Valkyrie Profile ~ Silmeria - La chevauchée des Valkyries

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro

        Ah, Valkyrie Profile, comment ne pas rester insensible à la simple évocation de ce nom, synonyme d’une profondeur de jeu inouïe doublée d’un gameplay à faire trembler les plus grands du monde du jeu-vidéo, alliant finement tactique et furie dans des combats mémorables, s’éloignant volontairement de la jouabilité classique des RPG pour explorer de fond en comble un système de jeu simpliste bourré d’astuces et de tours de main prodigieux, le tout baigné dans les innombrables mythes de la méconnue mais fascinante mythologie scandinave sans pour autant dénaturer ses légendes et ses personnages ? Valkyrie Profile, c’est une expérience unique, et ce second volet le prouve encore une fois tout en mettant en avant des différences flagrantes et une toute autre dimension de jeu… En route pour Valhalla, la demeure des nymphes guerrières !



Ce premier paragraphe est une brève ébauche de la mythologie scandinave, il est donc assez long et ne parle pas concrètement du jeu Valkyrie Profile, mais permet d’en comprendre plusieurs aspects, si le sujet ne vous intéresse pas je vous conseille de passer directement à la seconde partie, même s’il est toujours bon d’enrichir un peu sa culture. Pour bien comprendre le contexte de l’univers du jeu, il faut bien évidemment s’attarder brièvement sur la richissime mythologie dont il puise son univers et nombre de ses personnages : moins connue que la mythologie grecque et que son panthéon, les anciens barbares nordiques (surnommés ainsi à mauvais titre, bien loin des clichés des vikings barbus cornus que les guerres antiques nous ont rapporté d’eux) bénéficiaient d’une culture foisonnante et d’une mythologie complexe dotée d’une pléiade de divinités et d’une conception du monde unique. Le plus connu d’entre ces dieux nordiques est certainement Thor, le dieu de la foudre mais aussi du combat guerrier, armé de son marteau Mjöllnir, il est aussi le gardien de Midgard, terre des hommes, ce qui lui a valu sa popularité. La mythologie nordique conçoit le monde d’une manière bien spécifique, bien loin du tiraillement occidental partagé entre une vision du monde « plat » et celle d’une sphère. En effet, le centre du monde tel qu’il est perçu dans les mythes germaniques est Yggdrasil, l’Arbre-Monde, aussi nommé Colonne d’Irmin (Irmunsul) ou « Arbre Cosmique », frêne immense qui prend racine au cœur d’Asgard, royaume des dieux Ases - ou Aesirs - (royaume qui est lui-même au centre de Midgard, le monde que foulaient les peuples germaniques à proprement parler), dieux guerriers opposés à une autre famille de dieux, les Vanes, maîtres de la fécondité et des arts occultes. Les divers plans du monde germanique reposent sur les branches d’Yggdrasil, le monde des hommes et des dieux est à ses pieds et ses racines s’enfoncent dans la terre jusqu’aux trois enfers primordiaux : Niflheim, enfer de ténèbres et de glace ; Muspellheim, enfer brûlant ; et Hel, l’au-delà, le lieu où vont toutes les âmes déchues, que ce soit celles des hommes ou celles des dieux. C’est aussi la particularité de la mythologie nordique : les divinités n’ont pas le luxe de l’immortalité, et peuvent bel et bien mourir et finir dans l’au-delà.
Les plans du monde scandinaves regroupent trois mondes sur chaque échelon d’Yggdrasil, soit neuf au total. Dans le « feuillage » de l’Arbre-Monde, on trouve Asgard, Vanaheim (royaumes des deux familles de dieux respectives) et Alfheim, terre des elfes, peuple ayant inspiré la plupart des RPG dans l’univers du jeu-vidéo. Au pied d’Yggdrasil, on trouve bien sûr Midgard, mais aussi tout autour du monde connu Jotunheim (aussi appelé Utgard), territoire inexploré des géants qui menacent sans cesse la stabilité d’Yggdrasil et combattent les dieux pour restaurer le chaos ; et Nidavellir, territoire des nains, un peuple extrêmement important dans la mythologie scandinave, souvent mêlé/confondu avec les elfes dits « sombres » de Svartalfheim (beaucoup d’indices tendent à prouver que ces deux derniers plans n’en sont qu’un seul et unique), les trois enfers primordiaux s'étendent quand à eux sous les racines d'Yggdrasil. Le pont qui relie Midgard à Asgard est appelé Bifröst, il est gardé jour et nuit par le dieu Heimdall, deux aspects mythologiques qu’on retrouve dans le jeu. Ull, divinité secondaire à priori sans importance dans le jeu, est aussi un dieu scandinave et incarne la chasse et l’hiver, et Loki est un dieu scandinave malicieux très populaire dans l’univers du jeu de rôle et de l'animation même si on ne le retrouve pas dans Valkyrie Profile. On retrouve beaucoup d’autres créatures liées à la mythologie scandinave dans l’univers des jeux de rôle, comme le dragon Fafnir, Nidhogg (serpent qui ronge les racines d’Yggdrasil), le loup Fenrir, l’écureuil Ratatosk, l’aigle Hraesvelg et même les Trolls et autres créatures fantastiques en tous genres. La plupart de ces créatures sont liées à des mythes très spécifiques dans les légendes scandinaves. Une grande partie des créatures du folklore celtique tirent leur origine de cette même mythologie, qui n’a rien à envier aux mythes gréco-romains beaucoup plus popularisés au cours du temps.


