Jeudi 15 mai 2008

        Ce mois d’avril nous plonge décidément dans une saison animée de très grand cru, et même au milieu de la vague de série cotées de Production IG (Lybrary Wars, Real Drive), Gonzo (Blassreiter) et Bones, on trouve tout de même des séries très prometteuses à l’avenir tout aussi reluisant que celui des production des grands studios de l’animation japonaise (la série Kaiba en est l’exemple le plus flagrant : attention, chef d’œuvre). Les quelques très bonnes séries de l’automne dernier ne sont pas encore terminées qu’on nous offre déjà de nouvelles séries sur un plateau d’argent (et c’est le cas de le dire !). Mais ici c’est à une production de Gonzo que nous allons nous intérésser : la dénomée Tower of Druaga ~ Aegis of Uruk, qui derrière un nom pas très attirant cache un énorme potentiel et une production d’une qualité bluffante !



 

Tower of Druaga, c’est à la base un vieux jeu de rôle arcade sorti dans les années 80 au concept plus que simpliste : un héros, une tour, un niveau par étage (construit sous la forme d’un petit labyrinthe rempli de bébêtes en tous genres), et une soixantaine d’étages pour finalement arriver au boss final, le dieu maléfique Druaga, et rétablir la paix dans le royaume. Difficile d’imaginer qu’on puisse faire une adaptation décente d’un concept si répétitif  et pesant, mais n’oublions pas que le jeu est sorti à l’ère des premiers jeux en 2D et qu’à l’époque on faisait avec les moyens du bord ! La série Tower of Druaga a connu au fil du temps de multiples suites qui semblent être passées inaperçues, la plupart du temps des remakes sans grand intérêt de cette montée de la tour de Druaga. Cette série animée arrive donc comme un messie pour relever la série et la faire connaître tout en étant bien loin d’être un simple argument commercial. En effet, même si on pourrait croire avoir à faire à une série du genre de Deltora’s Quest, bourrée de clichés et seulement appréciable par les nostalgiques de l’époque des RPG simplistes et sans prise de tête (ceux-là même qui ont créé les clichés qu’on évite aujourd’hui comme la peste), il se trouve que c’est avec une grande surprise qu’on découvre qu’Aegis of Uruk est très différente de ce qui pourrait passer pour une simple adaptation.

 

   

   

 

Parlons tout d’abord du premier épisode : à la manière de l’épisode introductif de La Mélancolie de Suzumitya Haruhi, cette entrée en la matière est très controversée, nous exposant tous les clichés imaginables de l’univers du RPG dans une parodie complètement déjantée qui n’hésite pas à user de références inattendues (Dragon Quest, Gurren Lagann, Star Wars et même Power Rangers, faut oser) pour donner un épisode qui en fera rire certains aux éclats  et ennuiera les autres pendant une bonne demi heure. Juste un petit coup de gueule en passant : les gens se fichent royalement de savoir si vous avez compté le nombre de fois où vous avez souri en regardant un épisode, ou même de savoir si vous êtes atteint de paralysie des zygomatiques : soit vous trouvez ça drôle, soit vous n’aimez pas cet humour, arrêtez de nous bassiner avec vos « j’ai souri une fois » et co., on s‘en fout. Si vous ne faites qu’émettre quelques sourires serrés lorsque vous êtes face à quelque chose d’hilarant, je pense que le problème vient de vous, pas de la série en question. Si vous ne riez pas aux éclats devant un épisode d’Hare+Guu (quitte à rire tout seul et à passer pour un abrutit), alors vous devriez penser à consulter un docteur ou à abandonner définitivement la comédie dans les animés. Laissez donc aux amateurs de comédie le loisir d’apprécier ce qui les fait rire. A bon entendeur, revenons à nos moutons. Ce petit délire introductif n’est donc pourtant pas représentatif de la série, puisqu’on découvre à la fin de l’épisode que toute cette histoire abracadabrante n’était que le rêve du personnage principal, tombée dans les pommes dès le début de l’épisode. Un concept original et contestable qui au moins l’avantage d’exposer tous les clichés imaginables pour mieux les éviter dans le développement résolument plus sérieux de la série. Un très bon point donc, personnellement je ne peux qu’admirer le style et faut dire que j’ai bien rigolé devant le premier épisode lorsque j’ai appris que ce n’était qu’un délire du héros ! L’humour ne disparaîtra cependant pas complètement dans le reste de la série, et c’est toujours d’une manière très intelligente qu’on le retrouvera, le cinquième épisode est par exemple entièrement dédié à l’humour et ça ne l’empêche pas d’être le meilleur de la série jusqu’à maintenant, avec l’épisode deux qui est tout simplement bluffant dans sa manière d’introduire l’univers de la tour et de la ville de Meskia. Le retour au sérieux aurait pu aussi faire retomber le spectateur dans un show plus classique, mais il n’en est rien, ce sont des personnages originaux, pleins de potentiel et de fraîcheur qu’on découvre dans les deux épisodes suivants, le tout dans un univers beaucoup plus cohérent et recherché qu’il n’y paraît.

