Je revendique encore une fois mon statut d’
Anime Blogger Outsider en parlant d’une série dont la plupart de mes compères se foutent royalement, la
dernière en date étant
Night Wizard ~ The Animation pour ceux qui ont du mal à suivre là au fond (et accessoirement pour
ceux qui sont de passage).
Tales of Symphonia, c’est donc un RPG très connu et réputé dans nos frontières occidentales (on se demande d’ailleurs pourquoi lui plus qu’un autre, un effet
de mode sûrement, le
Tokyo Hotel Tecktonic© des geeks-nerds pré-adolescents), et, ayant bénéficié d’un succès tout aussi grand chez nos amis nippons, qui a eu droit à quatre épisodes
animés calqués sur l’aventure du jeu. Et le constat est flagrant et presque noobesque :
oui, ToS, sa done beaucout myeu an hanim :)
Après cette intro fracassante qui envoie du lard, rentrons dans le vif du sujet. Le début de la série d’OAV nous offre un monologue fort sympathique de Colette, qui nous dis sur
un ton un peu niais mais touchant (c’est quand même la particularité principale du personnage) que même si ce monde se montre parfois dur et triste, elle l’aime et c’est ce pourquoi elle veut le
protéger. La dernière phrase d'une petite scène où Lloyd offre un collier s’envole ensuite d’une manière très agréable avec le départ de la musique très mystique de l’opening : «
C’est pourquoi, Lloyd, je débute ce voyage, pour sauver le monde dans lequel tu vis », cette intro à elle seule montre que le jeu n’avait besoin que d’une série animée pour véritablement
s’envoler, développer les relations entre les personnages et devenir enfin intéressant. Je ne vous cache pas que derrière ce commentaire à propos des OAV se cache une critique assez sévère du
jeu, qui m’a vraiment laissé sur ma fin et m’a déçu sous bien des aspects, mais nous y reviendrons plus tard. Le générique commence alors, et là c’est le grand plat. Là musique est superbe, oui,
mais elle méritait vraiment une mise en scène à sa hauteur, là on se contente d’une mappemonde simpliste sans grand intérêt qui défile, même pas de quoi éveiller l’envie de commencer ce fameux
voyage et beaucoup trop évocateur pour être apprécié, ce qui gâche en partie une musique envoûtante très réussie. Premier épisode oblige, l’opening n’en est pas vraiment un et on nous montre
quelques images de Kratos censées créer le suspens, mais quand on sait ce qui nous attend la sauce ne prend vraiment pas. Les génériques suivants ne nous offre pourtant pas une
meilleure mise en scène et se contentent toujours d’images très fades, ça aurait été vraiment agréable de nous montrer des paysages vivants et les personnages en action dans de jolis plans de
caméras, et c'est principalement ce que j'attendais d'eux, mais apparemment ces quatre OAV ne méritent même pas d’avoir un opening à la hauteur de l’histoire qu’ils sont censés aborder. C’est là
que l’aspect marketing fait mal, ces OAV se présentent plus comme un « bonus » du jeu que comme une tentative de transposer l’univers du jeu en animé. Je parle volontairement d’univers du jeu,
parce que si on transposait directement le scénario de celui-ci ça donnerait vraiment n’importe-quoi, avec des pseudo-sacrifices même pas tristes et des impressions de tourner en rond servant
maladroitement le gameplay, rien de bon pour l’univers et la trame générale du jeu. Cette mise en animation n’est pourtant pas désagréable, et comble trop rapidement quelques défauts du jeu tout
en faisant pourtant directement référence à celui-ci.
Notons par exemple la présence de certaines techniques de combat du jeu, la plus flagrante étant le «
Croc Démoniaque » que
Lloyd exécute dès le premier épisode dans une
scène tout en
Computer Graphics, le tout avec un joli jeu de caméra. Dommage qu’on ne retrouve pas souvent ce genre de scène, ça aurait mieux donné que la mise en scène basique des
techniques des autres personnages, c’est toujours navrant de voir qu’on se sert d’une bonne grosse magie pour supprimer des ennemis en grand nombre alors qu’un combat un peu plus corsé serait
bien plus jouissif, à regarder comme à réaliser (comme le combat contre un immense squelette que nous montrait le trailer du jeu), mais encore une fois ce n’était peut-être pas dans l’intérêt des
réalisateurs. Et puis franchement, on en vient à se demander pourquoi ils se donnent du mal à vaincre un ennemi à la sueur de leur front alors qu’ils peuvent très bien en supprimer une bonne
centaine d’un trait avec une petite magie (pitié, ne me parlez pas de points de mana). Dans la majorité des cas, les OAV bénéficient néanmoins d’une très belle animation et d’un charadesign
précis aux couleurs chatoyantes, les décors sont aussi plutôt réussis et ne tapent pas dans la simplicité à outrance comme on le voit trop souvent, d’autant plus dans le cas d’une adaptation
animée. Ces indéniables qualités graphiques offrent une réelle présence aux personnages, les nombreuses scènes développant leurs relations les rendent bien plus attachant en quatre épisodes que
le jeu en une soixantaine d’heures, ce qui est quand même un exploit. Evidemment, en si peu de temps le scénario a été tranché à grands coups de hache, les sceaux se libèrent en un rien de temps
et sans trop de mal tandis qu’un grand nombre de scènes et de passages importants du jeu sont supprimés ou modifiés. Je pense notamment à la première rencontre avec
Sheena, qui
se révèle être bien plus charismatique dans les OAV qu’elle ne l’est dans le jeu. Le doublage de qualité n’y est sûrement pas pour rien, et l’abandon total de l’aspect humoristique du personnage
lui donne beaucoup plus de sérieux, et ça lui va bien, au point qu’elle aurait peut-être mérité davantage d’attention par rapport à d’autres personnages secondaires qu’on aurait sans problème pu
supprimer avec le surplus scénaristique du jeu. L’avancement dans les donjons est inexistant, généralement notre joyeuse équipe se contente de passer la porte d'un temple et arrivent directement
dans la salle du sceau (et encore, estimez-vous heureux lorsque vous avez l’occasion de les voir passer cette porte), ce qui n’est pas un défaut compte tenu de la durée des OAV mais nuit
largement à la compréhension de l’histoire, de l’Histoire avec un grand H et de la Quête de la Régénération. De ce côté-là, le jeu est beaucoup plus complet et a le mérite de poser plus ou moins
clairement un background, malgré tous les clichés qu’on peut lui attribuer. C’est aussi ce qui fait de l’adaptation animée un supplément au jeu plus qu’une série animée à part entière.