         
 

Dans tout ça, Odin  est donc le seigneur des Ases, et par la même occasion le dieu de la guerre et de la victoire, il est toujours armé de sa lance Gungnir, et chevauche sa monture Sleipnir. On retrouve beaucoup d’aspects mythologiques de ce personnage dans Valkyrie Profile. Pour se préparer à la fin du monde, le Ragnarök, crépuscule des dieux (littéralement « Consommation du Destin des Puissances »), Odin recueille la moitié des âmes des guerriers morts au combat pour renflouer les rangs de son armée lors de la grande bataille finale qui l’opposera aux géants. Freyja, déesse Vane accueillie par un concours de circonstances au sein des Ases, accueille quand à elle l’autre moitié des guerrier occis, cette séparation s’expliquant parfois par le sens du combat de ces guerriers : certains, dits offensifs, vouent un culte à la guerre et rejoignent Odin ; d’autres, dits défensifs, se battent pour leur famille et leur propriété et rejoignent Freyja. Aucune explication plus claire n’a cependant expliqué ce partage des âmes dans ce qu’on connaît actuellement de la mythologie scandinave (le plus grand nombre de renseignements nous viennent des Eddas, des manuscrits poétiques du treizième siècle). Les fameuses Valkyries (Val-Kyrie = Seigneur des Occis, par étymologie « Celles qui choisissent les occis ») s’occupent dont d’aller chercher les guerriers morts sur les champs de bataille pour les amener dans le sanctuaire d’Odin, Valhalla (Val-Halla = Halle des Occis), où ils s’entraînent et festoient à longueur de temps dans l’attente du Ragnarök. Les Valkyries sont donc des nymphes guerrières dévouées à Odin, qui chevauchent des loups dans les champs de bataille et donnent la mort aux guerriers les plus courageux pour emmener leur âme, ils deviendront alors des Einherjar, encore un terme repris tel quel par le jeu. A l’instar des Nornes, trois divinités qui tissent le Wyrd, la toile du Destin (Urd = Le Passé, Verdandi = Le Présent et Skuld = Le Futur), les Valkyries sont des divinités mineures au service des dieux, leur nombre est très variable, il est même probable qu’il soit infini ou infini, même si certains poèmes les limitent à moins d’une dizaine, on y trouve le plus souvent des divinités héroïques comme Brynhildr ou Hrist (une des trois valkyries dans Valkyrie Profile), Skuld est même une Valkyrie tout en faisant partie des trois Nornes. Les Valkyries sont toujours représentées comme des vierges à la beauté sans pareil vêtues d’une armure légère, blondes aux yeux bleus, ces divinités avaient une importance considérable pour les guerriers nordiques qui avaient l’honneur de mourir au combat pour devenir Einherjar. La mythologie décrit avec précision la création du monde (à partir du cadavre du géant Ymir) et sa destruction ainsi que sa renaissance, si vous voulez davantage d’informations à propos de la mythologie scandinave (aussi dite mythologie germanique ou nordique), je vous conseille de vous reporter au bas de l’article et d’y parcourir les quelques liens qui y sont cités.