 

 

 

La ville de Meskia a quelque chose de fascinant, tout d’abord parce qu’elle est construite à l’intérieur de la tour, qui tient plus d’une gigantesque montagne que d’une véritable tour. C’est d’ailleurs à cause de cette position que lorsque vient l’été d’Anu, une période cyclique ne revenant qu’après plusieurs années où les créatures peuplant la tour sont affaiblis grâce au sortilège d’une entité nommée Anu, des monstres tombent parfois du haut de la tour et sèment le chaos dans les rues de la ville, vite arrêtés par les armées vouées à la défense de la ville. Meskia est majoritairement peuplée par les « grimpeurs » qui arpentent la tour à la recherche de trésors sans vraiment chercher à en atteindre le sommet, comme l’aurait fait seul le roi Gilgamesh auparavant d’après les légendes. L’été d’Anu est donc l’occasion pour eux de grimper plus haut dans la tour en équipe, et donc d’amasser plus de trésors, et c’est à peine si le peuple de Meskia croit encore en l’existence d’un dieu maléfique nommé Druaga qui vivrait au sommet de la tour, qui n’a jamais plus été atteint. Une situation de Jil, notre héros, trouve insupportable, ce qui le poussera à recherche d’autres compagnons après s’être fait virer de l’équipe qu’il avait rejointe dans le premier épisode, accroché à son frère aîné Neeba sans vraiment savoir où il allait mettre les pieds. Ces équipes de grimpeurs ne sont d’ailleurs par formées au hasard, puisque chaque membre est assigné à une tâche spécifique pendant le combat, des classes en quelque sorte. Le Gardien retient les monstres grâce à son bouclier, l’Oracle soigne l’équipe et lance des sorts de soutien, le Mage lance des magies offensives sur les ennemis, etc. Cet aspect des combats est très bien mis en valeur avec notre équipe de personnages principaux. Même l’utilisation de la magie demande quelques ustensiles et un peu de subtilité, les personnages semblent enclencher une sorte de réserve d’énergie dans leur arme avant de lancer la magie en invoquant différentes entités, je trouve ça plutôt bien fait, et ça change des noms anglais un peu idiots que les personnages hurlent habituellement pour lancer un sort sans réelle contrepartie.

 

   

   

 

Les multiples révélations des premiers épisodes laissent présager un scénario bien plus complexe pour ce qu’on pensait être une simple montée successive d’étages, notamment grâce aux personnages qu’on rencontre, de l’énigmatique Neeba à la mignonne et étrange Kaaya. Etrange, c’est le moins qu’on puisse dire, elle semble cacher de très lourds secrets tout en étant très innocente et légère tout au long des épisodes, même lorsque Jil lui demande pourquoi elle veut atteindre le sommet de la tour elle reste incroyablement vague, prétextant une histoire pour ensuite la nier, puis prétendre ensuite que c’était la vérité alors que ce n’est manifestement pas le cas, c’est plutôt troublant. Mon personnage préféré reste celui d’Ahmey, une lancière en armure en apparence très expérimentée et sûre d’elle qui passe son temps blazée par le comportement de débutant de ses compagnons, un personnage très attachant et assez drôle qui a de multiples facettes, la manière dont elle veut toujours passer pour la plus sérieuse et sa petite toux nerveuse sont vraiment des trouvailles géniales qui la rendent unique en son genre. Parmi notre palette de personnages hauts en couleurs, on a aussi le mage Melt qui n’est doué en magie qu’en apparence accompagné sa mignonne servante Coopa, qui a plus l’air de dominer son maître que l’inverse, et qui est certainement la plus mature des personnages tout en cachant un esprit enfantin derrière ses traits de gamine autoritaire. La scène qui m’a le plus marqué pour le moment est sans aucun doute la rencontre du héros avec Kaaya, une prouesse de mise en scène accompagnée d’une musique superbe et au final une scène courte mais absolument bluffante et à l’impact saisissant. Des personnages on ne peut plus attachant qu’on prend un plaisir fou à suivre tout au long de leurs aventures rocambolesques et dans des situations qui frisent souvent le ridicule (n’avez-vous jamais rêvé de vous noyer dans un slime géant ?). Cette équipe de joyeux rigolos a pourtant un énorme potentiel et la scénario joue habilement  avec eux en passant de scènes drôles à des moment beaucoup plus sérieux : et la sauce prend sans problème.

 

 



 

 


