Un peu de poésie...

Publié le par Gen'Seirin' Kokoro

Bon, c'est pas de la vraie poésie avec des rimes à répétition et des jeux de syllabes en arabesques, mais je pense que de simples textes bien écrits peuvent procurer autant d'émotion qu'un Bucolique calculateur (pour les non-initiés, Bucolique est une suite de célèbres poème écrits par Virgile, mot qui plus tard est devenu un adjectif rimant avec prospérité de la vie de campagne).


Bien évidemment la comparaison n'est pas envisageable, même en matière de poésie moderne je suis un incorrigible débutant, j'essaie tant bien que mal de faire passer des émotions qui me sont propres, toujours maladroitement mais avec bon coeur :)

En grattant un peu derrière les mots vous y trouverez peut-être une interprétation qui vous est propre, que ce que j'écrive s'applique à moi, à vous, à un personnage fictif ou s'étale dans la métaphore, on a tous notre propre façon de lire et de ressentir le pouvoir des mots !

(conseil : écoutez l'une de vos plus belles musiques pendant la lecture !)

Mes principales sources d'inspiration musicales :
ICO ~ Melody in the Mist - You were there ~ Ending Melody
Xenosaga III - Hepatica (KOS-MOS)

Vous pouvez écouter ces musiques dans le radio-blog du blog.


- The Another -

Une autre lune. Une autre terre…
Un rêve insignifiant, mais qui berce mes songes nuit après nuit…
Cette image qui se fait de plus en plus claire dans ma tête…
Une illusion presque palpable, un de ces rêves qui vous forge une vie…
Plus je la vois, plus j’ai envie d’y plonger,
Et de m’y égarer pour l’éternité…

Je suis allongé dans l’herbe, bercé par l’écho des tambours d’un autre monde.
Une lune de braises vogue dans les cieux,
Flottant sous les brumes nuageuses du ciel timide,
Je tends le bras, pour capturer cet astre de feu,
Je serre les doigts, jusqu’à m’en dévorer les chairs…
Jusqu’à en laisser échapper des larmes d’amertume.

Futile serait mon existence, si je n’étais un jour emporté par la nuit.
Je refuse de mourir. Je refuse de vivre. Je ne suis plus que l’espoir de ce songe.
Voir cette lune de mes propres yeux, être touché par sa lumière écarlate,
Et sentir le doux vent des autres landes frôler mon visage…

Cette force qui emplit mon cœur quand j’y repense, ce désir inconditionnel,
Je souhaite qu’ils durent toujours, même si cela signifierait en mourir.
Sans hésiter, je franchirais montagnes et vallées,
Si ma destination m’était indiquée…

Je me perdrai dans cet exode sans fin, et dirai adieu à ce monde cruel,
Oubliant mes peines et mes douleurs, ma sérénité et mes refuges.
Une envie de m’envoler, de m’évader au loin,
Et d’y trouver un monde meilleur…

Dans ce monde misérable, heurté par une vie de pitié et de mépris,
J’erre ici-bas, à la recherche de ce que je n’obtiendrais jamais.
Guidé par ce rêve insoluble, semant derrière moi les larmes du pleureur,
Je cherche en vain la lune flamboyante qui berce mes âges…

Et je me revois allongé, admirant les cieux d’un autre monde,
Doucement soulevé par la brise qui fait frémir ces milliers de palmiers,
Qui, comme pour m’accompagner, dansent frénétiquement au gré du vent.
Sombrer dans le fol espoir d’atteindre un jour cette autre lune…

Un rêve dans un rêve, qui s’il était exaucé n’aurait plus de raison d’être,
Je me perds aujourd’hui pour nourrir cette croyance affamée,
Déambulant dans les limbes de ce monde, en ces temps et pour toujours.
Comme un ange perd peu à peu ses plumes, incapable de rejoindre les cieux…

Une âme en peine qui ne cherche qu’à reposer parmi ses songes…


Une autre lune.
Une autre terre.
Un autre rêve.





- Sirocco -

La lune se levait à nouveau. La nuit devenait de plus en plus noire.

