Ah,
Valkyrie Profile, comment ne pas rester insensible à la simple évocation de ce nom, synonyme d’une profondeur de jeu inouïe doublée d’un
gameplay à faire trembler les plus grands du monde du jeu-vidéo, alliant finement tactique et furie dans des combats mémorables, s’éloignant volontairement de la jouabilité classique des RPG pour
explorer de fond en comble un système de jeu simpliste bourré d’astuces et de tours de main prodigieux, le tout baigné dans les innombrables mythes de la méconnue mais fascinante mythologie
scandinave sans pour autant dénaturer ses légendes et ses personnages ?
Valkyrie Profile, c’est une expérience unique, et ce second volet le prouve encore une fois tout en mettant en
avant des différences flagrantes et une toute autre dimension de jeu… En route pour
Valhalla, la demeure des nymphes guerrières !
Ce premier paragraphe est une brève ébauche de la mythologie scandinave, il est donc assez long et ne parle pas concrètement du jeu
Valkyrie Profile, mais permet d’en comprendre
plusieurs aspects, si le sujet ne vous intéresse pas je vous conseille de passer directement à la seconde partie, même s’il est toujours bon d’enrichir un peu sa culture. Pour bien comprendre le
contexte de l’univers du jeu, il faut bien évidemment s’attarder brièvement sur la richissime mythologie dont il puise son univers et nombre de ses personnages : moins connue que la mythologie
grecque et que son panthéon, les anciens barbares nordiques (surnommés ainsi à mauvais titre, bien loin des clichés des vikings barbus cornus que les guerres antiques nous ont rapporté d’eux)
bénéficiaient d’une culture foisonnante et d’une mythologie complexe dotée d’une pléiade de divinités et d’une conception du monde unique. Le plus connu d’entre ces dieux nordiques est
certainement
Thor, le dieu de la foudre mais aussi du combat guerrier, armé de son marteau
Mjöllnir, il est aussi le gardien de
Midgard, terre des hommes, ce qui lui a valu sa
popularité. La mythologie nordique conçoit le monde d’une manière bien spécifique, bien loin du tiraillement occidental partagé entre une vision du monde « plat » et celle d’une sphère. En effet,
le centre du monde tel qu’il est perçu dans les mythes germaniques est
Yggdrasil, l’
Arbre-Monde, aussi nommé
Colonne
d’Irmin (
Irmunsul) ou «
Arbre Cosmique », frêne immense qui prend racine au cœur d’
Asgard, royaume des dieux
Ases - ou
Aesirs - (royaume qui est lui-même au
centre de
Midgard, le monde que foulaient les peuples germaniques à proprement parler), dieux guerriers opposés à une autre famille de dieux, les
Vanes, maîtres de la fécondité et des arts occultes. Les divers plans du monde germanique reposent sur les branches d’
Yggdrasil, le monde
des hommes et des dieux est à ses pieds et ses racines s’enfoncent dans la terre jusqu’aux trois enfers primordiaux :
Niflheim, enfer de
ténèbres et de glace ;
Muspellheim, enfer brûlant ; et
Hel,
l’au-delà, le lieu où vont toutes les âmes déchues, que ce soit celles des hommes ou celles des dieux. C’est aussi la particularité de la mythologie nordique : les divinités n’ont pas le luxe de
l’immortalité, et peuvent bel et bien mourir et finir dans l’au-delà.
Les plans du monde scandinaves regroupent trois mondes sur chaque échelon d’
Yggdrasil, soit neuf au total. Dans le « feuillage » de l’
Arbre-Monde, on trouve
Asgard,
Vanaheim (royaumes des deux familles de dieux respectives) et
Alfheim, terre des elfes, peuple ayant inspiré la plupart des RPG dans l’univers du jeu-vidéo. Au pied d’
Yggdrasil, on trouve bien sûr
Midgard, mais aussi tout autour du monde connu
Jotunheim (aussi appelé
Utgard), territoire inexploré des
géants qui menacent sans cesse la stabilité d’
Yggdrasil et combattent les dieux pour restaurer le chaos ; et
Nidavellir,
territoire des nains, un peuple extrêmement important dans la mythologie scandinave, souvent mêlé/confondu avec les elfes dits « sombres » de
Svartalfheim (beaucoup d’indices tendent à prouver que ces deux derniers plans n’en sont qu’un seul et unique), les trois enfers primordiaux
s'étendent quand à eux sous les racines d'
Yggdrasil. Le pont qui relie
Midgard à
Asgard est appelé
Bifröst, il est gardé jour et nuit par le dieu
Heimdall, deux aspects mythologiques qu’on
retrouve dans le jeu.