La plus grande énigme de la série reste son opening : on y voit les personnages évoluer dans le japon moderne avec des situation tout droit sorties d’un animé se passant à notre époque. Les personnages sont en famille alors qu’ils n’ont aucun lien dans la série, Ahmey court sur le trottoir en jogging, on entre dans un métro rempli de chevaliers en armure, on peut dire que le générique donne dans l’originalité. On pourrait croire que la série entière se déroule dans une sorte de jeu de rôle en ligne, à la manière d’un .hack, mais tout semble on ne peut plus réaliste et cohérent et l’idée du jeu de rôle est assez inconcevable, d’autant plus que plusieurs personnages importants sont affichés sur des pancartes sur un bus ou dans les couloirs du métro dans le générique. J’y vois plutôt une sorte de métaphore, et ça devient très intéressant de voir dans quel rôle on a placé les différents personnages, peut-être qu’on peut aussi y déceler quelques messages concernant la série et ce qui l’entoure. Un grand nombre d’inscriptions sont aussi écrites sur les murs et les pancartes, la dernière qui montre tous les personnages de la série (mais en mode heroic-fantasy cette fois) affichant par exemple une mystérieuse date (Juillet 2009). Simple hasard, date de sortie définitive du jeu de rôle massivement multijoueur Recovery of Babylim qui est à ce jour en production jumelée ? Rien n’est moins sûr… Ce que le générique a d’excellent, c’est que la musique commence dans un rythme assez humoristique pour lentement glisser vers l’intensité et se terminé sur Jil et Kaaya se serrant l’un contre l’autre dans la tour de Druaga avec une musique beaucoup plus sérieuse et intense. Sans doute le générique le plus subtil et changeant qu’il m’ait été donné de voir jusqu’à maintenant, lui seul nous expose tout un tas de questions et d’indices tout en nous transmettant le rythme très soutenu de la série, un exploit ! L’ending est quand à lui beaucoup plus classique, mais pour une fois on a droit à une musique au rythme soutenu, ça fait du bien de ne pas se sentir obligé de couper le générique pour ne pas s’endormir devant son écran (il aurait sans problème pu servir d’opening à une autre série). Par ailleurs, celui-ci est beaucoup plus en accord avec le côté sérieux de la série, et il se laisse écouter et regarder de bout en bout sans problème. Une seule question pèse vependant sur cet ending : qui est cette femme qu’on aperçoit tout au début du générique ? Peut-être la divinité Ishtar ? Patience, la suite de la série de la série nous le dira sûrement…

 

 

   

   

 

Niveau réalisation et chara-design, je pense qu’il est inutile de préciser qu’on a affaire à du lourd, et même si a de rares moments le visage des personnages semble bouffi ou si les profils sont un peu étroits, le tout reste très expressifs et en accord avec le côté sérieux de la série comme avec son côté humoristique (Gonzo n’a pas l’habitude de faire dans la dentelle, et a même la réputation d’en faire trop). La réalisation atteint parfois des sommets, comme pour la scène de la rencontre avec Kaaya, et elle reste d’excellente facture tout au long des épisodes, les décors et les personnages sont d’ailleurs beaucoup plus soignés à partir de l’épisode deux que dans le premier épisode, et ce même lors des passages comiques (l’épisode cinq bénéficie d’une réalisation de haute volée et ne fait pourtant que dans l’humour). Les musiques sont pour le moment peu nombreuses, mais les quelques compositions qui ont montré le bout de leur nez sont pour le moment très réussies et collent parfaitement avec l’action et l’ambiance très étoffée de la série (rappellons que c’est Hitoshi Sakimoto qui s’occupe des musiques de la série, entre autres compositeur de Final Fantasy XII, jeu dont j’ai adoré l’OST). Le design des personnages a bénéficié d’un soin tout particulier leur donnant toujours un côté unique tout à fait en accord avec leur caractère un peu à part qui serait plutôt celui de personnes de notre époque (là aussi on peut y voir un lien avec le générique d’ouverture). Notons pour finir que pour contrer le fansub de plus en plus gradissant, et de ce fait gênant pour la ditribution des séries au Japon comme au travers du reste du monde, Gonzo a lancé une diffusion gratuite de la série sur Youtube en sous-titré anglais, une très bonne initiative qui a aussi l’avantage de populariser davantage la série ! Le premier épisode parodique existe d’ailleurs en une seconde version qu’on ne peut obtenir que par des moyens payants montrant ce qui se passe pendant que le héros est dans les vappes au lieu de nous montrer ses délires nocturnes, une méthode aussi contestable mais qui au final ne fait pas perdre grand-chose à l’amateur de gratuité, puisque ce premier épisode est une démarche brillante pour lancer la série et qu’une version plus classique aurait fortement fait baissé la curiosité qui entoure la série. Là aussi, on a affaire à une démarche commerciale intelligente qui montre bien que la distribution de la série ne tient absolument pas du hasard ou de l’amateurisme.

 

 

The Tower of Druaga ~ Aegis of Uruk (ou tout simplement Druaga pour les intimes) est donc une des séries qui se hisse sans problème sur le podium décidément très large des nouveautés du mois d’avril, et excelle avec une maîtrise parfaite de ses personnages et son univers tout en renouvelant avec brio les clichés du genre très statique de l’héroic-fantasy, nous plongeant de surcroît dans un scénario bien plus complexe qu’il n’y paraît tout en n’oubliant pas l’humour et les nombreuses références qui parsèment ce début de série. Une adaptation qui se révèle être bien plus qu’une simple transcription animée et brille par sa richesse, son intelligence et sa maîtrise. Même si tout le monde n’y trouvera pas son compte à cause de ses tendances contrastées et de ses méthodes contradictoires et controversées, Druaga est l’une des séries remarquables des sorties du mois d’avril, et même si elle n’est pas la meilleure d’entre elles elle fera sans doute des émules, les épisodes à venir nous diront si la série pourra faire face à la concurrence très rude qui la menace !

par Gen'Seirin' Kokoro publié dans : Japanimation
Vendredi 9 mai 2008


Encore un petit clip pour la route, cette fois c'est du J-Rock avec World's Love du groupe Mi.

