The Tower of Druaga ~ Aegis of Uruk - Premier coup d'oeil

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro

        Ce mois d’avril nous plonge décidément dans une saison animée de très grand cru, et même au milieu de la vague de série cotées de Production IG (Lybrary Wars, Real Drive), Gonzo (Blassreiter) et Bones, on trouve tout de même des séries très prometteuses à l’avenir tout aussi reluisant que celui des production des grands studios de l’animation japonaise (la série Kaiba en est l’exemple le plus flagrant : attention, chef d’œuvre). Les quelques très bonnes séries de l’automne dernier ne sont pas encore terminées qu’on nous offre déjà de nouvelles séries sur un plateau d’argent (et c’est le cas de le dire !). Mais ici c’est à une production de Gonzo que nous allons nous intérésser : la dénomée Tower of Druaga ~ Aegis of Uruk, qui derrière un nom pas très attirant cache un énorme potentiel et une production d’une qualité bluffante !



 

Tower of Druaga, c’est à la base un vieux jeu de rôle arcade sorti dans les années 80 au concept plus que simpliste : un héros, une tour, un niveau par étage (construit sous la forme d’un petit labyrinthe rempli de bébêtes en tous genres), et une soixantaine d’étages pour finalement arriver au boss final, le dieu maléfique Druaga, et rétablir la paix dans le royaume. Difficile d’imaginer qu’on puisse faire une adaptation décente d’un concept si répétitif  et pesant, mais n’oublions pas que le jeu est sorti à l’ère des premiers jeux en 2D et qu’à l’époque on faisait avec les moyens du bord ! La série Tower of Druaga a connu au fil du temps de multiples suites qui semblent être passées inaperçues, la plupart du temps des remakes sans grand intérêt de cette montée de la tour de Druaga. Cette série animée arrive donc comme un messie pour relever la série et la faire connaître tout en étant bien loin d’être un simple argument commercial. En effet, même si on pourrait croire avoir à faire à une série du genre de Deltora’s Quest, bourrée de clichés et seulement appréciable par les nostalgiques de l’époque des RPG simplistes et sans prise de tête (ceux-là même qui ont créé les clichés qu’on évite aujourd’hui comme la peste), il se trouve que c’est avec une grande surprise qu’on découvre qu’Aegis of Uruk est très différente de ce qui pourrait passer pour une simple adaptation.

 

   

   

 

Parlons tout d’abord du premier épisode : à la manière de l’épisode introductif de La Mélancolie de Suzumitya Haruhi, cette entrée en la matière est très controversée, nous exposant tous les clichés imaginables de l’univers du RPG dans une parodie complètement déjantée qui n’hésite pas à user de références inattendues (Dragon Quest, Gurren Lagann, Star Wars et même Power Rangers, faut oser) pour donner un épisode qui en fera rire certains aux éclats  et ennuiera les autres pendant une bonne demi heure. Juste un petit coup de gueule en passant : les gens se fichent royalement de savoir si vous avez compté le nombre de fois où vous avez souri en regardant un épisode, ou même de savoir si vous êtes atteint de paralysie des zygomatiques : soit vous trouvez ça drôle, soit vous n’aimez pas cet humour, arrêtez de nous bassiner avec vos « j’ai souri une fois » et co., on s‘en fout. Si vous ne faites qu’émettre quelques sourires serrés lorsque vous êtes face à quelque chose d’hilarant, je pense que le problème vient de vous, pas de la série en question. Si vous ne riez pas aux éclats devant un épisode d’Hare+Guu (quitte à rire tout seul et à passer pour un abrutit), alors vous devriez penser à consulter un docteur ou à abandonner définitivement la comédie dans les animés. Laissez donc aux amateurs de comédie le loisir d’apprécier ce qui les fait rire. A bon entendeur, revenons à nos moutons. Ce petit délire introductif n’est donc pourtant pas représentatif de la série, puisqu’on découvre à la fin de l’épisode que toute cette histoire abracadabrante n’était que le rêve du personnage principal, tombée dans les pommes dès le début de l’épisode. Un concept original et contestable qui au moins l’avantage d’exposer tous les clichés imaginables pour mieux les éviter dans le développement résolument plus sérieux de la série. Un très bon point donc, personnellement je ne peux qu’admirer le style et faut dire que j’ai bien rigolé devant le premier épisode lorsque j’ai appris que ce n’était qu’un délire du héros ! L’humour ne disparaîtra cependant pas complètement dans le reste de la série, et c’est toujours d’une manière très intelligente qu’on le retrouvera, le cinquième épisode est par exemple entièrement dédié à l’humour et ça ne l’empêche pas d’être le meilleur de la série jusqu’à maintenant, avec l’épisode deux qui est tout simplement bluffant dans sa manière d’introduire l’univers de la tour et de la ville de Meskia. Le retour au sérieux aurait pu aussi faire retomber le spectateur dans un show plus classique, mais il n’en est rien, ce sont des personnages originaux, pleins de potentiel et de fraîcheur qu’on découvre dans les deux épisodes suivants, le tout dans un univers beaucoup plus cohérent et recherché qu’il n’y paraît.