   



        Alors que ces mythes sont scandinaves extrêmement riches sont la plupart du temps exploités sans jamais être plus fouillés, ou qu’ils restent à l’état de source d’inspiration dans un nombre considérable de jeux en tous genres, Valkyrie Profile replace directement son histoire dans l’univers mythologique scandinave (en la simplifiant néanmoins un peu pour les besoins du jeu), c’est donc tout naturellement qu’on trouve d’innombrables allusions à des légendes et des épopées scandinaves, la plupart du temps sans même y faire attention et les prenant simplement pour des inventions du jeu. Toutes les divinités représentées et évoquées dans Valkyrie Profile : Silmeria ont une origine mythologique, et même les noms des lieux traversés font parfois référence aux mythes scandinaves, comme le Volcan Surts, Surtur étant une divinité scandinave relative au feu et à la chaleur. Il n’est pas dit si les trois valkyries Lenneth, Silmeria et Hrist (les noms des deux premières ont été inventés pour les besoins du jeu) font partie d’une pléiade d’autres valkyries ou si le jeu met en avant une représentation tripartie du mythe de la Valkyrie, mais aucune autre valkyrie n’est citée ni même sous-entendue, ce qui me ferait plutôt pencher pour la seconde thèse. Dans tous les cas, avec un background de cette ampleur, aussi riche que peut l’être la mythologie scandinave dont nous ne connaissons au final qu’une maigre partie, le jeu ne pouvait partir que sur une bonne base, si tant est qu’il l’exploitait correctement. L’univers de Valkyrie Profile est avant tout mythologique, même si sa géographie est naturellement beaucoup plus libre, tout comme l’identité et l’histoire de ses protagonistes. Valkyrie Profile ne fait pas l’erreur de calquer directement son scénario et ses personnages sur les mythes scandinave, et s’en sert seulement comme base. Lenneth, même si elle est inspirée par plusieurs légendes et par l’image de la Valkyrie mythologique, est un personnage totalement fictif, une valkyrie dont le but est de recueillir des Einherjar pour Odin et les emmener au Valhalla tout en redécouvrant peu à peu son passé. Le premier opus du jeu se concentrait principalement sur cette quête et développait très largement l’histoire de ces guerriers déchus, déshonorés et imbus, les plus dignes de rejoindre les rangs de l’armée d’Odin. Contrairement à ce dernier, Valkyrie Profile : Silmeria se concentre sur son scénario et abandonne complètement l’histoire des Einherjar, les faisant passer pour de simples personnages jouables en combat à l’histoire à peine survolée si on prend la peine de la lire dans le menu. C’est la principale différence entre ces deux Valkyrie Profile, et celle qui a le plus de chances de décevoir les fans du premier jeu par rapport à son successeur. Alors que le premier Valkyrie Profile mettait en scène différentes histoires tragiques avec toutes sortes de protagonistes imaginables, où Lenneth faisait plutôt office de témoin, Silmeria prend une place centrale dans une quête qui met en danger Midgard et nous emporte dans une aventure ayant pour but de sauver la terre des hommes comme celle des dieux, une sorte de Ragnarök avant l’heure en quelque sorte. Les petites histoires indépendantes des Einherjar sont donc remplacées par une aventure unique plus vaste, les deux jeux n’ont donc en commun que leur background mythologique, le second s’écartant volontairement du premier pour éviter de taper dans le « remake » et créer une suite à part entière. Un pari dangereux et beaucoup moins facile qu’une simple adaptation en 3D du premier opus. Le résultat se révèle donc être beaucoup moins intéressant même si l’histoire des personnages comble un peu ce vide, puisqu’au début du jeu les personnages ont tous un passé très lourd derrière eux qui pourrait tout aussi bien faire l’objet d’un jeu vidéo, comme l’enferment d’Alicia dans un château isolé, le passé de Rufus ou encore ce qui a valu à Silmeria d’être punie et sauvée de justesse lorsqu’elle s’est éveillée dans l’esprit d’Alicia au lieu de s’y endormir pour l’éternité.


