Et dire que j'ai failli passer à côté de cette merveille. Il y a quelques jours, cette série ne figurait même pas sur ma liste d'animés à voir, et la voilà maintenant
propulsée sur le podium de mes séries du moment. Je dis toujours que c'est grâce à la curiosité que je découvre les séries qui me plaisent le plus, mais je ne m'y ferai jamais, la surprise est
parfois si grande qu'il est impensable que je puisse m'y habituer. Mais intéréssons tout de suite à cette série et en particulier à son sixième épisode, alors que je nage encore dans une
subjectivité fébrile oh combien inspiratrice ! (ceux qui voudront juste la découvrir pourront se contenter du premier paragraphe !)
Nijuu-Mensou no Musume (qui se traduit littéralement par "La Fille de Vingt-Visages") nous raconte l'histoire de Chizuko, une fille de onze ans de riche famille qui vit chez son
oncle et sa tante depuis la mort de ses parents, elle est ainsi l'héritière de toute leur fortune. Un héritage qui fait pâlir d'envie la tante de la demoiselle, qui n'hésite pas à empoisonner ses
repas pour la faire mourir à petit feu et acquérir la fortune tant convoitée. Mais Chizuko (ou Chiko pour les intimes et les admirateurs) n'est pas dupe, elle se rend très vite
compte de la fourberie et ne daigne pas toucher à un seul repas de sa tante, qui mime l'incompréhension, se rendant presque malade de malnutrition ! Le seul réconfort de Chiko ? La
lecture, c'est au travers des aventures de détectives et de cambrioleurs en tous genres qu'elle s'échappe de cette situation périlleuse, un de ces voleurs que les médias s'arrachent l'intéresse
particulièrement : le bien nommé Vingt-Visages, non pas parce que c'est un démon sorti tout droit d'une autre dimension mais parce qu'il se déguise à merveille et adopte des identitées
diverses et variées au cours de ses cambriolages. Chiko va s'en rendre compte par elle-même lorsque le majordome de la maison, le bon vieux Kawai, abandonne son déguisement et se
révèle être le captivant Vingt-Visages, il sort alors la jeune fille de cette situation malsaine, elle se laisse volontairement "kidnapper" pour rejoindre la grande famille de voleurs
réunis autour de Vingt-Visages, leader charismatique émérite. Chiko, qui fait preuve d'une grande maturité pour son âge (et c'est aussi pour ça qu'on l'aime), tentera donc de
s'habituer à la vie mouvementée et plus ou moins périlleuse de cette troupe de voleurs tout en faisant des efforts pour se faire accepter par les moins accueillants d'entre eux. Être une gamine
au milieu d'un groupe de voleurs nomades qui risquent sans arrêt leur vie, c'est loin d'être une cinécure ; mais Chiko tient bon et sait se faire respecter, elle gagne donc rapidement
l'affection des sympathiques voleurs tout en vouant un culte à Vingt-Visages, qu'elle considère comme un modèle universel, un dieu quoi. Et voilà, ça aurait pû en être comme ça durant
toute la série, Chiko-tan enchaînant les interventions et multipliant les happy-end en fin d'épisode. Mais c'est sans compter les projets des scénaristes de Nijuu-Mensou no
Musume, et c'est là que la série tape fort.
Je vais faire quelques révélations importantes (un gros spoil de l'épisode en fait) qui pourraient vous gâcher la surprise et atténuer le choc, alors si vous ne voulez pas en savoir plus, sautez
ce paragraphe, sautez même cet article et filez voir l'animé en question ! Soit ! Vous voulez continuer, tant mieux, ou tant pis pour vous ! Les premiers épisodes m'avaient laissé une impression
sympathique, mais la fin du cinquième épisode laissait présager du lourd pour la suite. Mais j'étais loin de m'imaginer ce qui pourrait arriver ! Le sixième épisode est tout simplement
exceptionnel, du très lourd enrobé de plomb qui vous scie les os et vous broie les orteils tant il vous tient en haleine, l'asphyxie pourrait même vous guetter tant vous retiendrez votre souffle
! Bon, j'en fais peut-être un peu trop, mais cet épisode marque un tournant majeur dans l'histoire de la série et c'est certain : rien ne sera plus jamais comme avant. Pauvre Chiko, pas
étonnant que tu t'en sortes foudroyée et en état de choc. Alors que notre troupe de voleurs toujours aussi soudée commence sa traversée de l'Angleterre en train au beau milieu d'une tempête de
neige, les pauvres bougres se trouvent soudainement pris d'assault par le très méchant (et tranchant) Tigre accompagné de sa milice, qui les avait pistés avant même qu'il embarquent dans
le train, notamment grâce à l'intervention d'Angie, une jolie petite fille avec laquelle Chiko s'était liée d'amitié dans l'épisode précédent.