 

 

 

La ville de Meskia a quelque chose de fascinant, tout d’abord parce qu’elle est construite à l’intérieur de la tour, qui tient plus d’une gigantesque montagne que d’une véritable tour. C’est d’ailleurs à cause de cette position que lorsque vient l’été d’Anu, une période cyclique ne revenant qu’après plusieurs années où les créatures peuplant la tour sont affaiblis grâce au sortilège d’une entité nommée Anu, des monstres tombent parfois du haut de la tour et sèment le chaos dans les rues de la ville, vite arrêtés par les armées vouées à la défense de la ville. Meskia est majoritairement peuplée par les « grimpeurs » qui arpentent la tour à la recherche de trésors sans vraiment chercher à en atteindre le sommet, comme l’aurait fait seul le roi Gilgamesh auparavant d’après les légendes. L’été d’Anu est donc l’occasion pour eux de grimper plus haut dans la tour en équipe, et donc d’amasser plus de trésors, et c’est à peine si le peuple de Meskia croit encore en l’existence d’un dieu maléfique nommé Druaga qui vivrait au sommet de la tour, qui n’a jamais plus été atteint. Une situation de Jil, notre héros, trouve insupportable, ce qui le poussera à recherche d’autres compagnons après s’être fait virer de l’équipe qu’il avait rejointe dans le premier épisode, accroché à son frère aîné Neeba sans vraiment savoir où il allait mettre les pieds. Ces équipes de grimpeurs ne sont d’ailleurs par formées au hasard, puisque chaque membre est assigné à une tâche spécifique pendant le combat, des classes en quelque sorte. Le Gardien retient les monstres grâce à son bouclier, l’Oracle soigne l’équipe et lance des sorts de soutien, le Mage lance des magies offensives sur les ennemis, etc. Cet aspect des combats est très bien mis en valeur avec notre équipe de personnages principaux. Même l’utilisation de la magie demande quelques ustensiles et un peu de subtilité, les personnages semblent enclencher une sorte de réserve d’énergie dans leur arme avant de lancer la magie en invoquant différentes entités, je trouve ça plutôt bien fait, et ça change des noms anglais un peu idiots que les personnages hurlent habituellement pour lancer un sort sans réelle contrepartie.

 

   

   

 

Les multiples révélations des premiers épisodes laissent présager un scénario bien plus complexe pour ce qu’on pensait être une simple montée successive d’étages, notamment grâce aux personnages qu’on rencontre, de l’énigmatique Neeba à la mignonne et étrange Kaaya. Etrange, c’est le moins qu’on puisse dire, elle semble cacher de très lourds secrets tout en étant très innocente et légère tout au long des épisodes, même lorsque Jil lui demande pourquoi elle veut atteindre le sommet de la tour elle reste incroyablement vague, prétextant une histoire pour ensuite la nier, puis prétendre ensuite que c’était la vérité alors que ce n’est manifestement pas le cas, c’est plutôt troublant. Mon personnage préféré reste celui d’Ahmey, une lancière en armure en apparence très expérimentée et sûre d’elle qui passe son temps blazée par le comportement de débutant de ses compagnons, un personnage très attachant et assez drôle qui a de multiples facettes, la manière dont elle veut toujours passer pour la plus sérieuse et sa petite toux nerveuse sont vraiment des trouvailles géniales qui la rendent unique en son genre. Parmi notre palette de personnages hauts en couleurs, on a aussi le mage Melt qui n’est doué en magie qu’en apparence accompagné sa mignonne servante Coopa, qui a plus l’air de dominer son maître que l’inverse, et qui est certainement la plus mature des personnages tout en cachant un esprit enfantin derrière ses traits de gamine autoritaire. La scène qui m’a le plus marqué pour le moment est sans aucun doute la rencontre du héros avec Kaaya, une prouesse de mise en scène accompagnée d’une musique superbe et au final une scène courte mais absolument bluffante et à l’impact saisissant. Des personnages on ne peut plus attachant qu’on prend un plaisir fou à suivre tout au long de leurs aventures rocambolesques et dans des situations qui frisent souvent le ridicule (n’avez-vous jamais rêvé de vous noyer dans un slime géant ?). Cette équipe de joyeux rigolos a pourtant un énorme potentiel et la scénario joue habilement  avec eux en passant de scènes drôles à des moment beaucoup plus sérieux : et la sauce prend sans problème.