   


« Princesse du haut royaume de Dipan, Alicia est une enfant quand une voix commence à lui parler, comme enfermée dans son esprit. La jeune princesse en parle alors à son père, et hurle à la voix de définitivement quitter son corps, en vain. Le roi Barbosa de Dipan, effrayé par ce comportement étrange, condamne alors son unique fille à l’exil et l’enferme dans un château abandonné sur le vieux continent. Confrontée à elle-même, à cette voix qui ne cesse de lui répéter qu’elle se nomme Silmeria et à celles des guerriers qui sont sous sa tutelle, Alicia vivra enfermée dans cette cage solitaire jusqu’à cette nuit, où l’orage semble déchirer le ciel et menace de s’abattre sur le vieux château…  Fuis, Alicia, ils arrivent, je le sens… fuis… »

Même si au niveau de son déroulement scénaristique Valkyrie Profile : Silmeria porte à controverse, son univers n’en reste pas moins fidèle et parfaitement retranscrit, et le gameplay est de nouveau au rendez-vous. Le passage des combats à la 3D est un franc succès, les rendant par la même occasion plus tactiques, beaucoup moins bourrins que dans le premier opus où on se contentait de se battre sur un plan en fonçant sur l’ennemi au bon moment (un peu à la manière d’un Tales of Phantasia, en plus perfectionné). L’attaque en elle-même consiste souvent en un acharnement sur les touches de la manette (à l’exception de celles qui correspondent à des personnages inefficaces contre certains types d’ennemis), mais la position de l’équipe par rapport à l’adversaire prend une place très importante dans ses chances de victoire, tout comme l’utilisation de la magie et des nombreux objets disponibles au bon moment sous peine d’être confronté à une mort imminente. Les combats sont d’une intensité phénoménale, les effets lumineux, les sons et les furies venant sans cesse titiller notre regard et nos oreilles lorsqu’on s’acharne sur un ennemi tout en essayant d’éviter sa zone d’attaque et qu’on le découpe en morceaux dans une gerbe de cristaux, au sens propre du terme. Un acharnement jouissif qui prend toute son ampleur au fur et à mesure de l’avancée du jeu, et des diverses aptitudes et fonctions débloquées tout au fil de l’aventure, le tout ajouté à des techniques impressionnantes et des ennemis honteusement coriaces qui demandent une technique bien précise pour être vaincus. Le plaisir du gameplay est même prolongé puisqu’un donjon supplémentaire très corsé vient s’ajouter à la carte du monde une fois qu’on a atteint la dernière sauvegarde du jeu, la Porte Divine (Seraphim Door dans la version anglophone), un donjon qui offre facilement des dizaines d’heures de jeu supplémentaire, puisqu’on peut cumuler le nombre de fois qu’on le termine, tout comme pour le jeu en lui-même. A chaque fin de jeu, la possibilité de recommencer une partie à un niveau plus élevé nous est offerte, le tout plus d’une trentaine de fois avant d’atteindre la difficulté maximale, et le passage d’un niveau de difficulté à une autre se fait généralement sentir. Tout est donc pensé pour pousser le gameplay et la durée de jeu à son maximum, sachant que pour terminer une fois l’aventure il faut bien soixante-dix heures de jeu cumulées en avançant tranquillement. Multipliez le tout par trente, ajoutez le nombre d’heures supplémentaires que vous passez à la Porte Divine, et vous obtiendrez une durée de vie assez monstrueuse, si tant est que vous ayez envie de poursuivre le plaisir jusqu’à ses derniers retranchements. Valkyrie Profile : Silmeria propose un système de jeu complexe à l’instar des anciens RPG qui revendiquaient leur statut de soft accessible aux vrais connaisseurs, le système d’acquisition de techniques, de compétences, d’orbes et même le déplacement en dehors des combats demande un réel travail de prise en main des nombreuses capacités du jeu. Il est donc courant de passer des heures dans le menu, ou de bloquer en essayant d’atteindre une zone apparemment inaccessible où est pourtant posé un coffre mystérieux. Une jouabilité très fouillée et complète, autant pendant les combats que dans les donjons et même en ville, où il faut souvent parler aux gens pour débloquer des donjons annexes et même y retourner à un niveau plus élevé. Autant dire que terminer le jeu à 100% relève de l’exploit historique.