Ull, divinité secondaire à priori sans importance dans le jeu, est aussi un dieu scandinave et incarne la chasse et l’hiver,
et
Loki est un dieu scandinave malicieux très populaire dans l’univers du jeu de rôle et de l'animation même si on ne le retrouve pas dans
Valkyrie Profile. On retrouve beaucoup d’autres créatures liées à la mythologie scandinave dans l’univers des jeux de rôle, comme le dragon
Fafnir,
Nidhogg (serpent qui ronge les racines d’Yggdrasil), le loup
Fenrir, l’écureuil
Ratatosk, l’aigle
Hraesvelg et même les
Trolls et autres créatures fantastiques en tous genres. La plupart de ces créatures sont liées à des mythes très spécifiques dans les légendes scandinaves. Une grande partie des
créatures du folklore celtique tirent leur origine de cette même mythologie, qui n’a rien à envier aux mythes gréco-romains beaucoup plus popularisés au cours du temps.
Dans tout ça,
Odin est donc le seigneur des
Ases, et par la même occasion le dieu de la guerre et de la victoire, il est
toujours armé de sa lance
Gungnir, et chevauche sa monture
Sleipnir. On retrouve beaucoup
d’aspects mythologiques de ce personnage dans
Valkyrie Profile. Pour se préparer à la fin du monde, le
Ragnarök, crépuscule des dieux
(littéralement «
Consommation du Destin des Puissances »),
Odin recueille la moitié des âmes des guerriers morts au combat pour renflouer les rangs de son armée lors de
la grande bataille finale qui l’opposera aux géants.
Freyja, déesse
Vane accueillie par un concours de circonstances au sein des
Ases, accueille quand à elle l’autre moitié des guerrier occis, cette séparation s’expliquant parfois par le sens du combat de ces guerriers : certains, dits
offensifs,
vouent un culte à la guerre et rejoignent
Odin ; d’autres, dits
défensifs, se battent pour leur famille et leur propriété et rejoignent
Freyja. Aucune
explication plus claire n’a cependant expliqué ce partage des âmes dans ce qu’on connaît actuellement de la mythologie scandinave (le plus grand nombre de renseignements nous viennent des
Eddas, des manuscrits poétiques du treizième siècle). Les fameuses
Valkyries (Val-Kyrie =
Seigneur des Occis, par étymologie « Celles qui choisissent les occis ») s’occupent dont d’aller chercher les guerriers morts sur les champs de bataille pour les amener dans le sanctuaire
d’
Odin,
Valhalla (Val-Halla = Halle des Occis), où ils s’entraînent et festoient à longueur de temps dans l’attente du
Ragnarök. Les
Valkyries sont donc des nymphes guerrières dévouées à
Odin, qui chevauchent des loups dans les champs de bataille et donnent la
mort aux guerriers les plus courageux pour emmener leur âme, ils deviendront alors des
Einherjar, encore un terme repris tel quel par le jeu.
A l’instar des
Nornes, trois divinités qui tissent le
Wyrd, la toile du Destin
(
Urd = Le Passé,
Verdandi = Le Présent et
Skuld = Le Futur), les
Valkyries sont des divinités mineures au service des dieux,
leur nombre est très variable, il est même probable qu’il soit infini ou in
défini, même si certains poèmes les limitent à moins d’une dizaine, on y trouve le plus souvent des divinités
héroïques comme
Brynhildr ou
Hrist (une des trois valkyries dans
Valkyrie Profile),
Skuld est même une
Valkyrie tout
en faisant partie des trois
Nornes. Les
Valkyries sont toujours représentées comme des vierges à la beauté sans pareil vêtues d’une armure légère, blondes aux
yeux bleus, ces divinités avaient une importance considérable pour les guerriers nordiques qui avaient l’honneur de mourir au combat pour devenir
Einherjar. La mythologie décrit
avec précision la création du monde (à partir du cadavre du géant
Ymir) et sa destruction ainsi que sa renaissance, si vous voulez davantage
d’informations à propos de la mythologie scandinave (aussi dite mythologie germanique ou nordique), je vous conseille de vous reporter au bas de l’article et d’y parcourir les quelques liens qui
y sont cités.
