Série Télé - Heroes : chroniques extraordinaires

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro

Heroes est une série américaine diffusée sur la chaîne NBC depuis Septembre 2006, et reprise par TF1 depuis le 30 Juillet 2007 le samedi soir, en première partie de soirée. La saison 1 (le « Tome premier ») est terminée sur la chaîne américaine, mais une seconde saison est en préparation et sera diffusée dès la rentrée sur NBC, et certainement quelques mois plus tard en France.




« Le professeur Chandra Suresh défend une théorie selon laquelle, l'homme n'utiliserait que 10 % des capacités de son cerveau et que certaines personnes seraient en ce moment même en train de développer les 90 % restants et acquérir des pouvoirs comme la lévitation ou la régénération cellulaire. Les autres chercheurs n’adhèrent pas à ces théories, il décide alors de chercher puis de rencontrer ces personnes aux pouvoirs surnaturels pour leur expliquer le phénomène qui s'exprime en eux jusqu'à ce qu'il disparaisse. Son fils (Mohinder Suresh) va alors reprendre la recherche...

À Tokyo, un japonais (Hiro Nakamura) découvre qu'il est capable de courber l'espace temps et de se téléporter. À New York, un artiste peut peindre le futur, un politicien (Nathan Petrelli) est capable de voler tandis que son frère (Peter Petrelli) a la capacité de s'approprier les pouvoirs des autres Heroes lorsqu'ils sont à proximité. À Los Angeles, un policier (Matt Parkman) découvre qu'il est en mesure d'entendre les pensées des gens. Au Texas, une pom pom girl (Claire Bennet) découvre qu'elle a le pouvoir de régénérer ses cellules à vitesse accélérée. Au Nevada, une mère célibataire (Niki Sanders) réalise qu'elle a un puissant double maléfique… Les Heroes sont partout, on en découvre de plus en plus au fil des épisodes. Cependant, le téléspectateur découvre aussi que de sombres personnages les pourchassent.

Heroes est une chronique de la vie de ces personnes, de leurs liens et de leur destinée : sauver le monde…
»


Rapidement devenue un véritable phénomène mondial, à l’instar de Desperate Housewives dans un genre totalement différent, Heroes a conquis nombre de fans dans le monde entier, et surtout en Amérique, où l’influence des comics et du concept même de « super-héros » est majeure, tant auprès des jeunes que du reste de la société. Le succès, même s’il est loin d’être inexistant, est moindre en France mais ce sont tout de même des millions de fans qui suivent ou ont suivi la première saison dans nos frontières, et qui attendent déjà la seconde avec impatience. Ceci est du tout d’abord à une différence majeure entre la société américaine et française, et peut-être aussi au doublage très médiocre accordé à la série française. Pourtant, TF1 avait demandé un doublage retravaillé de l’épisode pilote avant sa diffusion, mon avis est tout simplement qu’il aurait dû en redemander un autre. Résultat : la version française a bien moins d’ampleur et de consistance que la version originale, difficile de s’attacher aux personnages dans ces conditions. Suppressions claires et nettes des accents étrangers (à part le japonais, et encore…), manque de vigueur dans les paroles et traduction hasardeuse voire bâclée, parfois de manière inexplicable (pourquoi ne pas avoir traduit le terme anglais méconnu en France « cheerleader » en pom-pom girl ? ça aurait été bien plus simple à comprendre et le nombre de syllabes est le même, mais allez savoir…). Même le charisme des personnages en prend un coup, l’évolution de la personnalité de Peter est assez difficile à déceler dans la voix française (certainement parce qu’il n’y en a aucune) alors qu’elle saute aux yeux dans la version originale. Bref, si vous n’avez pas encore vu la série, ou si vous regardez seulement la version française le samedi soir sur TF1, je vous conseille de vous procurer une version originale sous-titrée rapidement pour pouvoir profiter de la série à sa juste valeur (TF1 a mis la version sous-titrée des épisodes à disposition sur la TNT et le service de chaînes Freebox, c’est loin d’être une mauvaise idée). Peut-être que toutes les versions françaises sont aussi mal faites après tout, mais si c’est le cas, je vais finir par ne plus regarder que des VO… (on va voir le travail des doubleurs sur la série Kyle XY qui devrait arriver à la rentrée, mais j’avoue que je m’attend au pire, les dialogues sont très délicats même s’ils restent réussis par les acteurs originaux) Je pense ne pas être le seul à trouver le générique français absolument immonde, dans Prison Break ça passait encore, mais là on frôle l’hérésie, l’ambiance et le sérieux de la série en prend un sacré coup. Ils auraient vraiment dû se contenter de l’absence de générique de la version originale, ne serait-ce que par crédibilité...


