Chroniques vidéoludiques - Battle Fantasia & BlazBlue ~ Calatimy Trigger

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro

Les chroniques vidéoludiques, c'est mes lubies du moment en terme de jeu-vidéo, juste parce que j'ai envie d'en parler et qu'on ne le fait pas assez à mon goût !

Ces derniers temps, je suis plutôt axé jeux vidéo de combat, d'abord parce qu'à côté des grandes aventures poétiques comme Fragile j'ai toujours aimé les défouloirs (d'où mon attrait pour les FPS entre autres) mais aussi parce que je n'ai simplement rien d'autre à me mettre sous la dent en ce début d'année où il fait bon de rêver en bavant devant des trailers expédiés dans la fosse aux lions (do want more Star Ocean 4, White Knight Story and Crystal Bearers, less commercial s**t). Bref, tout ça pour dire que je me suis mis à la recherche du jeu qui me permettrait de me défouler des heures durant en attendant que les éditeurs se bougent enfin le popotin. Ayant déjà extrait toute la substantifique moëlle d'épisodes divers du shoot'em up Tôhô (j'ai une petit préférence pour l'épisode où on joue le paparazzi, incroyablement infaisable donc énorme) et approfondis d'une manière plus ou moins aboutie les possibilités de Mugen et du foutoir complet que ça peut donner lorsqu'on entasse une palanquée de personnages divers dans un jeu de combat fait maison, je me suis finalement résigné à voir du côté des jeux de combat qui vont bientôt sortir pour trouver mon bonheur.




J'ai tout de suite mis de côté les licences phares qui ont un gros jeu en préparation, je pense surtout au très attendu et non moins controversé Street Fighter 4, parce que comme pour les autres jeux il n'est pas prêt de sortir. Je laisse volontiers de côté le futur Tekken 6 parce que je n'ai jamais vraiment aimé la série, mais j'espérais surtout découvrir de nouvelles licences potentiellement jouissives dans le lot. Ma quête pour l'exultation m'a tout d'abord mené vers le très timide Battle Fantasia, un jeu de combat orienté Fantasy développé par Arc System Works et destiné à une sortie Xbox 360 et PS3. Au vu des inspirations originales du titre, qui s'inspire largement du RPG, et des graphismes colorés dignes d'une production VanillaWare (Odin Sphere, GrimGrimoire, prochainement Murasama : The Demon Blade), je trouvais le jeu plutôt attirant.


Mais voilà, lorsqu'on y regarde de plus près Battle Fantasia n'est pas aussi enchanteur qu'il y paraît. Même si les graphismes sont un plaisir pour les yeux, un mélange de 3D cell-shading poussée et de 2D très réussie, le gameplay général se montre beaucoup plus molasson. Sans être spécialement lents, je trouve les mouvements un peu patauds, on décolle difficilement du sol et les combats s'en trouvent plus rapidement expédiés, d'autant plus que les possibilités sont assez limitées même s'il est possible d'exécuter des mouvements rapides pour s'éloigner de son adversaire ou faire du rentre dedans pur et dur.

Niveau personnages, c'est aussi loin d'être passionnant, on se contente surtout de nous proposer des clichés sans trop d'intérêt mais plutôt courants dans l'univers du RPG japonais : bishônen ténébreux dégoulinant l'émo, petit chevalier blanc accompagné de son dragon et chevalier noir qui va avec, princesse cruche comme pas deux, lapin magicien, ils sont souvent plus ridicules qu'autre chose et combattre se révèle être plus amusant que vraiment défoulant, d'autant plus que sans véritable contenu déblocable on fait vite le tour du jeu. Même si les personnages sont efficaces et que ça reste agréable à regarder, c'est donc d'un intérêt assez limité à mes yeux. L'aspect RPG est finalement insignifiant puisqu'il se retrouve uniquement dans les barres de points de vie des personnages, en fait même cet aspect du jeu est purement visuel puisque les dégâts marchent au pourcentage et pas aux points de vie. Avec un même coup, une armure sur pattes perdra autant de points qu'un personnage aux points de vie faibles. Les personnages possèdent aussi un équipement et des objets propres, des caractéristiques assez anecdotiques à l'utilité contestable. Quand à la progression de l'histoire, elle se fait de manière classique avec une suite de combats entrecoupés de cinématiques sans grand intérêt. Ajoutez à ça des coups peu variés et des effets visuels répétitifs, au final Battle Fantasia manque de contenu et d'approfondissement pour être indispensable mais se révèle être étonnamment divertissant grâce à son aspect coloré et fun (Coyori me fait bien rire avec ses ~nya à tout bout de champ, Face est peut-être le seul personnage charismatique du jeu et j'aime bien le style d'Odile et d'Olivia).