Alors que ces mythes sont scandinaves extrêmement riches sont la plupart du temps exploités sans jamais être plus fouillés, ou qu’ils restent à l’état de
source d’inspiration dans un nombre considérable de jeux en tous genres,
Valkyrie Profile replace directement son histoire dans l’univers mythologique scandinave (en la simplifiant
néanmoins un peu pour les besoins du jeu), c’est donc tout naturellement qu’on trouve d’innombrables allusions à des légendes et des épopées scandinaves, la plupart du temps sans même y faire
attention et les prenant simplement pour des inventions du jeu. Toutes les divinités représentées et évoquées dans
Valkyrie Profile : Silmeria ont une origine mythologique, et même les
noms des lieux traversés font parfois référence aux mythes scandinaves, comme le Volcan
Surts,
Surtur étant une divinité scandinave
relative au feu et à la chaleur. Il n’est pas dit si les trois valkyries
Lenneth,
Silmeria et
Hrist (les noms des deux premières ont été
inventés pour les besoins du jeu) font partie d’une pléiade d’autres valkyries ou si le jeu met en avant une représentation tripartie du mythe de la
Valkyrie, mais aucune autre
valkyrie n’est citée ni même sous-entendue, ce qui me ferait plutôt pencher pour la seconde thèse. Dans tous les cas, avec un background de cette ampleur, aussi riche que peut l’être la
mythologie scandinave dont nous ne connaissons au final qu’une maigre partie, le jeu ne pouvait partir que sur une bonne base, si tant est qu’il l’exploitait correctement. L’univers de
Valkyrie Profile est avant tout mythologique, même si sa géographie est naturellement beaucoup plus libre, tout comme l’identité et l’histoire de ses protagonistes.
Valkyrie
Profile ne fait pas l’erreur de calquer directement son scénario et ses personnages sur les mythes scandinave, et s’en sert seulement comme base.
Lenneth, même si elle est
inspirée par plusieurs légendes et par l’image de la
Valkyrie mythologique, est un personnage totalement fictif, une valkyrie dont le but est de recueillir des
Einherjar
pour
Odin et les emmener au
Valhalla tout en redécouvrant peu à peu son passé. Le premier opus du jeu se concentrait principalement sur cette quête et
développait très largement l’histoire de ces guerriers déchus, déshonorés et imbus, les plus dignes de rejoindre les rangs de l’armée d’
Odin. Contrairement à ce dernier,
Valkyrie Profile : Silmeria se concentre sur son scénario et abandonne complètement l’histoire des
Einherjar, les faisant passer pour de simples personnages jouables en
combat à l’histoire à peine survolée si on prend la peine de la lire dans le menu. C’est la principale différence entre ces deux
Valkyrie Profile, et celle qui a le plus de chances de
décevoir les fans du premier jeu par rapport à son successeur. Alors que le premier
Valkyrie Profile mettait en scène différentes histoires tragiques avec toutes sortes de protagonistes
imaginables, où
Lenneth faisait plutôt office de témoin,
Silmeria prend une place centrale dans une quête qui met en danger
Midgard et nous
emporte dans une aventure ayant pour but de sauver la terre des hommes comme celle des dieux, une sorte de
Ragnarök avant l’heure en quelque sorte. Les petites histoires
indépendantes des
Einherjar sont donc remplacées par une aventure unique plus vaste, les deux jeux n’ont donc en commun que leur background mythologique, le second s’écartant
volontairement du premier pour éviter de taper dans le « remake » et créer une suite à part entière. Un pari dangereux et beaucoup moins facile qu’une simple adaptation en 3D du premier opus. Le
résultat se révèle donc être beaucoup moins intéressant même si l’histoire des personnages comble un peu ce vide, puisqu’au début du jeu les personnages ont tous un passé très lourd derrière eux
qui pourrait tout aussi bien faire l’objet d’un jeu vidéo, comme l’enferment d’
Alicia dans un château isolé, le passé de
Rufus ou encore ce qui a valu à
Silmeria d’être punie et sauvée de justesse lorsqu’elle s’est éveillée dans l’esprit d’
Alicia au lieu de s’y endormir pour l’éternité.
