Jungle wa Itsumo Hare nochi Guu - Histoires de bananes et de pokute dans une jungle survoltée !

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro

Jungle wa Itsumo Hare nochi Guu, mais qu’est-ce qui se cache derrière ce nom sorti tout droit du dictionnaire des noms de séries les plus longs ? Hare+Guu, pour faire plus court, c’est une comédie fraîche et dépaysante, avec toute un floppée de personnages atypiques et des histoires abracadabrantes drôles à s’en rouler par terre. Soyez prêts à entrer dans une jungle farfelue dont vous ne ressortirez pas indemne !

 





























Hare+Guu, c’est avant tout l’histoire de deux personnages : Hare, garçon de dix ans qui vit en société dans la jungle (si si, c’est possible !) avec sa mère Weda, grande flemmarde et pochtronne de service, l’obligeant à s’occuper de toutes les tâches ménagères à la maison et à faire preuve de bien trop de maturité pour un gamin. Puis un jour débarque Guu, une mystérieuse fille venue du nulle part adoptée du jour au lendemain par Weda (sans demander à son fils s’il était d’accord, évidemment). Lorsque Hare croise pour le première fois les yeux de Guu, il tombe sous le charme, et accepte qu’elle vive dans sa maison sans trop de mal… et c’est le lendemain que tout se gâte ! En effet, l’expression de Guu s’est complètement transformé et a laissé place à un regard plat et figé qui met Hare dans tous ses états ! C’est alors que la cohabitation entre les deux personnages va commencer, et que Hare découvrira les habitudes abracadabrantes de Guu (celle d’avaler tout ce qui passe devant son nez, y compris humains, par exemple) et tentera de ne pas perdre les pédales face à de situations toujours plus grotesques et inexplicables engendrées par l’étrange, la gélatineuse, la placide Guu ! Des situations pas toujours faciles à accepter lorsqu’on est la seule créature censée dans ce village paumé dans la jungle où se côtoient toutes sortes d’animaux étranges !

 

Hare+Guu se place à mon avis très haut haut dans le rang des meilleurs comédies de l’animation japonaise, surpassant de loin School Rumble ou d’autres séries plus élégantes comme Ouran High School Host Club. Dès le départ, l’univers de la série est difficile à gober, mais là où l’auteur à fait fort, c’est qu’avec l’arrivée de Guu il ajoute un élément fantastique à un tableau déjà bien rempli qui aurait suffit à faire une comédie classique. Hilarante de bout en bout, on ne se lasse pas au fil des 26 épisodes de la série, et on en redemande jusqu’au bout, on peut d’ailleurs rallonger ce plaisir avec la série de 13 OAV Deluxe et Final, encore plus survoltés et hilarants que la série originale ! Jungle wa Itsumo Hare nochi Guu, c’est une comédie qui ne se prend pas au sérieux, parfois même touchante, mais où on prend toujours plaisir à voir souffrir les personnages qui passent leur temps à se taper dessus à grands coups de crises de nerfs. Le panel de protagonistes est plutôt large, chaque habitant du village ayant son propre caractère et une manière d’être spécifique. Waji, qui passe son temps à rire sans raison, et tentera d’ailleurs de faire découvrir la rigolade à Guu avec un succès plutôt mitigé (le rire de Guu est vraiment anthologique ^^’), ou le chef du village et l’énorme touffe de poils sur son torse qu’il exhibe fièrement jusqu’au jour où Guu décide de la transformer en perruque afro personnelle, quitte à traumatiser son propriétaire au point de gagner son respect et son dévouement le plus profond, même le docteur qui s’occupe de l’infirmerie ajoute son grain de sel, gros pervers amateur de fillettes et de magazines réservés aux adultes qui se révèle être le père de Hare ! Même le ventre de Guu est un univers à part entière, où gambadent des chats mille-pattes et des vaches volantes en compagnie de deux jeunes gens qui ont l’air de trouver leur situation tout à fait normale. Le plus drôle, ce ne sont pas toutes ces situations plus folles les unes que les autres qui s’enchaînent, mais c’est de voir la manière dont les personnages réagissent à ces évènements ! Le visage inexpressif de Guu restera dans ma mémoire pour un moment, tout comme le rire nerveux de Hare, et rien que le fait de les revoir me donne envie de rire aux éclats ! La série se termine sur la réconciliation de Weda avec sa mère après un séjour de plusieurs épisodes en ville (et où l’humour est toujours à son comble). Les OAV reprennent directement la suite de l’histoire, renvoyant Weda, Hare et Guu dans la jungle (sans que Hare comprenne vraiment pourquoi d’ailleurs) et nous font découvrir certains personnages sous un nouveau jour, comme Wiggle qui se lâche complètement, ou la mère de Weda qui pousse une soudaine crise de nerfs alors qu’on la voyait comme un personnage calme et imperturbable ! De nouveaux personnages encore plus excités arrivent dans la jungle, je pense principalement à la professeur remplaçante d’apparence calme et charmante qui devient enragée et réduit en miettes tout ce qui l’entoure dès qu’on ose la contrarier ! Hare+Guu prend les choses avec dérision,  et n’hésite pas à se moquer des sentiments de ses personnages pour nous faire rire !