Valkyrie Profile : Silmeria s’impose aussi de part sa qualité graphique, le déroulement latéral des décors demande beaucoup moins de travail qu’un immense univers en 3D, mais même cet aspect a été tiré à son avantage en nous exposant des décors très travaillés et soignés faisant certainement de Valkyrie Profile l’un des plus beaux jeux de la PS2. Les paysages traversés fourmillent de détails, jusqu’à l’intérieur des maisons avec les rideaux qui flottent au vent et des rayons de soleil qui percent les vitres, même l’herbe des praires verdoyantes est remuée par le vent et des nuages de pétales s’envolent des champs de fleurs. Les villes ne sont pas en reste, affichant des maisons à l’architecture fouillée et réaliste, transformant la plupart du temps des paysages anodins en véritable peintures, et comment ne pas parler des couloirs impétueux du Valhalla, décorés de colonnes de marbre et de longs tapis rouges. C’est un aspect de jeu qui était déjà très fouillé dans le premier Valkyrie Profile, le qualité graphique n’a rien perdu dans ce passage à la 3D, et même la brève cinématique d’introduction affiche une modélisation parfaite et des couleurs effacées pour un rendu impeccable. L’avantage du défilément latéral des décors et qu’il donne l’occasion de travailler beaucoup plus précisément les décors que pour un jeu en 3D classique, et ça se ressent, du coup la qualité graphique reste difficile à maintenir et certains lieux paraîtront bien vides par rapport à d’autres.


   