«
Princesse du haut royaume de Dipan, Alicia est une enfant quand une voix commence à lui parler, comme enfermée dans son esprit. La jeune princesse en parle
alors à son père, et hurle à la voix de définitivement quitter son corps, en vain. Le roi Barbosa de Dipan, effrayé par ce comportement étrange, condamne alors son unique fille à
l’exil et l’enferme dans un château abandonné sur le vieux continent. Confrontée à elle-même, à cette voix qui ne cesse de lui répéter qu’elle se nomme Silmeria et à celles des
guerriers qui sont sous sa tutelle, Alicia vivra enfermée dans cette cage solitaire jusqu’à cette nuit, où l’orage semble déchirer le ciel et menace de s’abattre sur le vieux
château… Fuis, Alicia, ils arrivent, je le sens… fuis… »
Même si au niveau de son déroulement scénaristique
Valkyrie Profile : Silmeria porte à controverse, son univers n’en reste pas moins fidèle et parfaitement retranscrit, et le gameplay
est de nouveau au rendez-vous. Le passage des combats à la 3D est un franc succès, les rendant par la même occasion plus tactiques, beaucoup moins bourrins que dans le premier opus où on se
contentait de se battre sur un plan en fonçant sur l’ennemi au bon moment (un peu à la manière d’un
Tales of Phantasia, en plus perfectionné). L’attaque en elle-même consiste souvent en
un acharnement sur les touches de la manette (à l’exception de celles qui correspondent à des personnages inefficaces contre certains types d’ennemis), mais la position de l’équipe par rapport à
l’adversaire prend une place très importante dans ses chances de victoire, tout comme l’utilisation de la magie et des nombreux objets disponibles au bon moment sous peine d’être confronté à une
mort imminente. Les combats sont d’une intensité phénoménale, les effets lumineux, les sons et les furies venant sans cesse titiller notre regard et nos oreilles lorsqu’on s’acharne sur un ennemi
tout en essayant d’éviter sa zone d’attaque et qu’on le découpe en morceaux dans une gerbe de cristaux, au sens propre du terme. Un acharnement jouissif qui prend toute son ampleur au fur et à
mesure de l’avancée du jeu, et des diverses aptitudes et fonctions débloquées tout au fil de l’aventure, le tout ajouté à des techniques impressionnantes et des ennemis honteusement coriaces qui
demandent une technique bien précise pour être vaincus. Le plaisir du gameplay est même prolongé puisqu’un donjon supplémentaire très corsé vient s’ajouter à la carte du monde une fois qu’on a
atteint la dernière sauvegarde du jeu, la
Porte Divine (
Seraphim Door dans la version anglophone), un donjon qui offre facilement des dizaines d’heures de jeu supplémentaire,
puisqu’on peut cumuler le nombre de fois qu’on le termine, tout comme pour le jeu en lui-même. A chaque fin de jeu, la possibilité de recommencer une partie à un niveau plus élevé nous est
offerte, le tout plus d’une trentaine de fois avant d’atteindre la difficulté maximale, et le passage d’un niveau de difficulté à une autre se fait généralement sentir. Tout est donc pensé pour
pousser le gameplay et la durée de jeu à son maximum, sachant que pour terminer une fois l’aventure il faut bien soixante-dix heures de jeu cumulées en avançant tranquillement. Multipliez le tout
par trente, ajoutez le nombre d’heures supplémentaires que vous passez à la
Porte Divine, et vous obtiendrez une durée de vie assez monstrueuse, si tant est que vous ayez envie de
poursuivre le plaisir jusqu’à ses derniers retranchements.