       


« Récemment, des individus sans aucun lien entre eux ont manifesté des dons pour le moins particuliers. Même s'ils n'en n'ont pas encore conscience, ces individus vont sauver le monde et le changer à jamais. Ce passage de l'ordinaire à l'extraordinaire ne se fera pas du jour au lendemain. Toute histoire a un début, le premier tome de leur épopée commence maintenant... »


Avant de rentrer dans le sujet, quelques explications : la série suit volontairement le déroulement d’un comic américain (vous savez, ces bandes dessinées remplies de héros qui sauvent le monde), elle est donc organisée en chapitres (les épisodes), eux-mêmes regroupés en arcs (rassurez-vous, ils ne sont pas indépendants mais racontent les plusieurs phases du déroulement de la trame principale), eux-mêmes regroupés en tomes (soit les saisons, la saison 1 équivaut au tome premier de l’histoire). Heroes adopte beaucoup d’élément tirés des comics : que ce soit dans le titre des épisodes, la manière de les afficher, et les diverses références qui fourmillent dans les épisodes, notamment sur des noms d’auteurs et même des interventions directes en tant que figurants dans certaines scènes et dans le staff de la série. L’histoire et pourtant loin des clichés du super-héros : Heroes, au travers de pouvoirs inexplicables qui apparaissent chez les personnes les plus communes, développe une intrigue captivante tout au fil des épisodes, et s’attaque à un problème bien plus grave de la société moderne : la place de chacun de nous dans la société, et la place minime, voire trop souvent insignifiante, que nous occupons tout au long de notre vie. C’est non sans une certaine mélancolie que les chapitres s’enchaînent, puisqu’on se sent presque directement concernés par l’histoire, mais après tout, c’est ce malaise général qui a donné à la série ce succès phénoménal. Nous y sommes : tout comme Desperate Housewives touchait à la déprime quotidienne de la femme au foyer, Heroes s’attache au syndrome humain de la crise d’identité, le malaise créé par l’envie de vouloir faire quelque chose de sa vie sans jamais pouvoir l’accomplir. La population américaine est la principale victime de son système, mais elle est loin d’être la seule. Qui n’a pas un jour rêvé de se découvrir de se découvrir des pouvoirs extraordinaires qui changeraient notre vie à jamais en lui donnant un sens ?


       