Dernière chose, et pas des moindres pour moi, petit mélomane que je suis, la qualité des musiques du jeu est assez moyenne. J'espérais des compositions orchestrales de plus grande envergure pour coller à l'ambiance visuelle du jeu mais j'ai été assez déçu à ce niveau là, les pistes sonores sont écoutables mais ne se retiennent pas. J'ai retenu quelques morceaux sympas (Adventurer's Shop, Platenes Observatory) mais en règle générale la composition ne décolle jamais vraiment. Je me procurerai sans doute quand même l'OST pour réécouter tout ça et voir si je n'ai rien loupé. Sur ce point comme sur beaucoup d'autres, Arc System aurait pu faire beaucoup mieux, je trouve le résultat mitigé venant du studio responsable du succès de la série des Guilty Gear.

Une réussite visuelle, le reste manque vraiment de recherche. Mais apparemment c'est censé être le premier volet d'une nouvelle licence, si le jeu a assez de succès une suite pourra être envisagée et sera peut-être à la hauteur de ce que j'attends d'un bon jeu de combat. Sympa au début mais vite lassant, notez quand même qu'un mode online permettra aux joueurs de s'affronter en ligne, un bon point. Battle Fantasia a au moins l'avantage de changer de ce qu'on voit habituellement en terme de jeu de combat nippon ou occidental.





Après cette virgule colorée placée sous le signe de la Fantasy, c'est à un autre jeu des studios Arc System que je me suis intéressé, plus japonais, plus fanboyesque, plus otaque, clairement inspiré du travail du studio sur la série des Guilty Gear sans en être une simple digression : BlazBlue, qui mélange quand à lui personnages et effets en 2D à décors sublimes mêlant 2D et 3D. Cette seconde nouvelle licence m'a quand même beaucoup plus accroché que sa petite soeur Battle Fantasia, et ce dès les premiers instants.


Tout d'abord, c'est évident dès les premières secondes, contrairement à son homologue BlazBlue se prend plus au sérieux. On pourrait lui reprocher si le jeu n'était pas aussi aboutit visuellement et techniquement, mais la recette est efficace et le jeu est indiscutablement bon même si on le compare souvent à la série dont il est inspiré pour critiquer son choix de personnages et de ton graphique. Néanmoins largement salué par les communautés de fans, BlazBlue ne se contente pas de réutiliser une sauce qui marche : il l'enrichit et met son travail passé au profit de cette nouvelle production, la dotant au passage d'une ambiance propre et fouillée et de personnages originaux aboutis. Ainsi, on a affaire à un contexte recherché et à des personnages captivants (Jin Kisaragi est déjà en passe de venir un monument dans les fanbases, et ce n'est pas Rachel Alucard qui changera la donne, chacun des personnages du jeu a une histoire propre et des révélations personnelles à mettre à jour).

L'ambiance est résolument sombre, ça se retrouve dans les décors, l'histoire comme dans les personnages et les musiques, on ne joue clairement pas dans la même cour que Battle Fantasia alors que les deux jeux sont du même studio, l'un est clairement moins élitiste que l'autre. On retrouve quand même à plusieurs occasions une touche d'humour bienvenue dans BlazBlue, comme pour le personnage de Taokaka complètement détaché de l'ambiance sombre du jeu (une sorte de Coyori encore plus neko), dans le style résolument animé des personnages ou dans les compagnons pour le moins farfelus de Rachel : un parapluie-chat et une chauve-souris bien grasse. Une touche d'humour qui n'enlève rien à la cruauté de l'ôjo-san tsundere vampire qu'est la demoiselle, qui use des mouvements les plus vicieux pour venir à bout de son adversaire (lancer de grenouilles, bâtons explosifs) et s'assoit paisiblement sur son trône une fois qu'elle a remporté le round. Oui je suis faible, je ne résiste pas au mix tsundere-neko-gothic-loli, doublé par Kana Ueda qui plus est, j'aime Rachel ! En plus, être la descendante d'une grande lignée de vampires, ça a de la gueule.




