Critique d'OST - LIFE Original Soundtrack

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro



CD 1 - Tracklist

01. LIFE Epilogue
02. Kairou
03. Mujou
04. No Control
05. Senkou
06. Kyoubou
07. Itsuka no Yakusoku
08. Yume no Naka no Shissou
09. Hikari
10. Niky
11. Fuan to Setsuna
12. Sono Saki ni Aru Mono
13. Away Out
14. Anmoku no Meirei
15. Hai Yami
16. Omit Omni Mode
17. Theme from Hatori
18. LIFE Main Theme
19. G Senjou no Aria Daichi o Kette Ver.
20. G Senjou no Aria Miage ta Sora ha Ver.

Les pistes ayant le plus d'intérêt selon mes critères sont notées en gras




Non, ce n’est pas le guide de la ménagère de moins de quarante ans que je vais vous présenter, mais la bande originale du drama japonais LIFE, rangez vos serpillières mesdames (et faites de même messieurs, sinon on va encore me traiter de sexiste). Enfournons donc la tarte et plongeons dans le vif du sujet. Ce qu’on remarque immédiatement à la première écoute de cette OST, et ça saute aux oreilles dès les premières secondes, c’est qu’elle a du caractère. Difficile de la confondre avec n’importe-quelle bande originale de dramas beaucoup plus classiques, ou même d’un film ou d’une série. Les musiques tapent dans l’électro bien dur et la percussion, parfois même dans la guitare électrique pure, toujours très rythmées avec parfois un supplément au piano qui est loin de les rendre désagréables, et transmettent naturellement une certaine tension et parfois un véritable stress. Cette impression est déjà bien présente dans le second morceau, Kairou, qui se complète d’un petit jeu de piano qui donne d’avantage de rythme à la musique. Répétitifs et rapides, ces thèmes restent en tête et il n’est pas rare de se remémorer une scène phare du drama si tant est qu’on l’ai regardé. Des percussions très dures, presque écrasantes, qui collent parfaitement au rythme endiablé du drama.

Le troisième morceau, Mujou est aussi l’un des thèmes les plus entendus dans le drama (au début de chaque épisode en fait), et est aussi représentatif d’une tension et d’une rage particulière. L’instrumentalisation est toujours aussi décalée, et il n’y a même pas lieu de parler de composition. Sorties du contexte du drama, les musiques paraissent inévitablement sèches et trop raides, c’est principalement du au fait qu’elles sont uniquement là pour poser et entretenir le rythme dans les épisodes. Pas de petit air qui reste en tête en général, simplement des percussions qui cognent au rythme des pas enragés des élèves du lycée de Nishi, et des délires psychopathes de ce cher Katsumi. Pour la musique No Control, c’est carrément la rencontre du troisième type, je la déconseille fortement, elle est très désagréable à l’oreille qui plus est, presque psychédélique mais dans le mauvais sens, c'est à se demander comment ils ont pu utiliser cette musique pour mettre en scène une histoire sur les persécutions dans les lycées japonais et pas pour le dernier Alien vs Predator.

Il faut noter que les musiques sont loin d’être uniformes et homogènes, généralement la première moitié construit le rythme, et c’est dans la seconde moitié de la musique qu’un petit air se met en place derrière ce rythme et qu’on l’apprécie vraiment. C’est par exemple ce cas pour Senkou, qui, même avec une composition très décalée et en inversion, arrive à nous placer dans un contexte d’incompréhension émotive assez touchant. Quand je parle d’inversion, c’est au niveau du son produit par les instruments et pas des notes en elles-mêmes. Les sons assez étrange qu’on entend pendant le très court premier morceau, Life Epilogue, sont par exemple du piano inversé (si vous inversez le sens du son avec un programme, vous remarquerez que vous arriverez à un résultat très proche des notes de piano). La musique Theme from Hatori est l’une des plus réussies, puisqu’elle commence de manière très sereine pour peu à peu plonger dans la tension et les percutions, et se terminer par un superbe enchaînement au piano déchirant, de quoi vous tirer quelques larmes. Sans doute mon morceau préféré, puisqu’il représente à lui seul toute l’évolution dans l’intensité dramatique et le rythme de la bande originale entière et même de l’histoire du drama.

