Nogizaka Haruka no Himitsu : un pari commercial réussi ?

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro


           Beaucoup la critiquent, moi je trouve qu'elle commence pas si mal cette saison animée estivale, avec son lot de choses rafraîchissantes, de surprises et de promesses. Des séries qui démarrent moins fort que celles de la saison précédente, certes, mais peut-être auront-elles la chance de ne pas retomber comme des soufflets bien gonflés et décevoir leur public (je vous l'accorde, la chance n'a pas grand chose à faire dans cette histoire...), comme une certaine Tour de Druaga qui a chuté après le cinquième épisode et a eu bien du mal à remonter la pente pour retrouver un niveau convenable mais loin d'être excellent en fin de série. Morale : ne jamais juger une série à ses premiers épisodes, les plus grandes surprises sont inattendues et démarrent généralement doucement pour fédérer leur public au fil des épisodes (comment croyez-vous que la flamboyante Shana soit devenue une légende ?). Voilà, les choses sont réglées, maintenant oublions les désillusions passées et tournons-nous vers le sujet qui nous intéresse : les nouveautés. Le choix fut difficile, presque cornélien, mais j'ai décidé d'amorcer cette série d'aperçus par un moe blob, un vrai, avec une grosse poitrine, de grands yeux noisette, des couinements et toute la panoplie moe assortie (gros budget inclus) ! Ceux qui la connaissent déjà l'auront sans doute reconnue : je parle bien sûr de Haruka Nogizaka !




   


Voguant sur la vague (que dis-je, le tsunami) des adaptations de novels éponymes lancée par notre chère et vénérée Haruhi Suzumiya, Nogizaka Haruka no Himitsu semble adopter la même démarche pour espérer toucher autant de fans : ça saute aux yeux, la recette de base est identique et on retrouve donc beaucoup d'ingrédients similaires : des lycéennes bien proportionnées, les personnalités contrastées et plus ou moins explosives et des références dans tous les coins (et des maids). Nogizaka Haruka no Himitsu va même plus loin en reprenant beaucoup plus de clichés de l'animation japonaise (et des maids) pour un résultat parfois un peu bouillon (non, pas brouillon : bouillon) qui nous offre une série loin de la qualité de notre mélancolique Haruhi mais pourtant très sympathique. Rajoutez des doubleurs célèbres, une bonne dose d'ecchi et deux génériques excellents, chorégraphie d'enfer à l'appui pour l'ending (et des maids !), que demander de plus. Echec et mat, l'otaku est comblé.




Et l'otaku, c'est justement le sujet principal d'Haruka Nogizaka no Himitsu. Parce que cette demoiselle issue d'une riche famille et à la réputation solide au sein de son lycée porte un lourd fardeau et en fait son secret : elle est folle d'animation et de mangas, en particulier d'une magical girl loli un peu maladroite qui porte le délicieux nom d'Aki-chan. Et ça, son entourage et les élèves du lycée ne doivent l'apprendre sous aucun prétexte auquel cas sa réputation et son héritage s'en verraient réduits à néant ! Mais un jour, alors qu'elle tente discrètement (et maladroitement) de s'introduire dans la bibliothèque du lycée pour se procurer le dernier Innocent Smile, un magazine fictif spécialisé dans l'animation japonaise et tout ce qui l'entoure, elle enchaîne catastrophe sur catastrophe (toutes les étagères de la bibliothèque son renversées dans le vacarme) et se retrouve à quatres pattes devant Yûto Ayase, un garçon tout ce qu'il y a de plus commun pour changer, le magazine interdit hors de son sac. Après quelques japements très mignons, Yûto est mis dans la confidence et imploré de ne pas révéler ce secret au grand jour. Voilà le point de départ des péripéties sentimentales d'Haruka et Yûto, et de leur bataille perpétuelle pour que le secret d'Haruka Nogizaka ne se retrouve pas sous le feu des projecteurs.


   


Vous l'aurez compris, la série tourne principalement autour de la relation Haruka/Yûto et en profite par la même occasion pour explorer l'univers des otakus : dès le deuxième épisode, nous nous trouvons plongés dans Akihabara, célèbre quartier spécialisé dans le commerce de tout ce dont un otaku raffole : mangas, doujinshis (mangas amateurs créés par des fans), visual novels, déguisements et tout ce qui peut s'approcher et s'accrocher au mot hentai, on y trouve même des maid-bars, des restaurants où le client est traité comme un roi et servi par de délicieuses serveuses habillés en servantes dévouées. Akihabara, c'est rien de moins que la capitale de l'otakuisme mondial. Les références destinées à l'amateur d'animation japonaise apparaissent d'ailleurs très vite et plus ou moins ouvertement, certaines citées étant carrément directement citées, comme Shakugan no Shana, Haruka joue même la tsundere en imitant la colérique Shana pendant que l'opening de la série originale résonne en toile de fond, un régal. Le jeu de la référence va même plus loin et cite directement les doubleurs des personnages de la série, on a souvent l'impression que certains personnages savent qu'ils sont dans un animé alors que d'autres en rêvent ou ne sont pas vraiment intéréssés, ça donne une situation anodine qui sert à merveille l'humour de la série.