Valkyrie Profile : Silmeria propose un système de jeu complexe à l’instar des anciens RPG qui revendiquaient leur statut de
soft accessible aux vrais connaisseurs, le système d’acquisition de techniques, de compétences, d’orbes et même le déplacement en dehors des combats demande un réel travail de prise en main des
nombreuses capacités du jeu. Il est donc courant de passer des heures dans le menu, ou de bloquer en essayant d’atteindre une zone apparemment inaccessible où est pourtant posé un coffre
mystérieux. Une jouabilité très fouillée et complète, autant pendant les combats que dans les donjons et même en ville, où il faut souvent parler aux gens pour débloquer des donjons annexes et
même y retourner à un niveau plus élevé. Autant dire que terminer le jeu à 100% relève de l’exploit historique.
Valkyrie Profile : Silmeria s’impose aussi de part sa qualité graphique, le déroulement latéral des décors demande beaucoup moins de travail qu’un immense univers en 3D, mais même cet
aspect a été tiré à son avantage en nous exposant des décors très travaillés et soignés faisant certainement de
Valkyrie Profile l’un des plus beaux jeux de la PS2. Les paysages
traversés fourmillent de détails, jusqu’à l’intérieur des maisons avec les rideaux qui flottent au vent et des rayons de soleil qui percent les vitres, même l’herbe des praires verdoyantes est
remuée par le vent et des nuages de pétales s’envolent des champs de fleurs. Les villes ne sont pas en reste, affichant des maisons à l’architecture fouillée et réaliste, transformant la plupart
du temps des paysages anodins en véritable peintures, et comment ne pas parler des couloirs impétueux du
Valhalla, décorés de colonnes de marbre et de longs tapis rouges. C’est un aspect
de jeu qui était déjà très fouillé dans le premier
Valkyrie Profile, le qualité graphique n’a rien perdu dans ce passage à la 3D, et même la brève cinématique d’introduction affiche une
modélisation parfaite et des couleurs effacées pour un rendu impeccable. L’avantage du défilément latéral des décors et qu’il donne l’occasion de travailler beaucoup plus précisément les décors
que pour un jeu en 3D classique, et ça se ressent, du coup la qualité graphique reste difficile à maintenir et certains lieux paraîtront bien vides par rapport à d’autres.
Car oui, il a beau être la digne suite de
Valkyrie Profile, le jeu a quand même des défauts. Tout d’abord, et c’est ce qui m’a le plus gêné, la mise en scène. Je constate que dans la
plupart des jeux récents la mise en scène est complètement délaissée au profit du gameplay, c’est vraiment dommage, et ça nuit vraiment à l’attachement et au charisme des personnages. Les
cinématiques sont souvent expédiées à la va-vite, et même les dialogues s’emble n’avoir pas bénéficié d’un grand soin. Les relations entre les personnages ne se développent pas un iota, même
Alicia se laisse prendre de haut par
Silmeria du début à la fin alors que cette dernière est censée être dans sa tête depuis des années avant le début du jeu et
donc dépendre complètement d’elle, d’ailleurs j’ai du mal à gober que ça ai pu la rendre aussi niaise, je comprend sa timidité mais pas sa simplicité d’esprit, d’autant plus qu’avec
Silmeria enfermée avec elle (et donc seule personne avec qui communiquer) durant tout ce temps elle aurait dû prendre de la graine. Pourtant, les deux jeunes femmes paraissent ne
même pas se connaître. Et
Rufus qui a le béguin pour
Alicia sans que ça aille plus loin, vraiment navrant. C’est bien beau les scènes de rougissement mutuel,
mais je m’attendais quand même à ce que ça aille un peu plus loin. Les personnages de
Silmeria et
Hrist et leur petit jeu de dualité sont déjà beaucoup plus
intéressants, même si la véritable identité de
Leone saute aux yeux dès sa première rencontre. D’ailleurs comment
Arngrim peut-il lui faire aveuglément confiance
s’il la connaît depuis si peu de temps lorsque l’équipe les rencontre ? J’ai aussi du mal à comprendre comment
Brahms, Seigneur des Revenants, ai pu se cacher dans le corps de
Dylan alors que ce dernier a été éveillé en tant qu’
Einherjar au début du jeu. D’ailleurs, je ne vois pas ce qu’il vient faire là, ce « Seigneur des Revenants »,