La musique est très enjouée et ne lésine pas sur la guitare, dommage que le clip ne suive pas ! C'est certainement ce qu'on obtient lorsqu'on a un budget dérisoire, mais même un petit live aurait été plus sympathique. Notons quand même la présence de quelques passages animés de l'introduction de Shining Force EXA, une version instrumentale spéciale ayant été composée tout spécialement pour ce jeu c'est tout naturellement qu'on les retrouve dans ce clip.

Reste que je n'ai pas entendu de musique aussi jouissive depuis Tommy Heavenly6 et son Pray :)
par Gen'Seirin' Kokoro publié dans : Médiathèque
Mercredi 7 mai 2008
    Dans la série jeux-vidéo inspirés de la richissime mythologie scandinave, je demande Odin Sphere, un petit bijou tout en 2D offert à nos yeux par le studio Vanillaware décidément de plus en plus talentueux, et je dirais même presque au sommet de son art. Presque, parce que même si cette superbe fresque de destinées, de combats et d’amours déchus dépeinte sur un univers résolument mythologique a tout pour plaire, elle n’est pas exempte de défauts. Odin Sphere aurait sans aucun doute atteint la perfection, à défaut de la frôler ou même de la convoiter, à ces quelques détails près, mais rassurez-vous, l’expérience n’en reste pas moins saisissante de fraîcheur et d’intensité !



   


Précisons tout d’abord que malgrès ses graphismes tout en 2D et ses traits quelque peu enfantins, ou plutôt féeriques, Odin Sphere ne fait pourtant pas dans le dégoulinant de sucre et de naïveté et nous expose des histoires et des personnages réalistes, dans le sens que leur personnalité très marquée ne manque pas d’évoluer et de s’enrichir tout au long de la trame scénaristique, scénario qui regorge de subtilités et de liens tissant les multiples cinématiques de chacun des personnages jouables. La maîtrise de l’histoire saute très vite aux yeux, et c’est un exploit quand on sait que ça aurait pu se terminer en un méli-mélo dramatique d’évènements sans queue ni tête ! Certains aprioris laisseraient penser qu’un jeu en 2D laisserait peu de place à l’histoire, d’autant plus avec une vue de côté, mais il n’en est rien, et c’est sans problème qu’on se laisse absorber par cette fresque de personnages et de figures emblématiques. Nous suivons tout d’abord les traces de la princesse valkyrie Gwendolyn et nous trouvons plongés dans une guerre sans merci opposant deux des trois plus grandes nations d’Erion : j’ai nommé Ragnanival et Ringford, respectivement gouvernés par le souverain belliqueux Odin (surnommé à juste titre Seigneur Démon par le peuple) et la trop audacieuse reine des fées Elfaria. C’est donc sur les terres dévastées de l’ancien royaume de Valentine, dont l’Histoire nous sera révélée au compte-goutte tout au fil du jeu, que le joueur a le loisir de diriger Gwendolyn et de lancer quelques coups de lance, maladroits au départ il faut bien l’avouer, sur une poignée de soldats ennemis et de fées capricieuses tout en admirant un paysage qui semble avoir été soufflé par un gigantesque cataclysme : arbres, ruines de grands bâtiments et d’églises, tout est étrangement incliné, et lorsqu’on jette un œil à la carte d’Erion on comprend très vite pourquoi : ce champ de bataille est un immense cratère, cicatrice imposante d’un cataclysme capital pour l’Histoire (avec un grand H, s’il vous plaît) d’Odin Sphere. Un contexte très politique et sans réel parti pris (ni bon ni mauvais, les points de vue ne cessent de diverger durant le jeu et rendent impossible cette séparation) qui a déjà le mérite d’exposer un aspect très adulte tout en restant on ne peut plus enchanteur. L’histoire commence par les dernières paroles de Griselda, sœur de Gwendolyn et première princesse de Ragnanival, beaucoup plus estimée aux yeux de son père que cette dernière, qui a bien du mal à exhiber sa fierté de valkyrie tant elle essaie de gagner l’amour de son père qui ne pense qu’à guerroyer et ne trouve de fierté que dans le combat. Une jeune femme tiraillée et hésitante véritablement attachante, d’autant plus que sa personnalité ne cessera de s’enrichir et d’évoluer tout au long des évènements pour finalement s’émanciper totalement, fait commun aux cinq personnages jouables du jeu. On peut aussi noter que pour une fois, les cinq protagonistes ne sont pas unis dans une seule équipe contre un adversaire commun, il arrivera même fréquemment que le joueur doivent affronter un autre personnage jouable selon le scénario joué. Le contexte global de l’histoire et les personnages ne sont pas sans rappeler un certain Valkyrie Profile, ressemblance qui va au delà d'une source d'inspiration commune, avec ses luttes de pouvoir intestines, ses personnages torturés et ses destins insécables et amours impossibles, auquel on aurait ajouté des couleurs chatoyantes et un travail fou rendant la 2D absolument délicieuse, d’un détail et d’une fluidité remarquables. Avec tout ces atouts, il est évident que je ne pouvais qu’aimer.