 

Côté réalisation, même si le charadesign et les décors sont plutôt sommaire, l’animation est de bonne facture et ça reste agréable à regarder tout au long de la série. Des plans parfois inhabituels appuient cette impression pour faire ressortir un sentiment ou une impression, et même s’ils sont parfois maladroits ils restent agréables dans l’ensemble. Le charadesign des personnages adultes est bancal vers le début de la série (surtout pour les profils), c’est peut-être pour ça que la plupart des personnages sont des enfants au design chibi très mignon avec des yeux et un visage tout ronds qui les rendent très attachants et presque pathétiques, mais après tout c’est aussi pour ça que la série est si drôle ! La musique de l’opening (Love Tropicana, de Sister Mayo) a été faite spécialement pour la série, tout comme celle des OAV, elle colle donc parfaitement à l’ambiance de la série et prouve le soin qui a été apporté dans la réalisation. Hare+Guu n’est pas une série toute récente, on oublie donc le premier épisode génial suivi d’un tas d’autres très moyens : la série commence tout doucement pour aller vers le plus en plus drôle, sans compter les divers personnages qui apparaissent au fil des épisodes. Seul défaut : lorsque vient la fin, on en voudrait encore, et une fois les OAV dévorés il ne reste plus grand-chose à se mettre sous la dent ! La série regorge aussi de références à des séries qui ont fait de l’animation japonaise ce qu’elle est : Power Rangers, méchas, shôjos, magical girl, nekketsu, tout y passe !

 

Hare+Guu est une comédie, mais pas uniquement. Il est connu que toute bonne comédie doit avoir un côté touchant pour atteindre son public, et c’est aussi valable pour Hare+Guu. L’histoire de la mère d’Hare n’a d’ailleurs absolument rien de drôle. Appartenant à une riche famille, elle habitait en ville jusqu’au jour où elle est tombée enceinte d’un inconnu et a été mise à la porte par son père. C’est ce qui la conduit à venir habiter dans la jungle avec le reste du village, et y élever son enfant unique. Ce qu’il y a de particulier dans la série, c’est que dès que nos émotions sont mises en jeu et qu’on est face à une scène caricaturée à souhait, tout retombe très rapidement dans la comédie sans qu’on s’y attende, mettant encore une fois les nerfs de nos personnages à rude épreuve ! Le plus étonnant dans tout ça, c’est qu’on se questionne vraiment sur l’identité de Guu, l’endroit d’où elle vient et la cause de sa présence dans la jungle. Hare semble être le seul à se poser ces questions, et l’histoire ne révèle pas grand-chose sur ce personnage pourtant bien mystérieux (les scènes où elle se transforme en une magnifique femme élancée sont plutôt évasives !). mais malgrès l’absurdité des scènes qui s’enchainent, on peut trouver un départ de réponse à ces questions : Guu semble agir en fonction des sentiments de Hare, et il est fort probable (même évident) qu’elle entende ses pensées. Sous ses airs étonnamment inexpressifs elle contrôle tout ce qui se déroule autour d’elle, et cherche quelque part à donner des leçons à Hare, peut-être pour le rendre plus mature qu’il ne l’est déjà ou pour le plaisir simple et malin de mettre en doute ses convictions. En tout cas, le rire en coin de Guu est bien signe qu’elle fait ce qu’elle veut d’Hare, et elle ne se gêne pas pour lui faire savoir, ce qui provoque d’ailleurs toujours chez lui un rire nerveux représentatif de sa santé mentale vacillante ! D’autres indices pourraient laisser penser que tout ça n’est q’un rêve : les épisodes, appelés « illusions » appuient cette vision des choses. Et puis tout a commencé à la bananeraie, où Hare s’est fait « gober » par une mystérieuse créature noire géante avant de se réveiller chez lui et de découvrir Guu. C’est presque une mythologie qui pourrait s’installer autour de la série, avec son lot de créatures fantastiques ! Les Pokute par exemple : ces petites créatures qui habitent la jungle sont en quelque sorte les mascottes de la série. On en rencontre à chaque épisode, les habitants du village en font d’ailleurs un plat très apprécié et il arrive souvent que quelqu’un trébuche dessus en courant au milieu des palmiers ! On trouve aussi des sortes de fruits à visage humain, qui éjectent de la confiture par les yeux lorsqu’on les presse, sans oublier toutes sortes d’oiseaux, de fleurs et de poissons étranges qui peuplent la jungle. Et évidemment, tout le monde trouve ça normal !

 

 

Hare+Guu, en plus de proposer une histoire délirante au scénario quesi-inexistant (mais c'est loin d'être un mal), fait rire par son univers et ses personnages, préférant la dérision aux clichés habituel de l’animation ! Si vous cherchez fraîcheur, détente et rigolade, Jungle wa Itsumo Hare nochi Guu est faite pour vous, et même si vous aimez les histoires plus touchantes, vous y trouverez peut-être votre compte :)


Pour les curieux, voici une page web absolument inutile :
http://guu-sama.info/

Elle est pas belle Guu avec sa face de homard fumé ? :)

Publié dans Japanimation

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