et qu’est-ce que c’est que cette histoire d’Orbe du Dragon ? Ils n’avaient pas assez de choix dans les artefacts des mythes scandinaves, ils étaient vraiment obligés d’en inventer un aussi
ridicule ? Est-ce que c’est un cross-over volontaire entre
Valkyrie Profile et
Dragon Ball Z ? … Non, sérieusement, le gameplay est certes excellent et le côté graphique très
réussi, mais niveau personnages et scénario ils auraient vraiment pu mieux faire, heureusement que les qualités du jeu rattrapent sans problème ses défauts un peu stupides, toutes ces simplicités
auraient vraiment pu être évitées. Heureusement que le charadesign est réussi, j’aime au moins les personnages pour ça. Le scénario de
Valkyrie Profile : Silmeria succède un peu
piètrement à la superbe histoire de la mort de
Platina et aux questions qui ne cessent de revenir à l’esprit du joueur quand à l’identité de
Lenneth dans le
premier opus de la série…
Les musiques, même si elles sont moins bonnes que celles du premier opus, sont quand même très agréables à écouter (surtout grâce à l’instrumentalisation, la composition manque souvent de punch),
je trouve quand même que certains thèmes écrasent littéralement les autres, comme celui de l’introduction, ou celui de la sublimissime carte du monde (j’en ai jamais vu d’aussi précise, à ce
niveau là c’est presque du photoréalisme, on pourrait presque s’y voir se promener, et la musique fait littéralement plâner…). Le thème de combat est sympathique, mais n’égale pas le génial
‘The Unfinished Battle with God’ Syndrome. Notez quand même qu’on peut combattre avec la version originale de ce dernier lorsqu’on recommence une partie, j’aurais quand même préféré
combattre avec la version arrange, ça aurait été fabuleusement jouissif de pouvoir casser du monstre pendant que les instruments s’acharnent comme des dingues. Signalons aussi le très bon
doublage anglais des personnages, c’est toujours plaisant de les entendre hurler pendant les combats, et sortir une phrase très classe dès qu’ils démembrent un ennemi. En plus de ça, on a eu
droit à une excellente traduction de l’intégralité des textes du jeu, jusqu’au furies et aux victoires des combats, les dites « purifications », et même à la petite icône de la caméra qui indique
parfois "libre" en combat. Derrière tous ces aspects plus ou moins positifs, la trame générale reste une peu brouillée, et on a souvent du mal à savoir ce qui se passe / ce qui vient de se
passer. On cerne avec une facilité étonnante les personnages, mais on est complètement dépassé par ce qu’ils font, c’est une des particularités étranges de ce second volet. D’autant plus qu’avec
cette mise en scène bâclée, aucune émotion ne nous est transmise et on observe sans être vraiment dedans en attendant qu’on nous laisse reprendre les manettes pour casser du monstre dans une
mêlée incompréhensible de coups et d’effets lumineux pourtant bien plus immersifs.
Valkyrie Profile : Silmeria s’impose donc par ses qualités inégalées, que ce soit au niveau du gameplay ou des graphismes, mais il affiche aussi un grand nombre de faiblesses au niveau
du scénario et de ses personnages qui rendent l’histoire assez inaccessible et peu encline à être répétée plusieurs fois pour faire perdurer le gameplay jusqu’aux limites étonnamment larges du
jeu. Au final, il se laissera déguster sans problème pour sa jouabilité, ses combats, sa beauté et son univers mais le plaisir sera quelque peu gâché par des personnages trop calfeutrés et une
histoire parfois incompréhensible, parfois trop classique. Le déséquilibre est évident, marque d’une stabilité difficile à retrouver après le monstrueux succès que fut l’inoubliable
Valkyrie
Profile à son époque, toujours largement devant son petit frère qui ne sait plus vraiment où donner de la tête, oscillant sans arrêt entre chef d’œuvre unique en son genre et suite
ratée…
Quelques liens pour en savoir plus à propos de la mythologie scandinave :
Wikipedia :
Mythologie scandinave /
Yggdrasil /
Odin /
Valkyrie /
Ragnarok
Informations supplémentaires :
La Religion Nordique
La Mythologie Scandinave
Yggdrasil, l'arbre-monde
Le Grand livre de la Mythologie Scandinave
Dictionnaire de la Mythologie Nordique
Derniers Avis