  

   

   


Du côté technique aussi donc, on ne peut être qu’épaté par le travail réalisé par Vanillaware, pas à un seul instant les décors ou les personnages semblent figés, et même les ennemis bénéficient d’un soin tout particulier et s’animent à la perfection tout en exhibant un design plutôt accrocheur (ça fait longtemps que je n’avais pas vu d’aussi beaux dragons dans un jeu vidéo, et je pèse mes mots). Les menus bénéficient d’un soin tout aussi impeccable, ça va même jusqu’au livret du jeu très coloré qui en met plein les mirettes, sans compter que la totalité du contenu du jeu a bénéficié d’une traduction française, c’est inespéré. Tous les dialogues sont eux aussi doublés, y compris les salutations des marchands et autres personnages qui déambulent dans les niveaux, mais évidemment aucun doublage français à l’horizon (et j’ai envie de dire « heureusement », peut-être qu’il vaut mieux qu’on évite de faire ce pourquoi nous ne sommes manifestement pas doués !). Reste que les options nous laissent le choix entre doublage anglais et japonais, ce qui est plutôt sympathique même si j’ai une préférence pour le doublage anglais, beaucoup plus « filmique » si je puis dire (pourtant d’habitude c’est l’inverse, une question d’immersion je suppose). Même si les décors que traversent nos personnages sont peu nombreux et qu’on doit souvent les traverser à nouveau, et c’est bien là un des défauts d’Odin Sphere, ils en sont d’autant plus soignés et nettement différents à jouer. Chaque niveau a des spécificités bien précises, comme un élément ou un statut anormal associé (mon préféré est l’état « grenouille » qui transforme le joueur en une pauvre rainette honteusement faible !).




Même si les niveaux sont plutôt répétitifs (un enchainement de vagues de monstres sans énigmes, pas même une porte à ouvrir ou un obstacle à détruire), le gameplay est équilibré par des systèmes recherchés et innovants, comme les niveaux indépendants de points de vie et de point de « phozons ». Le premier permet au joueur d’augmenter son nombre maximum de pv, c’est la nourriture qui procure l’expérience nécéssaire à cette ascension, il est d’ailleurs conseillé d’aller souvent au restaurant manger un bon petit plat qui fera miraculeusement monter ce niveau grâce à une multitude de recettes ramassées dans les niveaux. Le niveau de phozon, quand à lui, est à mettre en rapport avec la puissance de votre arme, et donc l’impact de vos attaques, les phozons sont des petits éclats violets qui peuvent être libérés de plusieurs façons, la plus courant étant en abattant un ennemi. Il vous suffira ensuite d’absorber ces phozons pou faire grimper le niveau de votre arme, ce qui vous permettra aussi de lancer des attaques spéciales aussi utiles que dévastatrices qui vous sortiront de mauvais pas à de nombreuses reprises. Le personnage joué en lui-même n’a donc pas de niveau général, et c’est ce qui rend ce système si original tout en poussant le joueur à se nourrir fréquemment et à réunir le plus de phozons possible. Et on peut dire que c’est nécéssaire quand on voit le challenge que resprésentent certains boss ou mini-boss ! (le premier affrontement avec le Général Brigan reste un de mes souvenirs les plus douloureux…). La difficulté est néanmoins minimisée puisqu’on peut recommencer l’étape du niveau ou le boss à loisir lorsque nos pv atteignent inopinément 0. Le système d’objets est lui aussi très bien fait avec son anneau à l’écran et ses sacs de contenance variable pour allonger l’inventaire, sans parler du système d’alchimie et de botanique très simple mais qui ajoute vraiment une touche unique à l’inventaire avec tout un tas de graines et de mandragores aux usages divers. Les graines aspirent par exemple du phozon pour croître et donner des fruits à consommer, alors qu’un mélange d’une matière et d’une mandragore pourra donner une potions aux effets variés  La simplicité la plus dérangeante concerne donc surtout les niveaux, qui même s’ils sont bien organisés (un assemblage de cercles très bien trouvé d’ailleurs, chaque cercle correspondant à un pallier de taille variable selon le défilement horizontal de l’écran) restent peu nombreux et vite expédiés, un peu plus de complexité dans tout ça aurait certainement rendu le jeu encore plus parfait qu’il ne l’est déjà, tout comme la sélection simple sur la carte. Voilà, c’est honnêtement la seule chose qui soit rebutante, à l’exception peut-être de la durée du jeu, tout de même très conséquente pour son genre, mais comme tout produit addictif on ne peut que devenir accroc et en redemander, que voulez-vous.


   


