennent, ne pas l’exploiter serait la plus grosse erreur qu’ils pourraient faire...


Pour moi, ce qui a été fait jusqu’à aujourd’hui est loin d’exploiter complètement le véritable potentiel de l'univers de Jyu-Oh-Sei, j'espère que ses créateurs corrigeront bientôt le tir !

Publié dans Japanimation

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Gen'Seirin' Kokoro 10/03/2007 16:00

Tant mieux si ça te plaît, parce que je suis pas prêt de m'arrêter ;)

Clivin' 09/03/2007 21:25

ski a de bien ici c'es la qualité des critiques