Car oui, il a beau être la digne suite de Valkyrie Profile, le jeu a quand même des défauts. Tout d’abord, et c’est ce qui m’a le plus gêné, la mise en scène. Je constate que dans la plupart des jeux récents la mise en scène est complètement délaissée au profit du gameplay, c’est vraiment dommage, et ça nuit vraiment à l’attachement et au charisme des personnages. Les cinématiques sont souvent expédiées à la va-vite, et même les dialogues s’emble n’avoir pas bénéficié d’un grand soin. Les relations entre les personnages ne se développent pas un iota, même Alicia se laisse prendre de haut par Silmeria du début à la fin alors que cette dernière est censée être dans sa tête depuis des années avant le début du jeu et donc dépendre complètement d’elle, d’ailleurs j’ai du mal à gober que ça ai pu la rendre aussi niaise, je comprend sa timidité mais pas sa simplicité d’esprit, d’autant plus qu’avec Silmeria enfermée avec elle (et donc seule personne avec qui communiquer) durant tout ce temps elle aurait dû prendre de la graine. Pourtant, les deux jeunes femmes paraissent ne même pas se connaître. Et Rufus qui a le béguin pour Alicia sans que ça aille plus loin, vraiment navrant. C’est bien beau les scènes de rougissement mutuel, mais je m’attendais quand même à ce que ça aille un peu plus loin. Les personnages de Silmeria et Hrist et leur petit jeu de dualité sont déjà beaucoup plus intéressants, même si la véritable identité de Leone saute aux yeux dès sa première rencontre. D’ailleurs comment Arngrim peut-il lui faire aveuglément confiance s’il la connaît depuis si peu de temps lorsque l’équipe les rencontre ? J’ai aussi du mal à comprendre comment Brahms, Seigneur des Revenants, ai pu se cacher dans le corps de Dylan alors que ce dernier a été éveillé en tant qu’Einherjar au début du jeu. D’ailleurs, je ne vois pas ce qu’il vient faire là, ce « Seigneur des Revenants », et qu’est-ce que c’est que cette histoire d’Orbe du Dragon ? Ils n’avaient pas assez de choix dans les artefacts des mythes scandinaves, ils étaient vraiment obligés d’en inventer un aussi ridicule ? Est-ce que c’est un cross-over volontaire entre Valkyrie Profile et Dragon Ball Z ? … Non, sérieusement, le gameplay est certes excellent et le côté graphique très réussi, mais niveau personnages et scénario ils auraient vraiment pu mieux faire, heureusement que les qualités du jeu rattrapent sans problème ses défauts un peu stupides, toutes ces simplicités auraient vraiment pu être évitées. Heureusement que le charadesign est réussi, j’aime au moins les personnages pour ça. Le scénario de Valkyrie Profile : Silmeria succède un peu piètrement à la superbe histoire de la mort de Platina et aux questions qui ne cessent de revenir à l’esprit du joueur quand à l’identité de Lenneth dans le premier opus de la série…



   

   


Les musiques, même si elles sont moins bonnes que celles du premier opus, sont quand même très agréables à écouter (surtout grâce à l’instrumentalisation, la composition manque souvent de punch), je trouve quand même que certains thèmes écrasent littéralement les autres, comme celui de l’introduction, ou celui de la sublimissime carte du monde (j’en ai jamais vu d’aussi précise, à ce niveau là c’est presque du photoréalisme, on pourrait presque s’y voir se promener, et la musique fait littéralement plâner…). Le thème de combat est sympathique, mais n’égale pas le génial ‘The Unfinished Battle with God’ Syndrome. Notez quand même qu’on peut combattre avec la version originale de ce dernier lorsqu’on recommence une partie, j’aurais quand même préféré combattre avec la version arrange, ça aurait été fabuleusement jouissif de pouvoir casser du monstre pendant que les instruments s’acharnent comme des dingues. Signalons aussi le très bon doublage anglais des personnages, c’est toujours plaisant de les entendre hurler pendant les combats, et sortir une phrase très classe dès qu’ils démembrent un ennemi. En plus de ça, on a eu droit à une excellente traduction de l’intégralité des textes du jeu, jusqu’au furies et aux victoires des combats, les dites « purifications », et même à la petite icône de la caméra qui indique parfois "libre" en combat. Derrière tous ces aspects plus ou moins positifs, la trame générale reste une peu brouillée, et on a souvent du mal à savoir ce qui se passe / ce qui vient de se passer. On cerne avec une facilité étonnante les personnages, mais on est complètement dépassé par ce qu’ils font, c’est une des particularités étranges de ce second volet. D’autant plus qu’avec cette mise en scène bâclée, aucune émotion ne nous est transmise et on observe sans être vraiment dedans en attendant qu’on nous laisse reprendre les manettes pour casser du monstre dans une mêlée incompréhensible de coups et d’effets lumineux pourtant bien plus immersifs.