Et là, l'impensable se produit ! La mignonne Angie, qui se trouve être de mèche avec Tigre, dévoile son véritable visage, et dans un délire tout psychotique la folle rousse n'a plus
qu'une seule obsession : découper Chiko à grands coups de hache, rien de moins ! Un combat qui va prendre des proportions épiques lorsque Chiko, après quelques superbes pirouettes
visant à esquiver les coups de hache dans une cabine, saute par la fenêtre et se retrouve aux prises avec la folle Angie sur le toit du train en marche en pleine nuit au milieu d'une
tempête de neige grondante ! Oui, dans Nijuu-Mensou no Musume, on ne fait pas les choses à moitié ! Et encore, vous n'avez rien vu ! Pendant que les demoiselles jouent au chat et à la
souris sur le toit du train, et que la rousse psycho perd la vie (ou dumoins disparaît...) d'une bien triste manière, une fusillade éclate à l'intérieur et les cadavres de nos amis voleurs
s'entassent sous le feu adverse alors qu'ils se défendent du mieux qu'ils peuvent, le plus baraqué d'entre eux se jette même du train avec quelques assaillants dans les bras après avoir reçu
trois balles dans le dos ! Des personnages attachants qu'on nous arrache subitement, et comme si ça ne suffisait pas on nous montre leur cadavre ensenglanté gisant sur le sol, comme si le fait de
les supprimer si promptement du casting n'était pas assez cruel ! Evidemment, Chiko n'en revient pas lorsqu'elle ouvre la porte du wagon et que son regard se pose sur l'hécatombe, c'est
donc les yeux pleins de haine qu'elle continue sa marche au travers du train. C'est alors qu'elle croise l'un des hommes qu'elle respectait le plus, blessé, assis contre la paroi du couloir. Elle
tente de soigner sa blessure, mais rien n'y fait, c'est pas son jour, un assaillant à l'agonie tire une balle en direction de Chiko en puisant dans ses dernière forces. Et là, c'est la
catastrophe, le grand boum, l'apothéose, cet homme blessé qu'elle respectait tant s'interpose et se prend la balle de plein fouet et finit par mourir dans ses bras. Là, plus rien à faire,
Chiko est complètement démolie, elle continue à avancer en titubant, implorant la précense de sa figure paternelle Vingt-Visages. Ce dernier est un peu plus loin, menacé par
Tigre, qui au bout de quelques phrases est mis hors d'état de nuire sans mal d'une fort belle manière par ce cher Vingt-Visages. Celui-ci sort donc de sa cabine, l'air grave, et
tombe sur Chiko, qui se jette désespérément sur lui et le serre dans ses bras lorsqu'elle l'aperçoit, normal puisqu'elle elle n'a plus que lui et qu'elle a traversé une épreuve plutôt
difficile. Eh bien non, Chiko n'a pas assez souffert, dans un dernier élan de haine, Tigre décide qu'il ne mourra pas seul et fait sauter la wagon, Vingt-Visages a tout juste
le temps d'écarter Chiko dans un autre wagon avant de disparaître dans les flammes. C'est le feu d'artifice, c'est le Big Bang. Chiko hurle, Chiko pleure, et Chiko
reste là, accroupie dans ce wagon qui s'est détaché du reste du train au cours de l'explosion et qui est maintenant arrêté, déprimée, dépréssive, en état de choc. Un massacre, et le pire c'est
que ça vous tire les larmes des yeux et que c'est criant de réalisme. Survivants : Chiko (quasiment morte à l'intérieur maintenant), le jeune voleur Ken, dont on a aucune nouvelle
mais qui a certainement réussi à s'échapper (les miracles existent donc, Ken étant mon personnage préféré avec celui de Chiko), et un détective privé balourd qui a assisté à tout ce
remue-ménage bien planqué dans son coin. Bilan : les trois quarts des personnages présents dans le générique sont définitivement morts, et tout ça en un seul épisode. Déjà que la demoiselle était
peu bavarde, maintenant elle a toutes les raisons d'être aussi froide qu'un bloc de marbre ! Elle se retrouve donc finalement seule, orpheline, et ses rêves d'aventures viennent tout juste de
mourir sous ses yeux.
Vous croyez que Chiko a assez souffert ? Eh bien non, puisque ce cher détective privé envoyé pour la retrouver la ramène chez sa tante toujours aussi déterminée à mettre un terme à sa vie
(précisons qu'entre temps, elle a empoisonné et tué son mari pour ne pas avoir à partager la fortune), elle espérait même secrètement qu'on ne lui rende jamais sa nièce. Après tous ces coups bas,
Chiko peut enfin trouver du réconfort auprès de sa nouvelle servante, la gentille Tome, une des trois filles qu'on croise dans les images des génériques de la série, et
retrouve l'espoir grâce aux paroles d'un mystérieux détective lui affirmant que Vingt-Visages est en vie (détective qui fait d'ailleurs très fortement penser à Vingt-Visages
lui-même). La bonne Tome aura donc cerainement de l'importance et se rangera aux côtés de Chiko lorsqu'elle se sera rendue compte que la tante de sa protégée ne veut que sa mort. La
dernière fille apparaît pour l'instant sous les traits d'une véritable garce et cherchera des noises à Chiko dès leur première rencontre, là aussi nous imaginons que la situation évoluera,
tout ça grâce à ce qu'on peut déjà considérer comme un twist d'anthologie qui donne un grop coup de punch à une série déjà très plaisante à l'origine ! Faut dire que je n'avais pas assisté à un
tel choc depuis Higurashi no Naku koro ni, ses meurtres barbares et ses suicides à la mode boucherie du coin ! Une situation totalement imprévisible servie par une parfaite mise en avant
avec la présence de litres de sang frais, de situations éprouvantes et d'une bande sonore étonamment déchirante et immersive. Inutile de préciser que la réalisation de l'épisode est sans faille,
même la neige emportée par le vent étant de toute beauté. Pour un lancement, on peut dire que la série ne fait pas dans la dentelle, pour mon plus grand plaisir et pour l'avantage du scénario qui
peut enfin s'envoler...
Quoi ? Vous lisez encore ? Vous devriez pourtant déjà être en train de vous procurer cette série par tous les moyens disponibles sur le marché ! C'est la première fois que j'écris un article
dédié à un seul épisode d'une série, et ça risque fort de ne pas se reproduire parce que concrètement, ça ne sert à rien ! Profitez-donc de la découverte, et foncez sur Nijuu-Mensou no
Musume !
Sur ce, je vous laisse, je vais me remettre de mes émotions et avaler un grand bol d'objectivité ~
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