Initialement prévu uniquement pour un support arcade, le jeu a aussi bénéficié d'un port PS3 aux EU et au Japon mais rien d'officiel pour l'Europe, encore une raison de commander des jeux en import. Le site officiel existe pourtant en version française, un espoir subsiste peut-être encore ? En tout cas le gameplay est aussi bourrin et acharné que le suggère la promotion du jeu, la palette des coups des personnages étant variée, riche en effets visuels et faisant souvent très mal (je pense notamment à Jin et à la glace qu'il fait apparaître lorsqu'il frappe, ou à la danse de Litchi et de sa dangereuse katana), les mouvements n'en restent pas moins fluides et précis, en HD le spectacle en devient presque captivant. Des mouvements spéciaux viennent compléter le tout, les attaques ultimes étant appelés Astral Finish, elles viennent achever le combattant adverse d'une manière aussi sèche qu'impressionnante (l'Astral Finish du dernier boss, l'androïde aux courbes gracieuses mais tranchantes V-13, me fait penser au premier skill de Millenia dans Grandia 2, c'est ce qui en fait mon petit préféré, son thème musical est aussi l'un des plus réussis d'ailleurs).


BlazBlue regroupe ce qu'il y a de plus jouissif et accrocheur dans un jeu de combat 2D, et même si le jeu n'est pas exempt de quelques défauts c'est un régal d'enchaîner les duels avec toujours la même phrase d'annonce qui retombe : « The Wheel of Fate is Turning. Rebel 1. Action ! ». Même si on peut critiquer l'emploi abusif de l'engrish (comme dans le titre du jeu qui ne veut pas dire grand chose, on commencer à s'y habituer) c'est un vrai plaisir de commencer un combat avec de si belles paroles. Les musique sont très rock, voir même trop rock, mais certaines s'en détachent sans problème, les thèmes musicaux étant directement liés aux personnage joués et participant pleinement à l'expérience de jeu, Daisuke Ishiwatari prouve qu'il a gardé la main et nous pond ici des thèmes forts et mémorables, parfois tout de même trop bourrins pour pouvoir être appréciés, comme Black Onslaught que je trouve carrément insupportable (quelques pistes excellentes que j'ai retenu : Lust SIN, Gale, White Requiem, Awakening the Chaos ou la mélancolique Limited Again).



Un jeu gagnant qui a déjà beaucoup fait parler de lui et apporte un peu de renouveau au genre. Sans aucun doute mon coup de coeur du moment, BlazBlue est une lubie passagère qui a paradoxalement des chances de rester quelques temps sur mon podium de jeux de combat aux côtés de confrères plus ou moins âgés, cette nouvelle licence est diablement efficace, son ambiance intimiste m'a emporté et j'ai hâte de voir la manière dont elle évoluera. Moins otaques, SoulCalibur et Dead or Alive ont néanmoins toujours une place prépondérante dans mon classement, et ils y resteront grâce aux volets phares des deux séries, quelque soit le manque de succès ou les ratages des nouveaux volets des deux séries.



Je dois souvent mes plus agréables surprises au hasard et mes recherches me le prouvent encore une fois, on parle pourtant très peu du jeu dans nos frontières (même les grands sites d'informations sont à la ramasse) et c'est bien dommage car même s'il est loin d'être révolutionnaire c'est quand même un coup de vent mémorable dans le monde des jeux de combat 2D, pour peu qu'on aime le genre nippon avec ses personnages contrastés et ses fioritures à gogo qui apportent une richesse indéniable à l'aspect visuel fluide, rapide, nerveux et bourré d'effets du jeu (sans doute ce qu'il y a de pire à conseiller pour une personne épileptique). Pour les amateurs de combats plus lents et réalistes, retournez sur Dead or Alive ou sur vos bons vieux Tekken (que je vous laisse apprécier), ce jeu n'est définitivement pas fait pour vous. En attendant moi, je prends mon pied !


Note : vous pourrez retrouver toutes les musiques citées dans cet articles dans la radio du blog :)

Publié dans Jeux Vidéo

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