 

 



 

 


La plus grande énigme de la série reste son opening : on y voit les personnages évoluer dans le japon moderne avec des situation tout droit sorties d’un animé se passant à notre époque. Les personnages sont en famille alors qu’ils n’ont aucun lien dans la série, Ahmey court sur le trottoir en jogging, on entre dans un métro rempli de chevaliers en armure, on peut dire que le générique donne dans l’originalité. On pourrait croire que la série entière se déroule dans une sorte de jeu de rôle en ligne, à la manière d’un .hack, mais tout semble on ne peut plus réaliste et cohérent et l’idée du jeu de rôle est assez inconcevable, d’autant plus que plusieurs personnages importants sont affichés sur des pancartes sur un bus ou dans les couloirs du métro dans le générique. J’y vois plutôt une sorte de métaphore, et ça devient très intéressant de voir dans quel rôle on a placé les différents personnages, peut-être qu’on peut aussi y déceler quelques messages concernant la série et ce qui l’entoure. Un grand nombre d’inscriptions sont aussi écrites sur les murs et les pancartes, la dernière qui montre tous les personnages de la série (mais en mode heroic-fantasy cette fois) affichant par exemple une mystérieuse date (Juillet 2009). Simple hasard, date de sortie définitive du jeu de rôle massivement multijoueur Recovery of Babylim qui est à ce jour en production jumelée ? Rien n’est moins sûr… Ce que le générique a d’excellent, c’est que la musique commence dans un rythme assez humoristique pour lentement glisser vers l’intensité et se terminé sur Jil et Kaaya se serrant l’un contre l’autre dans la tour de Druaga avec une musique beaucoup plus sérieuse et intense. Sans doute le générique le plus subtil et changeant qu’il m’ait été donné de voir jusqu’à maintenant, lui seul nous expose tout un tas de questions et d’indices tout en nous transmettant le rythme très soutenu de la série, un exploit ! L’ending est quand à lui beaucoup plus classique, mais pour une fois on a droit à une musique au rythme soutenu, ça fait du bien de ne pas se sentir obligé de couper le générique pour ne pas s’endormir devant son écran (il aurait sans problème pu servir d’opening à une autre série). Par ailleurs, celui-ci est beaucoup plus en accord avec le côté sérieux de la série, et il se laisse écouter et regarder de bout en bout sans problème. Une seule question pèse vependant sur cet ending : qui est cette femme qu’on aperçoit tout au début du générique ? Peut-être la divinité Ishtar ? Patience, la suite de la série de la série nous le dira sûrement…

 

 

   

   

 

Niveau réalisation et chara-design, je pense qu’il est inutile de préciser qu’on a affaire à du lourd, et même si a de rares moments le visage des personnages semble bouffi ou si les profils sont un peu étroits, le tout reste très expressifs et en accord avec le côté sérieux de la série comme avec son côté humoristique (Gonzo n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle, et a même la réputation d’en faire trop). La réalisation atteint parfois des sommets, comme pour la scène de la rencontre avec Kaaya, et elle reste d’excellente facture tout au long des épisodes, les décors et les personnages sont d’ailleurs beaucoup plus soignés à partir de l’épisode deux que dans le premier épisode, et ce même lors des passages comiques (l’épisode cinq bénéficie d’une réalisation de haute volée et ne fait pourtant que dans l’humour). Les musiques sont pour le moment peu nombreuses, mais les quelques compositions qui ont montré le bout de leur nez sont pour le moment très réussies et collent parfaitement avec l’action et l’ambiance très étoffée de la série (rappellons que c’est Hitoshi Sakimoto qui s’occupe des musiques de la série, entre autres compositeur de Final Fantasy XII, jeu dont j’ai adoré l’OST). Le design des personnages a bénéficié d’un soin tout particulier leur donnant toujours un côté unique tout à fait en accord avec leur caractère un peu à part qui serait plutôt celui de personnes de notre époque (là aussi on peut y voir un lien avec le générique d’ouverture). Notons pour finir que pour contrer le fansub de plus en plus gradissant, et de ce fait gênant pour la ditribution des séries au Japon comme au travers du reste du monde, Gonzo a lancé une diffusion gratuite de la série sur Youtube en sous-titré anglais, une très bonne initiative qui a aussi l’avantage de populariser davantage la série ! Le premier épisode parodique existe d’ailleurs en une seconde version qu’on ne peut obtenir que par des moyens payants montrant ce qui se passe pendant que le héros est dans les vappes au lieu de nous montrer ses délires nocturnes, une méthode aussi contestable mais qui au final ne fait pas perdre grand-chose à l’amateur de gratuité, puisque ce premier épisode est une démarche brillante pour lancer la série et qu’une version plus classique aurait fortement fait baissé la curiosité qui entoure la série. Là aussi, on a affaire à une démarche commerciale intelligente qui montre bien que la distribution de la série ne tient absolument pas du hasard ou de l’amateurisme.