Valkyrie Profile : Silmeria s’impose donc par ses qualités inégalées, que ce soit au niveau du gameplay ou des graphismes, mais il affiche aussi un grand nombre de faiblesses au niveau du scénario et de ses personnages qui rendent l’histoire assez inaccessible et peu encline à être répétée plusieurs fois pour faire perdurer le gameplay jusqu’aux limites étonnamment larges du jeu. Au final, il se laissera déguster sans problème pour sa jouabilité, ses combats, sa beauté et son univers mais le plaisir sera quelque peu gâché par des personnages trop calfeutrés et une histoire parfois incompréhensible, parfois trop classique. Le déséquilibre est évident, marque d’une stabilité difficile à retrouver après le monstrueux succès que fut l’inoubliable Valkyrie Profile à son époque, toujours largement devant son petit frère qui ne sait plus vraiment où donner de la tête, oscillant sans arrêt entre chef d’œuvre unique en son genre et suite ratée…




Quelques liens pour en savoir plus à propos de la mythologie scandinave :

Wikipedia : Mythologie scandinave / Yggdrasil / Odin / Valkyrie / Ragnarok

Informations supplémentaires :
La Religion Nordique
La Mythologie Scandinave
Yggdrasil, l'arbre-monde
Le Grand livre de la Mythologie Scandinave
Dictionnaire de la Mythologie Nordique


En savor plus à propos de Valkyrie Profile :

Test du premier Valkyrie Profile
Site officiel des deux opus

Publié dans Jeux Vidéo

Commenter cet article

Warkasen 23/02/2008 18:44

Modestie impose! ^^ c'est d'autant plus appréciable.Oui de toute façon du moment que les lecteurs de ton article comprennent ce que tu veut dire c'est le plus important, c'est même le but du journalisment quelque part (du moins je pense). Et plus tu transmet ta pensée correctement c'est que tu te rapproches beaucoup de ce que tu souhaites.Bonne continuation en tout cas!

Gen'Seirin' Kokoro 21/02/2008 13:28

Je poursuis des études de lettre dans le but de me tourner vers le journalisme, et pourquoi pas écrire quelques trucs en parallèle, mais j'ai encore du travail à faire avant d'en arriver là, mes articles ont beau être longs je trouve qu'il leur manque un petit quelque chose en les relisant, mais tous ces compliments me vont droit au coeur :)Faire de l'écriture une activité professionnelle, quelque soit la branche dans laquelle on est, demande une expérience et une culture très importante, et je pense qu'un blog ne peut pas vraiment mettre en avant ces aspects d'un travail écrit, ou plutôt il invite les lecteurs à ne pas les prendre au sérieux de part sa nature même. En tout cas, j'éprouve un plaisir immense à écrire ces articles interminables pendant des heures, et j'espère pouvoir dans très peu de temps en faire mon métier.Ce que je ne mérite pas, c'est qu'on compare mon travail d'amateur à celui d'un professionnel, mais si ça signifie que je me rapproche de la qualité de rédaction d'un journaliste véritable alors je ne dois plus être très loin de mon objectif, c'est une idée qui me plaît, et qui m'encourage à continuer dans cette voie, avec ces moyens dérisoires et toujours cette volonté de cerner l'essence d'une oeuvre pour en transmettre l'esprit à mes lecteurs.

Warkasen 20/02/2008 20:07

Tu veux devenir journaliste?? pourquoi tu dis que tu ne le mérite pas? car c'est un sacré article, j'avoue que je n'ai pas tout lu mais il est plutôt complet

Fanchon 18/02/2008 13:07

Je ne connais pas encore mais ça donne envie de le découvrir.

Gen'Seirin' Kokoro 13/02/2008 22:26

C'est un beau compliment que tu me fais là, un compliment que je ne mérite pas selon moi, mais merci. D'ailleurs, je suis entièrement disponible pour un travail de rédacteur si ça intéresse quelqu'un, c'est un de mes objectifs de me faire un jour embaucher par un magazine qui exploiterait mes écrits :p