Penguin Musume Heart - Attack of the Penguin !

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro



Il ne m'a pas fallu longtemps pour m'y mettre, si tôt les sources trouvées je me suis lancé à mes risques et périls dans cette comédié farfelue et quelque peu bourrine, c'est le moins qu'on puisse dire. Vous êtes un otaku jusqu'au bout des doigts (de sexe masculin de préférence) et vous cherchez une série drôle à vous mettre sous la dent, mais juste drôle ? Penguin Musume Heart est faite pour vous ! (la série ne saurait être tenue responsable d'éventuels dégâts cérébraux engendrés par la vue ses épisodes ~).


Commençons par le commencement : l'histoire. Je vous le dit tout de suite, elle ne sert pas à grand chose et tout scénario cohérent est absent de Penguin Musume Heart, c'est d'ailleurs le cas de toutes les bonnes comédies en vogue si on y réfléchit bien. Aucun scénario à proprement parler donc, mais c'est plutôt la situation des personnages et l'apparition de nouveaux arrivants qui rythme la série, "comme dans School Rumble" (les guillemets, c'est parce que ça sonne très mal parce que la comparaison est écrasante). D'ailleurs la comparaison avec cette comédie ne s'arrête pas là : comme Tenma Tsukamoto, l'héroïne de Penguin Musume est une crétine finie qui ne comprend généralement rien de ce qui l'entoure et provoque les pires des catastrophes sans même s'en rendre compte (d'ailleurs les créateurs de la série n'hésitent pas à se défouler gracieusement sur elle, la pauvre fille se trouvant toujours au mauvais endroit et finissant souvent couverte de sang, rien que ça). Elle arbore d'ailleurs elle aussi un ahoge des plus réussis. L'anime nous raconte donc le quotidien de Sakura Nyankoku alias Penguin, grande otaku de son état et qui plus est fille de riche famille (une sorte d'Haruka Nogizaka en plus débile et mois bien dotée, mais beaucoup plus drôle du coup), et de ses camarades qui cachent une personnalité tout aussi turbulente sous des airs terre-à-terre trompeurs. Cette petite palette qui grandit au fil des épisodes se retrouve à longueur de temps confrontée aux délires des uns et des autres pour donner un résultat explosif et plutôt drôle pour peu qu'on ne soit pas trop tatillon.


   


Je pensais que la durée des épisodes serait une faiblesse avant de commencer mon visionnage (moins de dix minutes si on enlève les génériques), mais en fait ça rend les épisodes beaucoup plus mouvementés et délirants que s'ils s'étalaient sur une longue demi-heure, maintenant j'ai du mal à les imaginer autrement qu'en version courte et ils en seraient sûrement beaucoup moins drôles ! La série ne cesse d'user et d'abuser des sujets en vogue dans le grand monde des otakus, même si pour ça elle doit taper dans l'ecchi limite hentai (elle l'a surtout fait dans le premier épisode en fait, le reste de la série est beaucoup moins "bas de la ceinture" en général ,ce qui ne lui vaut pas forcément son classement ecchi) et tout ce qui se rapproche de près ou de loin des nekomini, maids, mikos, et autres formes plus ou moins tordues de cosplay féminin. Ce qui n'empêche pas toutes les images qu'on peut trouver sur des Danbooru-like de taper allègrement dans l'ecchi cela dit.


La classe de notre joyeuse troupe d'héroïnes ne contient que des filles, ce qui limite quelque peu l'humour à la School Rumble (qui tourne autour des déclarations d'amour maladroites), mais ça n'empêche pas àndes personnages d'éprouver de l'attirance pour d'autres, ce qui fait un terme de plus à ajouter à la liste : le shôjo-ai, sans trop de yuri pur et dur pour le moment (et je n'ai pas encore vu une seule poitrine faire "boing", un miracle, ou alors c'est trop dur à animer). Sous une forme bizarre quand même, puisque le seul personnage "masculin" est une fille nommée Etorofu (si on met de côté le majordome baraqué de Penguin, un grand fan de cosplay au malheur de mes pauvres yeux) qui n'a pris conscience de son statut de fille que très récemment. Du coup, la très combative Cha-chi prend Etorofu pour un garçon et nourrit l'objectif de la battre pour pouvoir se marier avec elle, suite à moultes quiproquos elle finit d'ailleurs toujours par croire que toutes les autres filles veulent lui piquer sa bien-aimée ! Inutile de préciser qu'Etorofu a tout du caractère d'un garçon, elle passe généralement son temps à s'énerver, à hurler et à sortir de ses gonds, provoquant à son tour des catastrophes à cause de son manque de délicatesse. La très sage Nene assiste généralement au spectacle, le visage toujours illuminé par un sourire resplendissant, même dans les pires conditions (voir épisodes 5 et 7...).