Question doublage, les
seiyuus collent en général parfaitement aux personnages : la voix douce et naïve de
Colette lui va a ravir et donne beaucoup de vie à sa
personnalité un peu légère,
Lloyd est aussi très bien doublé dans son rôle de héros un peu maladroit aux nombreux talents latents,
Raine et
Genis ont aussi des voix qui leur collent parfaitement, celle de
Sheena est absolument parfaite et on est encore une fois face à de la qualité, comme dans tout
Tales of qui se respecte. Par contre, le doubleur qui a été choisi pour
Kratos est assez inapproprié, le personnage qui se met en avant comme le plus charismatique de
tous est affublé d’une voix un peu faiblarde qui fait vraiment plus vieux que son âge. Pour lui comme pour l’ange
Rémiel les doubleurs ont été mal choisis, et ne reproduisent
absolument pas le charisme que dégagent les personnages dans le jeu et qui pourrait vraiment exploser en animation.
Kratos aurait été beaucoup plus éloquent avec une voix plus
ferme, et
Rémiel bien plus crédible avec une voix plus hautaine et manipulatrice, mais qu’importe, c’est encore dû au fait que ces OAV ne sont pas un projet sérieux de série
animée qui donnerait toute son ampleur à l’univers de
Tales of Symphonia.
Ce qui fait l’intérêt de cette maigre adaptation animée, c’est surtout les relations entre les personnages, et les scènes très réussies mettant en avant le lien qui unit
Lloyd et
Colette. Les deux personnages couchés dans l’herbe admirant les étoiles, ou tout en haut d’une falaise tournés vers le crépuscule, c’est tout ce dont ils avaient besoin pour
prendre vraiment forme et donner de l’intérêt à un jeu un peu creux qui aurait pu se passer d’un nombre considérable d’écarts scénaristiques pour se concentrer sur ses personnages et les grandes
lignes de sa trame générale. Même cette histoire d’arbre mana qu’on se donne tant de mal à faire revivre pour finalement détruire vient perturber la compréhension du jeu alors qu’une approche
beaucoup plus brève et cohérente de cet aspect aurait pu corriger le problème et combler les vides, puisque ça semble être là le but de tous ces chavirements abracadabrants et d’un nombre de
personnages trop grand pour que leur potentiel puisse être exploité correctement (notons que ce dernier point est tout de même une particularité des
Tales of). Les OAV se terminent donc
bien avant la fin du jeu, au moment où nos héros se rendent à
Tesse'halla sans qu’on puisse vraiment comprendre les subtilités de ce qui précède, du début à la fin l’impression de voyage
est très limitée, et c’est bien là le défaut majeur de cette adaptation qui s’annonce pourtant dépaysante dès son introduction.
Cette adaptation animée ne s’embarrasse donc pas des défauts du jeu au prix de sacrifices considérables et ne fait finalement qu’effleurer la fascinante Quête de la Régénération, on aurait aimé
en voir beaucoup plus, en découvrant par exemple Tesse'halla et en levant davantage le voile sur les rouages complexes très intéressants qui se cachent derrière cette aventure.
Déconseillée à ceux qui ne connaissent pas le jeu, même si ces OAV leur permettraient de découvrir l'univers du jeu dans ses grandes lignes, cette adaptation se révèle être un bonus du jeu
réservé à ceux qui le connaissent de fond en comble, mais aussi un aperçu de ce que pourrait être la série si elle se développait sur 26 épisodes. Elle aurait certainement tout à y gagner, car
même si l’on se passe volontiers des aléas inutiles du jeu l’histoire reste très riche et largement exploitable. Comme le montrent les nombreux trailers animés du jeu et de sa suite à venir,
Knight of Ratatosk, Tales of Symphonia s’épanouit bien plus aisément en animé qu’en jeu-vidéo, et ce n’est que dans ce cas que l’histoire pourrait prendre de l’intérêt et
marquer véritablement son genre. Je ne pense pas que ce second jeu puisse apporter quelque chose de supplémentaire à un premier volet déjà très lourd, et riche par la même occasion, qui a pour
défaut principal de se perdre dans son gameplay, son scénario et un trop grand nombre de clichés masquant une trame générale vraiment passionnante.
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