Ce qui pose le problème de cette OST, c’est qu’elle est fortement liée au drama, difficile de rester objectif lorsqu’on en parle, voire même impossible, puisque les musiques prennent une place très particulière dans la mise en scène même de la série, et sont bien spécifiques à des personnages et des sentiments précis. La plupart des morceaux nous renvoient à l’émotion d’une scène, à un moment du drama qui nous a particulièrement touché et à des prises de vue précises. Certaines sortent du lot, comme LIFE Main Theme qui est utilisée à deux reprises seulement dans le drama, mais à chaque d’une manière très intense en empruntant seulement une partie de la musique (ce qui est généralement le cas pour tout l’OST, les producteurs n’ont souvent pas hésité à mélanger plusieurs morceaux au gré de la mise en scène). A la seconde quarante-cinq de ce morceau, difficile de ne pas revoir nos héroïnes devant les portes du lycée, renforcées par l’évènement très fort qu’elles viennent de traverser, là aussi c’est une des scènes qui m’a le plus marqué dans le drama, la pression émotionnelle de l’instant est tout simplement épatante. Ce thème fait partie des quelques musique plus « classiques » de la bande originale, avec par exemple Sono Saki ni Aru Mono, une des rares musiques calmes de l’OST, jouée par des instruments à cordes très agréables, au point où la musique en devient assez lassante d’ailleurs, mais c’est important de noter qu’elle est une exception parmi les autres morceaux, tout comme Fuan no Setsuna, très classique mais aussi particulière à sa manière (notamment de par son instrumentalisation très limitée) et hikari, musique très simple jouée au piano.

Impossible d’entendre le thème Mujou sans avoir en tête Shiiba marchant assurément vers le lycée Nishi ; la musique Yume no Naka no Shissou sans voir le sourire manipulateur et cruel d’Anzai ; la musique Niky sans penser immédiatement aux élans déséquilibrés de Katsumi et à son sourire psychopathe presque caricatural ; la musique Anmoku no Merei sans penser à Anzai quittant la classe des idées machiavéliques plein la tête ou qui surprend une conversation fâcheuse ; ou même Away Out sans penser aux nombreuses persécution et à des moments critiques de la série. Theme from Hatori évoque quand à elle l’explosion de la tension, le « craquage », avec toutes les larmes et les tentatives de suicide qui vont avec, c’est aussi une des raisons qui fait qu’elle est si captivante. Difficile de parler de la bande originale de la série sans citer la chanson LIFE, de Mika Nakashima, même si elle n’est pas présente dans le disque de l'OST. Elle est aussi représentative de l’esprit de la série même si elle est extrêmement classique par rapport aux musique du même genre et même à l’OST du drama, difficile de lui trouver un quelconque intérêt lorsqu’on sort de son contexte, mais ceux qui auront suivi le drama avec ferveur apprécieront la chanson, qui est le seul morceau chanté de toute la série (il existe en versions pop et ballade).




Difficile de rester objectif quand à la qualité de cette OST, mais certaines musiques méritent d’être écoutées même en dehors du contexte du drama, comme Theme from Hatori, pour leur originalité et le mélange très osé qu’elles présentent, et même LIFE Main Theme, plus classique mais très intense. Ceux qui ont vu le drama apprécieront les musiques puisqu’elles évoquent la plupart du temps quelque chose de très fort tiré du drama, et qu’elles collent parfaitement à la mise en scène et au rythme de la série (rien que pour cette raison le drama mérite d’être vu, j’ai rarement vu un lien si étroit entre musique et mise en scène dans un film ou une série), les autres ne pourront qu’apprécier l’originalité de l’instrumentalisation et de la composition de quelques-unes d’entre elles. On peut quand même noter que les musiques sont très évolutives et que, comme toujours, il est important de les écouter de bout en bout pour les apprécier à leur juste valeur, même si en général les non connaisseurs seront surtout perturbés, et ne pourront même pas tenter de les imaginer dans leur contexte tant elles sont décalées, il faudra aller vers les derniers morceaux pour trouver des musiques intéressantes. Pour ceux qui ne connaissent absolument pas le drama, à l’exception de quelques thèmes très sympathiques et originaux, pas grand-chose à tirer de ce disque, et encore moins du single LIFE, de Mika Nakashima, en terme d’insert-song j’ai déjà vu bien mieux. Reste que j’accorde une importance particulière aux noms donnés aux musiques (ça peut paraître étonnant, mais le nom d'une musique influence aussi beaucoup l'impression qu'on en a, les musiques des jeux Valkyrie Profile sont l'exemple d'une recherche très approfondie sur le nom des musiques d'une bande originale), et ici je constate un manque total d’effort à ce niveau là, la simplicité saute aux yeux, même en japonais. Dommage.

Allez, je suis gentil, un bon 14/20 pour l'originalité et la prise de risques, mais ça reste dans un style très hermétique.

Publié dans Musique

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