   

   


Malheureusement, c'est quand la série tente d'être sérieuse que le mal se fait sentir, parce qu'aussi drôle qu'elle soit, Nogizaka Haruka no Himitsu ne révolutionne rien et abuse de clichés vus, revus et digérés du monde de l'animation, et ce même au niveau des personnages qui entourent notre couple de héros. Souvent pas très subtils, à part quelques exceptions plus intéréssantes, l'intérêt s'en voit immédiatement faillir, d'autant plus que l'animation est désservie par une réalisation un peu molle qui ne donne pas à la série ce qu'elle mérite (ou peut-être que finalement, elle n'a que ce qu'elle mértie). Je suis face à un dilemme : lorsque je suis face à des screens tirés de la série, je ne peux pas m'empêcher de trouver le chara-design superbe et les couleurs attirantes, mais une fois l'épisode lancé, à l'exception des génériques, le tout manque cruellement du punch qu'il faudrait pour véritablement lancer la série. Nogizaka Haruka no Himitsu ne fait pas dans l'originalité, que ce soit dans sa réalisation, ses personnages et son concept, c'est bien là son problème. On a constamment l'impression qu'on nous force à manger les haricots verts qu'on prend soin de trier dans notre assiette. Je vois bien un gros commercial japonais assis sur son fauteuil de cuir, un rictus aux lèvres devant le succès commercial de sa dernière production : "t'aimes la daube animée, alors mange". Au final, il n'y a peut-être bien que l'héroïne Haruka qui ait un véritable intérêt, et non pas parce qu'elle a une personnalité complètement ambigüe et imprévisible, mais bel et bien parce qu'elle est l'incarnation du moe et du kawaïsme absolu, et qu'elle est bien la seule qui ait des chances d'évoluer au cours de la série. Sans l'humour et les références, et les excellents openings qui entoureraient la série, celle-ci ne serait rien de plus qu'une série sentimentale parmi tant d'autres, n'apportant aucune originalité au genre en se servant gracieusement dans le panier des autres pour faire marcher son intrigue : Yûto lui-même est un condensé de plusieurs personnages distincts et on lui trouve sans difficulté des ressemblances avec Kyon de La Mélancolie et avec les héros adulescents sûrs d'eux qu'on croise dans les productions de Key (Kanon, Air TV). Sa grande soeur ressemble comme deux gouttes d'eau à Levy de Black Lagoon, son professeur constamment bourré n'est bon que pour les scènes ecchi pas vraiment drôles, la majorité des personnages de la série sont ainsi : ils manquent cruellement de profondeur. Seule l'exception Haruka vient confirmer la règle, la jolie maladroite méritait décidément un entourage plus approprié.


Mais envers et contre tout, la sauce prend, et la série n'est pas désagréable à regarder. Coup de chance ou véritable performance ? C'est la question qui provoque l'interrogation. Après quatre épisodes, je prends du plaisir mais j'ai toujours l'impression qu'il y a quelque chose qui ne colle pas, quelque chose qui manque cruellement à la série. Peut-être que c'est de l'action, un véritable background, des personnages recherchés, de la cohérence, de la finesse ou même un scénario. En fait, la seule chose qui ne manque pas, c'est le budget et les produits dérivés pour otakus affamés. Le plus étrange, c'est que même sans tout ça je vais continuer à regarder la série. C'est peut-être ce qui manque à Haruka Nogizaka no Himitsu : de bonnes intentions. Et ça ne la rend pas mauvaise, juste un peu amère. J'ai tout simplement l'impression que ceux qui produisent la série, aussi talentueux soient-ils, détestent ce qu'ils font.


PS : On dit qu'il faut toujours montrer le point positif des choses, les screens montrent donc exclusivement des petites culottes.



~ desu

Publié dans Japanimation

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Inuki 15/08/2008 11:29

Pas grand chose à rajouter. C'est une petite série sympa à suivre mais qui reste dans le classique c'est vrai. La prof n'est pas très drôle mais joue parfaitement son rôle fan-service sinon :b.