A vrai dire, avant de voir la série, j’étais très sceptique sur le sujet. Côté phénomène mondial des séries américaines, j’avais ma dose avec Desperate Housewives, et puis j’étais déjà fermement accro à la série en vogue NCIS. Les premiers épisodes d’Heroes ne m’avaient pas vraiment accroché, et c’est sans trop de motivation et avec une curiosité forcée que je me décidai à continuer à regarder la série. Pourtant, les faits sont là : l’attachement aux personnages est presque immédiat, et l’histoire tout simplement passionnante. Il n’a pas fallu beaucoup d’épisodes supplémentaires avant que je me rende compte que j’étais à mon tour devenu un grand fan de la série, et cette impression ne fit que s’accentuer par la suite. Les acteurs choisis pour jouer les rôles des personnages ont à mon avis joué un grand rôle dans son succès : comme la précédente série à succès avait redoré l’image de stars qui avaient déjà connu le succès, Heroes prend le soin de choisir des acteurs presque méconnus du grand public. Ce casting s’avère totalement approprié et est certainement loin d’être dû au hasard : des personnes anodines sont censées acquérir des pouvoirs extraordinaires, et cette impression est vraiment renforcée par le fait que la majorité des acteurs de la série soit très peu connue. Chaque acteur se retrouve pourtant à sa place, et colle parfaitement à l’image du personnage qu’il joue. Hayden Panettiere est excellente en Claire Bennet, et je ne verrais pas une seule autre actrice prendre sa place, et c’est valable pour tous les acteurs de la série. Le casting est soigné, comme le travail considérable des acteurs sur des personnages très délicats à gérer. Le résultat est vraiment persuasif, et saisissant de réalisme. Des rôles dont ils auront certainement à se détacher dans d’autres productions (remarquez que l’actrice qui joue le rôle de Claire avait auparavant joué dans la série Malcolm, c’était la babby-sitter manipulatrice aux cheveux bruns bouclés et aux lunettes, la différence est vraiment déconcertante !). La série est par la même occasion un incroyable mélange de genres : le cliché du flic aux pouvoirs paranormaux qui bosse pour le FBI, les démêlées d’une bimbo avec la mafia de Las Vegas, la vie de lycée d’une adolescente pom-pom girl, les recoins sombres du monde de la politique, sans oublier Hiro et son ami Ando, partis en Amérique pour sauver le monde. On découvre au fil de l’histoire que chacun des personnages est lié aux autres, toutes les histoires s’entremêlent à un tel point qu’il devient difficile de suivre le déroulement de la série sans oublier un seul détail. Tout est lié, dans le déroulement de la série comme dans sa trame générale, c’est l’idée qui s’impose très vite au fil des épisodes. Pour suivre correctement le fil de l’histoire, il faudra bien souvent retourner un peu en arrière pour se remémorer les évènements précédents avant de se remettre dans le fil de l’histoire, sans compter les divers sauts dans le temps qui s’ajoutent pour encore compliquer les choses. On en viendrait presque à se questionner sur nos voisins, et on commencerait à croire qu’ils ont eux aussi des pouvoirs qu’ils utilisent en cachette !


       


Les personnages sont aussi nombreux que différents de caractère. Peter Petrelli, qu’on peut considérer comme personnage principal de l’histoire, est plutôt du genre rêveur et aspire à faire quelque chose de grand. Lorsqu’il rêve qu’il peut voler, c’est pour lui une véritable révélation et il se met alors en quête de sauver le monde, au grand dam de son frère, Nathan Petrelli, qui à la ferme intention de gagner les élections sans encombres, personnage fermement attaché à la réalité. Même lorsqu’il découvre qu’il a lui aussi un pouvoir, il refuse de prendre son frère au sérieux et préfère s’attacher définitivement au concret. Claire Bennet est une jeune adolescente qui suit les cours dans un lycée du Texas, elle mène une vie plutôt commune et agit comme la plupart des pimbêches de son équipe de pom-pom girls. C’est un des personnages les plus importants de la série, puisqu’elle découvrira qu’elle est douée de régénération cellulaire. Cette découverte la mènera à réfléchir sur sa vie d’adolescente, elle se liera d’amitié avec Zack qui n’appartient pourtant pas à la même « classe » d’élèves, et devient par la même occasion la risée de ses anciennes amies. Sa vie de famille en sera profondément renversée, d’autant plus lorsqu’elle découvrira que sa vie n’est qu’un mensonge orchestré par celui en qui elle croyait avoir le plus confiance : son père, le sombre Noah Bennet. Son histoire donne lieu à quelques scènes marquantes, notamment lorsqu’elle se retrouve à la morgue et se réveille au milieu d’une autopsie dont elle est le sujet. La série ne manque pas de scènes sanglantes qui montrent bien la proportion dramatique que peuvent prendre certains pouvoirs, et certains personnages (la majorité étant censurée dans la version française...). Nikki Sanders, qui vit à Las Vegas avec son fils Mika, tente tant bien que mal de rapporter de l’argent à la maison, même si pour ça elle doit vendre son corps sur le net, elle doit se débrouiller seule depuis que son mari à été mis en prison. Elle cache du mieux qu’elle peut ses activités, mais elle est toujours rattrapée par les évènements  et la maturité de son fils. Elle découvrira qu’elle a un alter-ego impitoyable après qu’elle ait tranché en morceaux sans même s'en souvenir des hommes de main qui venaient lui réclamer de l’argent. Certains personnages éveillent la sympathie des gens plus que d’autres, c’est le cas de Hiro Nakamura, japonais un peu bouffi très attachant, qui emporte son ami Ando dans une folle histoire qui doit l’emmener à sauver le monde. Ses mimiques tordantes, comme cette habitude de surenjouer les choses qu’il tient de son pays le rendent follement attachant et émouvant. Même si au départ il ressort comme un personnage amusant et léger, il dévoile un visage beaucoup plus triste et attachant lorsqu’il perd une amie qui lui est cher plus tard dans la série. Il reste à mon avis le plus attachant des personnages de la série. N’oublions pas aussi Mohinder Suresh, professeur de génétique indien qui décide de continuer les recherches de son père pour résoudre son meurtre mystérieux, ou Isaac Mendez, drogué qui se perd lui-même après avoir découvert que toutes les catastrophes qu’il dessinait en peintures se réalisaient, ou l’énigmatique Sylar, tueur en série qui désire s’emparer d’un maximum de pouvoirs par le meurtre pour combler le vide d’une vie insignifiante que le père de Mohinder illumina d’espoir lorsqu’il lui parla de ses capacités si spéciales. Ces personnages ne sont qu’on échantillon de ceux qui se rencontrent dans la série, et c’est avec plaisir qu’on suit leur évolution, que ce soit dans l’accomplissement de soi ou l’ombre la plus totale. Une chose est sûre : leur vie changera du tout au tout, et le monde lui-même changera de face lorsqu’ils révèleront leur véritable nature, que ce soit avec leur consentement ou contre leur grès.