Le manque de délicatesse, c'est d'ailleurs ce qui caractérise la série, on ne peut pas dire que l'humour fasse dans la dentelle, au point qu'on passe son temps à halluciner en se demandant comment ils ont bien pu oser mettre en scène des situations pareilles. Le résultat est certes drôle, mais ceux qui sont habitués à la finesse n'y trouveront certainement pas leur compte. Penguin Musume Heart propose des personnages très basiques servant un humour tout aussi basique bourré de références à l'univers otaku, c'est sûrement pour cette raison que seul un otaku pas trop exigeant peut apprécier la série à sa juste valeur. Les plus grandes séries comiques comme la déjà citée School Rumble ou Hare+Guu ont un côté sérieux et c'est ce qui leur permet d'être si drôles et attachantes, Penguin Musume Heart n'atteindra manifestement jamais ce niveau en restant dans l'amusant mais pas dans l'inoubliable. Alors qu'on peut facilement tomber sous le charme des personnages des deux séries précédemment citées, c'est déjà beaucoup plus difficile pour Penguin Musume. La série ne fait qu'utiliser des clichés préconçus, comme si elle venait de se servir en magasin pour nous offrir des plats déjà cuits mais pourtant de bon goût. A consommer avec modération donc sous peine de saturation immédiate causée par un manque de profondeur et une surcharge de petite culottes, c'est peut-être aussi pour ça que les épisodes sont si courts !


   


La réalisation quand à elle est plutôt moyenne. Pour être exact, l'animation est bonne mais le charadesign et la mise en scène ont du mal à suivre, le mode SD est très présent et joue beaucoup dans l'humour de la série. Mais c'est une comédie, et on lui demande juste d'être drôle, les comédies les plus connues ont toujours bénéficié d'une animation modeste et ça ne les a pas empêché d'être drôles. La réalisation reste cependant basique et sans grande originalité, encore une fois faut pas être trop exigeant même si j'ai déjà vu bien pire. Penguin Musume a au moins l'avantage d'afficher des couleurs agréables à l'oeil et de ne pas taper dans l'humour salasse à longueur de temps comme le font bon nombre d'autres comédies qui ne se vendent qu'avec de l'ecchi. Penguin Musume Heart ne se prend pas du tout au sérieux, c'est aussi ce qui lui permet aussi d'être autant appréciée.

Les deux génériques sont tout à fait dans l'esprit de la série, des musiques de comédie très joviales sans grand intérêt mais pas forcément désagréables à écouter à petite dose. La musique de l'opening me fait d'ailleurs beaucoup penser à celle de Lucky Star, là aussi la comparaison est disproportionnée mais les génériques des deux séries se ressemblent assez (par contre au niveau image et choré ça n'a évidemment rien à voir, on tape vraiment pas au même niveau, d'un côté on a une chorégraphie super travaillée et de l'autre un déhanché abominable à la Caramelldansen). Inutile de parler de l'OST, a l'exception des deux génériques il n'y en a pas, ou alors je n'ai pas du tout retenu les musiques en question et je ne m'en souviens plus. Mais le son mène assez bien le rythme sans qu'il y en ait besoin, ce qui n'avantage pas forcément la série par ailleurs.


   




Penguin Musume Heart est donc une série qui semble se complaire dans la médiocrité mais qui est avantagée par une animation très correcte, bonne même, et des personnages qui servent l'humour à merveille. La durée très courte des épisodes est au final plus un avantage qu'une véritable tare et même si la série ne manque pas de punch elle propose un humour très basique qui ne fera pas mouche chez tous ses spectateurs. Elle a néanmoins l'avantage de ne pas se prendre au sérieux et de ne pas être inondée d'ecchi et de tripotages en tous genres comme le laissait penser le premier épisode et ses poitrines à l'air sans aucune censure (je vous sens tout de suite plus intéréssé...). En plus de ça, l'héroïne est un souffre-douleur de choix qui satisfaira pleinement vos instincts sadiques et sa stupidité vous donnera l'impression de cotoyer Einstein. Une série drôle à consommer à petite dose et qui ne fait pas dans le subtil donc. Le tout est divertissant et c'est bien ce qu'on lui demande ; Penguin Musume Heart remplit donc pleinement ses fonctions de comédie basique et on ne pourra pas lui reprocher de ne pas en faire assez, au risque d'en faire trop !

PS : La plupart des épisodes sont disponibles en streaming sur Youtube et la très populaire Nicodouga (en japonais).

Publié dans Japanimation

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