 

 

The Tower of Druaga ~ Aegis of Uruk (ou tout simplement Druaga pour les intimes) est donc une des séries qui se hisse sans problème sur le podium décidément très large des nouveautés du mois d’avril, et excelle avec une maîtrise parfaite de ses personnages et son univers tout en renouvelant avec brio les clichés du genre très statique de l’héroic-fantasy, nous plongeant de surcroît dans un scénario bien plus complexe qu’il n’y paraît tout en n’oubliant pas l’humour et les nombreuses références qui parsèment ce début de série. Une adaptation qui se révèle être bien plus qu’une simple transcription animée et brille par sa richesse, son intelligence et sa maîtrise. Même si tout le monde n’y trouvera pas son compte à cause de ses tendances contrastées et de ses méthodes contradictoires et controversées, Druaga est l’une des séries remarquables des sorties du mois d’avril, et même si elle n’est pas la meilleure d’entre elles elle fera sans doute des émules, les épisodes à venir nous diront si la série pourra faire face à la concurrence très rude qui la menace !

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Gen'Seirin' Kokoro 15/12/2008 08:47

C'est une erreur de juger la série à son premier épisode, comme je l'ai dit ce n'est qu'une inroduction amusante à l'histoire quand même plus sérieuse de la série (même si l'humour reste présent de manière très agréable, au départ dumoins).J'ai quand même déchanté à la suite des épisodes qui ont engendré ce premier coup d'oeil. Jusqu'à l'épisode 5 c'était un sans fautes, avec humour et sérieux savamment dosés, et puis j'ai l'impression d'avoir assisté à une dégringolable vers l'absurde pour finalement toucher le fond à l'épisode 7 : animation bâclée, aucune ambiance, épisode monstrueusement cliché alors qu'on pensait pouvoir éviter ce phénomène à la suite du premier épisode, humour nullissime comparé aux prouesses de l'épisode 5, bref, j'ai eu bien du mal à terminer la série. La qualité de la suite remonte quelque peu mais sans égaler le niveau du début de la série, et puis ils ont osé faire mourir mon personnage préféré alors qu'il avait encore un bon potentiel scénaristique. D'après les rumeurs une seconde saison est prévue pour 2009, on verra bien ce que ça donne, mais je n'y crois plus trop.Le début était accrocheur, mais j'ai été vraiment déçu et j'en veux définitivement à cette série qui aurait pu se hisser très haut mais a fini dans la médiocrité :/

Tim 13/12/2008 11:27

Je n'ai pas accrocher directement à cause de l'histoire bidon du début, quoi que très drôle. Mais au fur et à mesure que l'histoire avance, on s'attache au personnages.
De plus, comme le dit si bien notre ami "mom", le coup de crayon est super sympa.

Gen'Seirin' Kokoro 25/05/2008 20:53

Ton premier commentaire a bien été posté, c'était inutile d'en poster un second, je n'avais juste rien de spécial à y répondre ^^Néanmoins, merci de tes visites :)Et attention aux préjugés, les "mangas" ne sont pas réservés qu'aux ados, toute personne un minimum ouvete d'esprit peut y trouver son compte, on parle beaucoup trop de ce qu'on ne connaît que très peu !

mom 24/05/2008 12:39

meme si je ne suis pas fan de mangas joli coup de crayon a+

mom 16/05/2008 08:21

je ne suis pas fan de mangas mais je trouve les dessins très chouettes a+