       


« Aujourd’hui, j’ai traversé un incendie sans me brûler… »

La série bénéficie d’une bande sonore soignée, et regorge de musiques qui restent en tête (Eyes, de Rogue Wave, reste l’une de celles qui m’a le plus marqué). Pas de grands thèmes héroïques, pas de coups de violon tragiques, la série fait dans la simplicité et opte pour une bande son légère, saupoudrée de musiques d’artistes divers. Un choix plus que respectable, puisque ça participe à l’immersion dans la série out en gardant ce ton mélancolique unique qui la caractérise. Et lorsqu’elles s’accordent parfaitement à la scène, cette simplicité devient touchante à tous les points de vue, racontant au travers des notes les aléas d’une tranche de vie. Même la réalisation est efficace, le tout à beau être très simple, ça reste d’un réalisme convenable, ne vous attendez pas à voir des explosions de tous les côtés et de l’action à gogo, même si elle s’inspire de l’univers des comics la série fait dans un tout autre genre, plus dramatique, tout en mettant parfaitement en scène les capacités des personnages lorsque que celles-ci se manifestent (des blessures qui se referment, le temps qui s’arrête, des objets qui se liquéfient ou qui volent, tout ça n’est pas si simple à mettre en scène !). Mais encore une fois, ce n’est absolument pas le but de la série de berner les spectateurs avec de belles images, même si l’histoire reste difficile à cerner complètement on ne peut s’empêcher de se sentir concerné par l’histoire, fantastique mais pourtant très réaliste, de nombre de personnages. Elle a même la prétention de toucher tous les publics adolescents et adultes, les mettant en scène d’une manière ou d’une autre. Une série qui est loin de n’être réservée qu’aux adolescents donc, et qu’un adulte peut savourer tout autant, voire sûrement plus, qu’un adolescent d’âge moyen. Heroes n’a de cesse de mettre en scène des personnages emblématiques représentatifs du monde d’aujourd’hui, et raconte des histoires aussi tristes qu’incitant au sourire au travers d’une trame très complexe dont le dénouement paraît immuable, même à la fin de la première saison… ou plutôt le début de la seconde :)


       


« Sauve la pom-pom girl, sauve le monde ! »


Pour en savoir plus sur la série Heroes :

Guide Wikipedia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Heroes

Sites français :
http://www.heroes.fr/
http://www.heroes-france.com/
http://www.heroes-online.fr/
http://www.tf1.fr/heroes/

Site officiel américain :
http://www.nbc.com/Heroes/

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Gen'Seirin' Kokoro 07/08/2007 19:34

Perso je suis un grand fan de Claire, elle a une histoire très touchante et son petit visage toujours très triste est à croquer ! >_

Shanya 31/07/2007 22:01

J'ai finis la saison, et c'est vrai que pwa !!! Ca c'est une série que j'aime réellement ^^ !Tout se mèle et sentremèle (aucune idée de l'orthographe) à la perfection, et les acteurs jouent très bien leur jeu ! ^^Bref, j'aime (l)