Shojo, mais pas trop ; c’est ainsi qu’on pourrait définir le début de cette série qui fait déjà beaucoup parler d’elle.
True Tears, comme son titre l’indique, c’est un animé qui parle de
larmes, mais attention : pas de larmes misérables et pathétiques mais de larmes pures et bienfaisantes, des larmes qu’il est bon de recueillir et de conserver pour toujours en souvenir de ces
moments de solitude, de déception et d’amertume où tout ne peut aller que mieux.
True Tears, c’est avant tout une histoire de larmes véritables !
L’histoire de l’animé, loin de tomber dans le pathétique, se concentre autour de plusieurs personnages distincts : comme dans tout shojo qui se respecte, ce sont les demoiselles qui sont les
véritables héroïnes de cette histoire.
Yuasa Hiromi est d’apparence une jeune fille pleine de vie, et reste souriante et amicale en toutes circonstances dans l’enceinte du lycée,
mais elle cache pourtant une mélancolie secrète, et chez la famille qui l’a recueillie suite à la mort de son père elle se montre distante et isolée et ne parle jamais plus que le veut la
politesse. Même si elle vit avec
Nakagami Shinichiro, un garçon qu’elle connaît depuis l’enfance, les deux adolescents ne se sont jamais véritablement parlés, et la tension dans
le foyer est palpable, la mère de
Shinichiro ne montrant absolument aucune affection à l'égard d'
Hiromi, la considérant au mieux comme une bonne à tout faire,
alors qu’elle déborde d’affection pour
Shinichiro qui n'en veut pas et la rejette constamment. Seul le père de la famille semble un peu équilibré, tentant au mieux de ne pas
laisser s’envenimer les choses, sans vraiment s’impliquer non plus. Déjà un point sur lequel la série se montre intéressante : enfin on ne nous montre pas une famille parfaite débordant de
bonheur, et ce foyer semble tout ce qu’il y a de plus durement réel, avec ses tensions, ses haines et ses amours secrets et son quotidien de plus en plus lourd chaque jour. Alors que ce petit
monde n’évolue pas vraiment, une jeune fille atypique du nom d'
Isurugi Noe vient soudainement bousculer l’univers de
Shinichiro, se liant tout d’abord d’amitié
avec un poulet avant de tourner son dévolu vers ce pauvre
Shinichiro qui se verra offrir des graines en guise de symbole d’affection. Mais la comparaison avec le poulet n’est pas
anodine, car
Noe nous raconte que ce poulet très spécial a un rêve : il veut voler mais ne peut y arriver, un peu comme notre
Shinichiro "aux cafards dans les
chaussures" (ref. contine de
Noe) qui n’arrive pas à s’épanouir dans ses sentiments.
Noe lui dit très vite qu’elle a une particularité : elle ne peut pas
pleurer, non pas qu’elle n’y arrive pas, même dans la tristesse aucune larme ne lui vient aux yeux. C’est là que le lien avec le titre de la série devient évident :
Noe s’est
fixé comme objectif de récolter des larmes dans un petit récipient accroché à son cou pour lui permettre de pouvoir pleurer à nouveau un jour et enfin se libérer de sa tristesse. C’est donc après
la mort malencontreuse de son poulet favori et après avoir balancé des malédictions à tout va sur un poulet égoïste comme sur
Shinichiro qu’elle décide finalement qu’elle va
récolter ses larmes sans lui demander son avis, mais pas des larmes faibles, des larmes sincères et pures ! Un autre personnage vient s’ajouter au groupe,
Ando Aiko, jeune fille
apparemment heureuse mais secrètement amoureuse de
Shinichiro, un personnage qu’on connaît encore très peu pour le moment mais qui préserve certainement lui aussi sa part de
mystère. On peut déjà imaginer que l’étrange
Noe voudra peu à peu récolter les larmes les plus pures de toutes ces personnes pour retrouver les siennes au cours de moultes
retournements de situations et de révélations surprenantes, de quoi remplir sans problème la douzaine d’épisodes que comptera la série.
Pour une série qui se présente comme moyenne,
True Tears bénéficie pourtant d’une réalisation épatante qui la classe dores et déjà dans un rang supérieur. En dehors des clichés
rafraîchissants des personnages et de l’histoire, la série nous offre un délicieux spectacle pour les yeux, et ce dès les premières secondes de l’
opening qui nous plonge d'emblée dans une marée de couleurs chatoyantes automnales, le reste des premiers épisodes reste du même acabit avec des
couleurs vivantes, chaudes et un trait absolument parfait du charadesign. C’est d’autant plus évident lors des gros plans sur le visage des personnages : le détail est poussé jusqu’aux yeux qui
brillent et se montrent étonnamment vivant et expressifs. Une qualité vraiment appréciable qui n’est sans doute pas pour rien dans l’intérêt de la série, c’est aussi grâce à cette maîtrise
graphique que la série réussi à reprendre les clichés du shojo train de vie en les rafraîchissants pour les rendre savoureux, et ça sans jamais tomber dans le fantastique ni dans l’humour
déplacé, une très bonne performance qu’on aimerait retrouver dans bien d’autres séries du même type ! Au niveau sonore, les musiques sont dans la lignée de l’esprit de la série, elles sont très
appréciables dans leur contexte sans être exceptionnelles, et soutiennent parfaitement les scènes qu’elles illustrent, les quelques morceaux de piano sont plutôt efficaces et retranscrivent très
bien les sentiment houleux de nos protagonistes, en nous épargnant un usage trop intensif du violon et des envolées lyriques, ce qui est d’autant plus appréciable même si on retrouve souvent des
reprise de l’opening. Sur bien des points,
True Tears sait où est sa place, et n’en fait jamais trop même si elle en fait déjà beaucoup, et ces premiers épisodes se laissent déguster
avec plaisir et avancent déjà beaucoup dans le scénario, confrontant nos personnages à toutes sortes de sentiments parfois inhabituels sans jamais tomber dans le pathétique. Une belle histoire de
tristesse et de force retrouvée dans les larmes. On peut cependant noter qu’aucun personnage n’a encore versé une seule larme, on peut supposer que ces scènes seront le point culminant de la
série et seront très soignées, de quoi donner envie d’en voir un peu plus.
Vous voulez une petite série simple mais agréable, vous en avez marre des ninja et des ados prépubères qui sauvent le monde ? Ici pas de fantastique, pas de magie, pas de grands drames,
True
Tears nous raconte une histoire réaliste de confusion des sentiments, le genre de série qui ne vous laisse pas indifférent et vous confirme que non, vous ne regardez pas des animés pour rien
; une série pleine d’espoir et de force qu’il est bon de regarder par moments pour se remettre les idées en place, et qui pourrait même vous mettre la larme à l’œil. Alors pensez à prévoir des
mouchoirs, ou vous risquez de voir débarquer
Isurugi Noe avec ses graines pour poulets et son petit flacon pour récolter vos larmes ! Une série à suivre de près !
Qui aurait cru qu'un animé parlant de larmes puisse dégager une telle joie de vivre ? :)
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