Le chapitre le plus long reste le premier, et c'est aussi le plus réussi, on ne pouvait pas rêver mieux comme mise en bouche. Le rythme des niveaux d'installe très vite : d'abord le personnage a un court temps de répit à la base, puis vient la sélection du prochain niveau. Une fois celle-ci effectuée quelques cinématiques viennent relancer l'histoire, puis le joueur traverse le niveau et déclenche une autre cinématique lorsqu'il arrive au boss et lorsqu'il le bat. La sélection des différents chapitres se fait quand à elle dès le lancement d'une partie, où on dirige une jeune fille dans une bibliothèque et qu'on prend un des livres posés sur le sol pour s'installer confortablement sur un fauteuil, les lire et laisser faire son imagination. Un chat noir nommé Socrate se balade aussi dans la pièce et permet de jeter un oeil à la chronologie et aux différentes cinématiques débloquées sans forcément entrer dans un chapitre spécifique. Une progression peut-être un peu trop simpliste qui rend le jeu assez prévisible dans son ensemble, aussi complexe que soit le scénario. Soulignons quand même qu'un chapitre final se débloque lorsque les cinq chapitres sont achevés, qui se révèle être un challenge pour les joueurs et apporte beaucoup de piment à la fin du jeu. Les cinq personnages jouables sont dotés de coups et d'aptitudes différents, ce qui leur donne un côté unique et rend les premiers pas assez difficiles, mais cette subtilité s'avère payante puisqu'on se prend vite au jeu et qu'on a bien du mal à quitter son personnage lorsque le chapitre se termine. Heureusement, le jeu nous offre la possibilité de le recommencer à loisir en repartant du début du chapitre tout en gardant les statistiques du personnages. Odin Sphere joue beaucoup sur la répétitivité, que ce soit dans ses niveaux ou dans sa manière d'apréhender son scénario, et même si c'est largement critiquable il faut avouer qu'avec un minimum de persévérance et d'adaptation cette technique s'avère être souvent payante.




N’oublions pas de parler des musiques, là aussi je ne peux que m’incliner devant tant d’efficacité. La composition est assez simple, mais j’ai rarement vu une bande sonore aussi efficace, ça donne des thèmes enjoués qui restent en tête et qui donnent envie de se lancer à corps perdu dans l’univers du jeu. Je m’étais procuré l’OST bien avant d’acheter le jeu, et on peut dire que je l’ai véritablement redécouvert en jouant, et ça a royalement dépassé mes attentes, certains thèmes pourraient même sans problème entrer dans les classiques du genre, comme la très impétueuse Valkyrie March ou les musique contre les boss finaux de chaque personnage, tout comme celle parfois très calme de certains niveaux (celle des Rocheuses Glacées est excellente, la version calme pourrait parfaitement coller à un niveau de Valkyrie Profile), de nombreux autres thèmes se dégagent du jeu et de son ambiance onirique, on ne se lasse pas d’écouter même les plus simples d’entre eux (je n’arrive pas à expliquer pourquoi j’aime tant Study Time…), la musique Siking in Sadness me fait irrémédiablement penser à Gwendolyn accoudée au parvis du vieux château et je ne peux pas non plus m’en passer et le thème calme de la cité de Nebulapolis a vraiment quelque chose d’inoubliable ! Il en devient difficile de penser à une scène, un combat ou un personnage sans avoir la musique associée qui revient en tête. Je suis d’ailleurs toujours en admiration devant la musique du boss final du jeu, épique et époustouflante, il est impossible de parler sérieusement d’Odin Sphere si on ne l’a pas entendu au moins une fois, et si on ne l’a pas ressentie pendant le dit combat. Dantesque. Même si elle met du temps à démarrer (comme la plupart de celles de l’OST d’ailleurs) la musique s’envole et en devient vraiment jouissive, on en oublierait presque de combattre pour l’écouter... Le thème d’Odin Sphere est lui aussi mémorable et reste en tête dès les premières notes, les différentes versions présentes dans l’OST sont tout aussi réussies, ma préférée restant la version orchestrale immédiatement suivie par la version Sanachie. Les différents compositeurs se sont donc acquittés de leur tâche avec brio, et même si certaines compositions resplendissent bien moins que d'autre, le plaisir de l'écoute est palpable. Au niveau sonore donc, on a aussi affaire à du très lourd, c’est un régal de retrouver cette instrumentalisation si riche au service de l’ambiance mythologique et onirique du jeu !


   



Même si Odin Sphere débarque tardivement sur une PS2 qui commence à prendre de l’âge mais ne se tarit pas en hits, il s’impose immanquablement comme un enchantement pour les yeux, les oreilles et pour l’esprit qu’il serait criminel de manquer. Rarement un jeu n’aurait frôlé de si près la perfection, mais il est clair qu’il met dores et déjà le pied dans le domaine de l’art et prouve encore une fois qu’un jeu, c’est autre chose qu’un délire virtuel d’adolescents en manque d’amour ou de vie sociale (rappelez-vous, le dernier en date était Okami). Quelques défauts qui gâchent un peu cette fresque si enchanteresse mais n'enlèvent rien à son intensité ! Odin Sphere est donc une oeuvre qui se contemple plus qu'elle ne se joue, et qui a donc un peu de mal à satisfare les joueurs aguerris malgré la présence de nombreux systèmes originaux, mais le jeu n'en reste pas moins fascinant à parcourir de bout en bout et réserve parfois quelques surprise sans manquer de challenges.


Décidément, on dirait que la mythologie scandinave ne cessera jamais d’être aussi prolifique et d’inspirer les créateurs de jeux-vidéos et d'oeuvres en tout genres, et le pire c’est que le résultat est souvent excellent :)
par Gen'Seirin' Kokoro publié dans : Jeux Vidéo
Vendredi 25 avril 2008
Edit : Comme vous pouvez le constater, tout remarche convenablement, plus de peur que de mal au final. La "petite" absence du serveur était manifestement due à un excès de bande passante (il n'a sans doute pas apprécié la centaine de musiques du radio.blog). Je prendrai donc des mesures à l'avenir si le problème se reproduit, encore toutes mes excuses pour la gêne occasionnée !