Je marchais depuis un moment déjà, les yeux perdus dans le ciel. Je ne voulais pas m’arrêter, si ça signifiait perdre cet instant. Ces rares moments où une tendre sérénité envahissait mon corps. Alors je marchais, je mettais inconsciemment un pied devant l’autre, me dirigeant vers l’avenir sans même avoir le sentiment d’avancer. Perdu dans mes rêves de gamin.

Je fixais toujours les cieux sombres, mon regard chassant les étoiles. Peut-être que dans l’une d’entre elles, j’espérais trouver du réconfort. Je voulais y voir une étoile pas comme les autres, bien trop faible pour s’éveiller parmi ces milliers d’éclats. Je désirais y plonger, et m’y perdre pour l’éternité. Là-bas, la douleur serait peut-être plus douce.

Une bride de nuages traversait le ciel. Le temps d’une plainte silencieuse.

Tout ce que j’avais laissé pour en arriver là, je l’avais perdu à jamais. Tant de souvenirs, tant d’expériences, tant d’épreuves qui m’avaient blessé profondément. Alors qu’enfin j’avais la force de les surmonter, je me rendais compte qu’il était trop tard. Aujourd’hui, il ne restait de moi que ce que j’étais. Pas de choses accomplies dont je pourrais être fier, pas de personnes à qui j’aurais laissé une trace dans le cœur. Seulement ces centaines de larmes abandonnées dans la pénombre. Ces mots qui furent mes pensées. J’aurais voulu les laisser s’échapper. Et qui sait, une oreille les aurait peut-être écoutés, et m’aurait tendu sa main. Chaude et attentionnée.

Des notes de piano dans l'autan. Paroles indicibles qui s’en allaient au vent.

Je les enviais, les courants du monde. Eux passaient leur vie à voyager, traversant des continents entiers, sans cesse à la recherche de nouveaux paysages à balayer. L’air s’engouffrait dans une vallée, puis il courait en caressant l’eau calme d’une rivière. Il faisait courber l’herbe folle et dansait avec les arbres. Il franchissait les plus hauts sommets, et s’égarait dans les ruines d’une cité de pierre, balayant tendrement le passé. Depuis le début du monde, il avançait sans gémir. Il chantait, et partout où il passait, on pouvait entendre son écho. Le récit de ses voyages sans fin.

Ah, ce que j’aurais aimé être le vent. Fier et libre.

Alors que l’un façonnait l’ardent océan, l’autre errait sur les terres glacées du nord. Vents des globes, messagers invisibles d’une terre en péril, déposant tantôt un baiser timide et bucolique sur le monde, y abattant tantôt leur bruyante colère. Maëlstrom rasant parfois des villes entières, ou bise transportant les bases d’une vie future vers de lointains horizons. Vents des globes, voyageur éternels d’un monde effacé par le temps.

Pierre jaune dans le sable, autrefois édifice imposant des temps anciens.
Lentement balayée par le sirocco, piétinée par les vents du renouveau.
Caillou bientôt noyé dans le désert, symbole oublié de la splendeur d’antan.

Marchant encore vers le futur, les yeux toujours rivés sur les cieux, j’avançais lentement, sans même voir le bout du chemin. Je refusais certainement de me l’avouer, mais je savais au fond qu’un jour je finirai ma route. Et je tomberai, poursuivi pour l'éternité par la gueule de l'aquilon.

~ L’homme n’est pas responsable de la déchéance du monde. Le temps, quelque soit la référence, accomplit toujours son œuvre.
Tout ce qu’il peut faire, c’est regarder devant lui et ne pas être surpris de voir venir sa chute. ~



C'est tout pour aujourd'hui, merci pour la lecture, n'hésitez pas à donner votre avis, et surtout n'oubliez de regarder au delà des mots, j'accueillerai vos analyses avec joie ;)

Publié dans Créations

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Commenter cet article

Akiko 20/05/2007 21:54

tu est le plus pur poete que j'eu sus lire jusqu'a present et tes paroles mon portées jusqu'au dela de mes paroles elle même jamais je n'eu recenti l'emotion que j'eu recentie en lisant ces premier poeme et j'espere que, au moin pour mon bonheur, tu continura a poser tes mots dans ton blog et que tes poeme continuent a me porter au dela des reves