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    Juste un petit article pour signaler des problèmes de serveur. Le serveur Free hébergeant la majorité des images du blog expérimentant actuellement quelques problèmes d'indisponibilité inexplicable, la navigation se verra quelque peu amoindrie (voire carrément rendue impossible) par l'absence des liens accompagnant habituellement les dites images. Si la situaton se prolonge je vais devoir me renseigner auprès des services client Free voire même changer de serveur ou d'hébergeur, mais j'espère ne pas avoir à en arriver là.

Je m'excuse pour la gêne occasionnée, en espérant que tout redevienne normal très rapidement !
Et si c'est votre première visite, je vous encourage cordialement à revenir plus tard :)

Merci à vous, et encore toutes mes excuses !

par Gen'Seirin' Kokoro publié dans : Administration du Blog
Jeudi 17 avril 2008
    Les sorties de ce début d'année nous réservent encore des surprises, mais certaines d'entre elles font déjà largement parler d'elles, d'autant plus que leur diffusion est presque terminée au Japon. C'est  bien sûr le cas de Shigofumi, une série qu'on voyait venir au tournant mais qui s'est révélée être plutôt surprenante. Attention, cet article contiendra quelques révélations importantes à propos de la série et de son ambiance, je vous conseille d'arrêt là la lecture et de vous lancer dans le visionnage du premier épisode si vous ne voulez pas manquer le choc de votre vie et découvrir plus intensément l'ambiance de la série! (bon d'accord, j'en fais peut-être un peu trop :p)



   


Vous tenez à continuer la lecture ? Très bien, juste pour vous je vais quand même tenter d'en cacher le plus possible pour ne pas gâcher la portée émotionnelle puissante du début de cette série. Mais avant tout, une question se pose : qu'est-ce qu'une Shigofumi ?

"Shigofumi. Une lettre venant du monde de l'après-mort. Lors de la mort d'une personne, la force et la pureté de ses derniers sentiments autorise l'envoi d'une ultime missive à un être qu'elle aura choisi. Cette dernière peut la refuser, mais qu'elle la lise ou qu'elle l'ignore le message qu'elle contient changera le cours de sa vie. Les Shigofumi contiennent les sentiments les plus purs et les plus sincères qu'il existe en ce monde, ces dernières sont livrées par des messagers de l'autre monde, qui ont pour simple objectif de faire arriver la lettre à leur destinataire sans interférer dans le déroulement des choses. Fumika est l'un d'entre eux, c'est accompagnée du bâton espiègle Kanaka que nous l'accompagnerons au cours de ses livraisons, et qu'elle nous livrera les témoignages des sentiments les plus sincères et honnêtes qui soient. Et peut-être en apprendrons-nous davantage sur le passé de cette jeune fille, mélancolique messager de l'au-delà."


   


Vous aussi, je vous vois venir au tournant. Vous aller vous tourner vers moi, dubitatifs, pointer du doigt une jeune fille aux longs cheveux argentés et hurler sauvagement en m'arrosant le visage : "Shinigami no Ballad !". Je prend un mouchoir, je m'essuie le visage, et je vous répond : "oui, c'est aussi ce que j'ai cru au début". L'histoire d'un ange envoyé par l'au-delà/le ciel/les enfers (barrez les mauvaises réponses) qui vient à la rencontre de personnes confrontées à leur propre mort ou à celle d'un de leurs proches pour panser les blessures et repartir dans un courant d'air tout juste bon à soulever quelques plumes. Le genre d'histoire très agréable mais qui agit sur vous comme un somnifère, le genre de série où vous dormez pendant une demi-heure au bout de laquelle vous vous réveillez avec azerty gravé sur le front. Oui, car Shinigami no Ballad a beau être une très belle série, elle n'en reste pas moins la plus ennuyeuse des séries animées qui puisse exister. Six épisodes interminables ou il ne se passe pas grand chose emplis d'une tristesse qui a du mal à atteindre le coeur au delà du premier épisode. Six épisodes seulement, "Heureusement" me direz-vous, avec une durée de seulement douze épisodes nous aurions pu faire de longues siestes devant la série la plus longue qui puisse exister, aussi charismatique soient la déesse de la mort et son chat ailé. Mais Shigofumi n'est pas Shinigami no Ballad. Alors qu'on croit avoir cerné l'esprit de la série, de jolies histoires gentillettes qui ont un bon fond mais une surface un peu plate à la sauce Shinigami no Ballad, on déchante vite. La fin du premier épisode en aura marqué plus d'un, au point qu'on hésite à lancer le second tant la surprise est grande et troublante. Parce que ces petites histoires gentillettes et plates, il suffit d'y ajouter un peu de poivre et d'épices, un peu de sentiments humains durs et réalistes, pour qu'elles se transforment en contes modernes tragiques à l'intensité touchante, parfois même bouleversante. Shigofumi reprend la recette de Shinigami no Ballad en l'améliorant, rendant ses plats succulents et goûtus du début à la fin, laissant même parfois un arrière-goût d'amertume à la fin de l'épisode. C'est avec plaisir qu'on savoure et qu'on se replonge dans des histoires mêlant bonheur, haine et incompréhension, et tout du long on ne peut s'empêcher de frémir face aux sentiments sincères des personnages que nous rencontrons, face à leurs bonheurs artificiels qui s'écroulent ou à leur paix qui se construit. Au travers des yeux de cette messagère mélancolique, Shigofumi nous montre à la fois le meilleur et le pire de l'être humain, la plupart du temps un mélange réaliste et contrasté des deux, et il ne me vient qu'une seule chose à l'esprit "Mon dieu ce que c'est bon".


   


Au bout de quatre épisodes, les différentes histoires (ayant toutes en commun Fumika, qui apporte les Shigofumi je le rappelle) se posent déjà comme étant très différentes mais toujours subtilement liées, que ce soit au niveau de l'intensité dramatique, du romantisme ou des évènements qui s'y déroulent. Les deux premiers épisodes, regroupant une seule histoire, se veulent par exemple beaucoup plus marquant que ne le sont les deux suivants, notamment le quatrième avec sa lettre d'une mère à sa fille abandonnée sur fond de romance entre jeunes femmes et de matchs de tennis. Cette dernière histoire est pourtant, au final, tout aussi évocatrice et touchante que l'est la première, tout comme le troisième épisode marque par l'égarement qu'il met en scène face au suicide. Shigofumi aborde bien souvent des sujets délicats mais ne se veut pas dénonciateur, la série se place plutôt comme le plancher qui soutiens une pièce de théâtre, montrant les choses les plus déroutantes sans jamais les juger. Ce point de vue l'a d'ailleurs déjà poussé à faire des concessions, comme lors du troisième épisode ou l'on assiste à une prise d'otages dans une salle de classe. Lorsqu'on se mouille, il arrive malheureusement qu'on prenne froid, la série prend aussi des précautions pour éviter les scandales, évitant d'obliger les gens à pointer encore une fois l'animation du doigt, souvent à mauvais escient d'ailleurs (les coups de machettes ont fait parler d'eux dans l'actualité depuis Higurashi no Naku koro ni ou School Days et sa césarienne à domicile). Derrière ces histoires individuelles, plusieurs indices nous mènent doucement vers le passé de Fumika, tout porte à croire que celui-ci sera révélé à nos yeux comme l'apothéose de cette série.




Ce flot de sentiments est aussi mis en avantage par la mise en scène honnête et le chara-design plus que sincère, assez explicite et évocateur pour passer d'un visage heureux riant à gorge déployée à une expression de haine rageuse presque jouissive (voir fin du premier épisode et début du second). Les décors et les personnages révèlent étonnamment des couleurs vives et expressives, tout porte presque à la caricature pour mieux transmettre l'émotion de les sentiments des personnages. Les musiques sont aussi très agréables même si elles ont déjà tendance à devenir répétitives, beaucoup de thèmes semblent être fait pour convenir à des situations précises, comme l'apparition de Fumika ou le questionnement du destinataire face à la dite lettre venant de l'après-vie. On peut tout de même noter que l'OST contient dores et déjà quelques morceaux sublimes, un seul en fait, qui laissent présager des scènes bouleversantes pour la suite de la série, certainement de quoi faire verser quelques larmes aux plus sensibles d'entre nous. Précisons que l'opening est d'Ali Project, on retrouve donc leur style musical très spécial et toujours un peu similaire, l'opening n'est pas mauvais mais contraste un peu avec l'intensité un peu moins forte de la série. Je reste persuadé que le groupe Ali Project est fait pour chanter les génériques des séries Rozen Maiden, et j'ajouterai presque qu'il n'est doué que pour ça, c'est la seule série qui correspond tout à fait à leur style musical à mon humble avis, d'autant plus que le groupe a toujours fait un excellent travail dessus (ah l'opening de Traümend....). L'ending est beaucoup plus agréable à écouter même s'il est plus classique, il est déjà plus enchanteur. On regrettera que la série n'aie pas trouvé de générique à sa hauteur, l'un comme l'autre étant un peu faiblards ou décalés par rapport à l'esprit et à l'ambiance de la série en elle-même.


   


Shigofumi est donc l'une des surprises de ce début d'année et s'est révélée être bien plus intéressante qu'elle n'y paraît au premier abord, dépassant déjà le niveau d'une série moyenne sans pour autant atteindre l'excellence, principalement à cause de la répétitivité de la mise en scène et des musiques et aux histoires très inégales allant du très bon au moins, en passant par la case départ en en touchant deux-cent euros avec les salutations du banquier. On pourrait presque reprocher à la série de ne pas en faire assez, si bien qu'il faut voir certains épisodes plusieurs fois avant d'y accrocher et de les apprécier à leur juste valeur. Ce qui est certain et impayable, c'est que Shigofumi est une série agréable à suivre, qui nous laisse l'espoir d'y trouver à chaque histoire quelque chose de supplémentaire par rapport à la précédente, c'est une série que je suivrai en ayant la certitude que le meilleur reste à venir !



   




Je vous conseille de jeter un oeil au second AMV dans l'article de Shigofumi dans la section médiathèque, intitulé Lost Life (musique Shattered du groupe américain Trading Yesterday), il est absolument superbe et met très bien en avant l'émotion de la série, à voir à tout prix ! :)
par Gen'Seirin' Kokoro publié dans : Japanimation
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